Je comprends que vous n'ayez plus confiance dans les politiques

Enfin ! L’horizon politique ou plutôt politicien s’éclaircit. Le grand écart est terminé pour une partie des élus girondins exhibant leur indépendance en bandoulière comme les rosières portant une fleur blanche symbole de leur virginité. Ils ont enfin clairement choisi leur camp, donnant tout leur sens à des prises de position jusque là étonnamment ambiguës. Franchement, je me doutais qu’il y avait des prises de position pour le moins alambiquées au sein d’une partie du MODEM girondin. Les accords confidentiels scellés dans les salons dorés du Palais Rohan entre « le meilleur d’entre nous » et les représentants de celui qui se définissait, il y a à peine plus d’une semaine, comme un « opposant au gouvernement actuel », augurent d’autres ajustements. Et voici qu’en Gironde, certains militants ou élus du MODEM, basculeraient, en toute conscience dans le camp de l’UMP le plus historiquement réactionnaire, pour les élections cantonales.
C’est réellement significatif des raisons qui peuvent parfois conduire des femmes et des hommes à acheter leur avenir avec un plat de lentilles… sauce douce amère. Le retour de Juppé à la tête de l’appareil politique RPR (l’UMP n’a jamais existé en Gironde) avait pour but de verrouiller justement la rébellion qui ne manquerait pas de naître dans son camp après un tel accord. Les purs et durs du sarkozisme, minoritaires, (l’ultra-réactionnaire député du Libournais) devront s’incliner devant le fait accompli… et faire voter pour la Présidence de l’AMG pour Gérard César, récompensé d’avoir fait battre Hugues Martin aux sénatoriales. Comment cautionner une telle volte-face.
Ah ! décidément, la vision de la sincérité en politique, à droite, est plus que trouble en Gironde, puisque voici Alain Juppé soutenant celui qui a provoqué la déroute de son camp lors des sénatoriales. A moins que le cocu n’ait été depuis le début ce brave Hugues Martin, qui a été bâillonné par une récompense (nomination au Conseil économique et social) déjà promise par François Fillon, sollicité par le député Garraud, à Bernard Lauret, maire de Saint Emilion, (il a refusé cet achat de son silence) s’il acceptait de lui laisser son fauteuil de Maire (le fax est dans le coffre-fort du Maire de la cité emblématique du vignoble bordelais). Quand on ajoute qu’en privé, Gérard César dit, sans aucune retenue, pis que pendre de Jean-Paul Garraud qu’il évite de croiser dans les manifestations officielles, et que tout le monde se retrouve maintenant lié par un accord secret avec des centristes indépendants et le RPR on a une idée de l’estime portée à l’électrice ou à l’électeur et aux maires de Gironde !
L’apolitisme n’a toujours été en Gironde qu’un mythe médiatique, entretenu par quelques trublions marginaux, et qu’une supercherie pour alouettes insouciantes. La cohésion de l’UMP n’est qu’un mirage pour gogos n’osant pas s’attaquer à Alain Juppé qui a pourtant cumulé tous les échecs électoraux possibles hors Bordeaux. Il apporte, grâce à ce pacte dévoilé au bon moment, son cadeau de Noël à Sarkozy en discréditant encore plus François Bayrou qui, aujourd’hui, a clamé sur une tribune : « Nous voulons une époque nouvelle. Nous voulons changer le pouvoir, changer le gouvernement, changer la majorité. Notre but, ce n’est pas la continuité mais un pouvoir nouveau et, le jour venu, un président nouveau. » C’est bien parti en Gironde ! Apparemment, cette directive ne sera pas appliquée pour le vote… à l’AMG !
« La question est maintenant celle d’un changement de pouvoir, un changement d’époque, de projet, pour un pays tout entier, pour toutes les générations qui le composent et l’ont en dépôt », a-t-il expliqué en fustigeant ceux qui se prétendent au Centre et choisissent d’être « toujours du même côté : à droite et rien qu’à droite ». Il parlait de qui à la tribune ? De certains de ses représentants girondins ? Il n’a pas parlé pour eux de plats de lentilles mais de « strapontins » cirés. Qui peut ne pas voir un décalage entre des positions tonitruantes, et leur traduction sur le terrain.
En fait, on en est arrivé, à l’UMP 33? à l’illustration parfaite de cette phrase de Victor Hugo : « la moitié d’un ami, c’est la moitié d’un traitre ! ». Il n’y a qu’un seul principe qui a été mis en commun : il faut la peau de Philippe Madrelle et des socialistes dans ce département? et donc « unisssons nous dans une bonne guerre contre un ennemi commun ». Les « moitié des « amis-traîtres » de hier deviennent alors les moitiés des « traitres-amis » de demain avec l’espoir que se créera ainsi, d’abord à l’élection à l’AMG, puis aux cantonales, un front anti-Madrelle en Gironde !
Ce n’est qu’un vague aperçu de ce marigot infernal qui n’est, bien évidemment, jamais connu de celles et ceux qui se laissent embarquer dans des votes ne reposant que sur les apparences, qui sont trompeuses. En fait, la vérité est simple et elle est résumée de la manière la plus claire possible : il va falloir aux Maires de Gironde qui le voudront bien, sur les consignes impératives de l’appareil RPR repris en mains par Alain Juppé, voter pour celui qui a trahi les candidates (Marie Hélène des Esgaulx doit avoir un estomac de fer) et candidats (Hugues Martin doit se cacher avec du sparadrap sur la bouche) présentés avec le soutien de l’UMP. En fait, on va demander aux Maires apolitiques qui avaient refusé de voter pour une femme socialiste, pour choisir avec le bonheur que l’on sait un Président adoubé par Gérard César, la continuité anesthésiante pour éviter le changement.
De certains d’entre eux, on avait exigé (du moins c’est ce qui était officiellement dit) qu’ils votent contre César, sénateur dissident, pour maintenant leur demander de voter pour César, ami de toujours ! Et il y en a qui ne sourcilleront pas un seul instant… pour faire le contraire, en soutenant celui qui a voté les réformes de la taxe professionnelle, de la réforme territoriale et des retraites à Paris, alors qu’il se montre, sur le terrain, autour d’une verre, hostile à ces textes qui assassinent la solidarité, l’égalité et la liberté de gestion des collectivités.
Franchement, il faut avoir de l’appétit pour, dans le secret d’un isoloir, avaler de telles couleuvres ! Je ne sais plus que faire pour redonner un brin de sincérité à cette vie politique qui fait le lit du front national !

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1 réponse à Je comprends que vous n'ayez plus confiance dans les politiques

  1. sylvie dit :

    c’est vrai je n’ai plus guère confiance en la politique et surtout en ses politiciens. Mais une chose est sûre ; si je ne m’occupe pas de politique, la politique s’occupe de moi et extrêmement mal en ce moment.
    Donc je regarde, j’écoute, je lis, j’analyse, je recoupe et je vois que les traitres ont les plus beaux sourires…
    je n’avalerai pas plus les couleuvres de l’ump (mais ça c’est facile pour moi, la médiocrité de pensée n’a jamais été un de mes atouts), ni celles du ps victimisant, victimisé, cherchant toujours une tête de « populiste » à se mettre sous la dent, pendant que murmure le chant de ses propres
    sirènes.
    Et s’il commençait tous par le début ; c’est à dire un programme. Car les cantonales AUSSI méritent bien autre chose que des compromis et des coalitions face à des querelles d’intérêt personnel et pouvoir à but népotique.

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