Une dette qui ne manque pas d'intérêt

Tous les Maires de France sont sous la loupe des services de l’Etat qui épluchent avec le zèle d’un ordinateur parfaitement paramétré leurs comptes administratifs. Des ratios de saine gestion sont édictés par les spécialistes des finances locales, sans que jamais soient mis en adéquation les services fournis par la collectivités et ces colonnes de chiffres ou de pourcentages totalement abstraits. Il arrive aussi, parfois, qu’aimablement les Maires soient convoqués pour s’expliquer chez le sous-Préfet sur des ratios réputés « mauvais » ou « alarmants ». Actuellement, l’obsession officielle c’est le niveau d’emprunts, qui rappelons le, dans une collectivité territoriale, ne sert qu’à… l’investissement et donc au milieu économique. Montant de la dette…,longueur du remboursement…,frais financiers…,capacité d’autofinancement brut… ,d’autofinancement net… Les analyses pleuvent, afin que les contribuables se révoltent ou simplement se mobilisent contrre des augmentations dérisoires, ramenées aux réalités sociales actuelles. Extraordinaire situation que celle qui voit des fonctionnaires réputés impartiaux, payés par des emprunts de l’Etat dès le mois d’octobre, convoquer des élus pour leur expliquer qu’il faut moins dépenser et donc diminuer les frais de fonctionnement, et donc les services au public. On arrive même à ce que des élus pro-gouvernementaux s’indignent qu’une augmentation d’une fraction d’imposition locale de… l’inflation soit 2 % ! Or on ne peut que leur conseiller de se pencher sur la situation actuelle des finances de l’Etat, géré depuis maintenant 8 ans par l’UMP. La dette publique de la France a affiché un léger reflux « technique » de 17 milliards d’euros au troisième trimestre par rapport au précédent, à « approximativement » 81,5% du produit intérieur brut (PIB), selon des chiffres publiés par l’Insee. Fin septembre, cette dette qui cumule celles de l’Etat, de la Sécurité sociale et des… collectivités locales, et qui est calculée selon les critères européens de Maastricht, s’élevait ainsi à 1.574,6 milliards d’euros, selon l’Institut national de la statistique. Ce niveau reste cependant toujours très largement supérieur au plafond de 60% du PIB fixé par les traités européens. Mais qui a donc pu creuser un tel gouffre, dont les apparences sont tellement trompeuses que même Bercy reconnaît que la situation est épouvantablement angoissante. A la fin du deuxième trimestre, la dette publique avait en effet culminé à 82,9% du PIB, un niveau record sur lequel le gouvernement table pour l’ensemble de l’année 2010. Ce sera l’autre record de Nicolas Sarkozy… dont il parlera fièrement lors de ses vœux, avec le déficit de la balance commerciale, le nombre de chômeurs, le nombre de gens sous le seuil de pauvreté, celui de la suppression de postes dans l’éducation nationale. Toujours selon les prévisions de l’exécutif, la dette devrait continuer de grimper à 86,2% en 2011 avant d’atteindre un pic historique à 87,4% en 2012 puis de refluer à 86,8% en 2013 et 85,3% en 2014. Tous mes collègues maires savent que je ne cesse de répéter que le pire est devant eux…ils doivent s’attendre à un tour de vis fantastique dès la fin 2012 après les élections présidentielles. Je prends date… et les naïfs qui comptent réaliser leur programme électoral avant 2014 risquent de se réveiller durement.
La contribution de l’Etat à la dette diminue ainsi de 14,1 milliards au troisième trimestre en raison d’une forte baisse (-34,4 milliards d’euros) de la trésorerie accumulée au cours du premier semestre, précise l’INSEE. La contribution des « organismes divers d’administration centrale » à la dette recule également (-10,1 milliards). A l’inverse, la dette de la Sécurité sociale continue de progresser. La contribution des administrations de Sécurité sociale augmente ainsi de 7,4 milliards d’euros dont 5,6 milliards pour le seul régime général, toujours selon l’Insee. Les collectivités locales ont réussi à juguler leurs dépenses et ont malheureusement diminué leurs investissements, et vont le faire en 2011 et plus encore en 2012 et 2013 ! Objectif clé du budget 2011, la réduction drastique du déficit public de la France, abyssal depuis la crise, doit permettre à Paris d’honorer ses engagements européens à l’horizon 2013, sur ce point du moins. Mais la dette publique devrait rester longtemps encore à des niveaux très élevés, et le paiement des seuls intérêts de la dette pourrait devenir pour la première fois, dès 2012, la principale dépense du pays. Incroyable gestion qui fait que l’avenir se prépare désormais non pas avec un budget destiné à l’éducation et à la recherche, comme ce fut toujours le cas dans les 50 dernières années, mais pour… le profit des marchés financiers ! Jusqu’où ira-t-on ? Quel représentant de l’Etat osera reprocher à un Maire un ratio d’endettement légèrement supérieur à la moyenne, alors qu’il est obligé d’équilibrer au minimum son budget annuel ? Plus un seul euro pour l’investissement, car l’Etat fait la quête en permanence pour arriver à créer des équipements structurants. Il transfère chaque jour, dans tous les domaines, ses responsabilités régaliennes vers les conseils généraux et les communes.
Sécurité des biens et des personnes ? Les Maires ! Grenelle de l’environnement ? Les Maires ! Rythmes scolaires ? Les maires. Equité sociale ? les conseils généraux ! Enfance, jeunesse ? Les Maires. Construction de logements et casernes pour les gendarmes ? Les Maires !… De partout pleuvent les transferts, et pendant ce temps, l’endettement continue puisque les exonérations sociales, l’évasion fiscale, le refus de décréter un état d’urgence solidaire avec une contribution généralisée de tous les revenus, la loi du profit… se poursuivent de manière dogmatique et politicienne. Mais les Maires ont bon dos : ce sont désormais les seuls qui vont fixer des taux d’imposition en direct avec les contribuables. Le baratin bling-bling rassurant au chef de l’Etat français, les mains dans le cambouis des réalités à celles et ceux qui sont en prise avec la réalité !

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1 réponse à Une dette qui ne manque pas d'intérêt

  1. jean dit :

    vous devez faire allusion au site bercy colloc !

    Mais je pense utile que les citoyens puissent accéder à ces données. Lorsque l’on demeure dans une commune, il me semble utile de connaître les finances de sa commune. Bien sur on parle de ratios d’endettement et autres strates différentielles ! c’est un peu abstrait !

    Bien sur que les dotations sont en baisse !
    mais il est aussi important de savoir pourquoi votre commune est en surendettement et de vous alarmer lorsque la cour des comptes est venue « contrôler » la gestion ! Pour cause d’une construction qui n’a rien de prioritaire

    Bien sur, que je m’alarme quant le premier magistrat d’une commune ne connait pas son fond de roulement et la confond avec sa DGF !

    Bien sur, que je m’inquiète de la dette publique qui est énorme ! et dont les jeunes vont en pâtir !
    Bien sur que je m’inquiète lorsque l’on parle de 66000 euros de dette par habitant ( si mes données sont exactes à ce jour)
    Bien sur que je m’inquiète de la situation économique actuelle ou la croissance est encore en baisse et sera je le crois faussée pour 2011 !

    Comment voulez vous faire de la croissance quand les salaires n’ont pas augmenter depuis des années, que l’on délocalise !
    Nous sommes en période de déflation: faut acheter au moins cher mais le moins cher provoque des licenciements, des délocalisations !
    bien sur que je m’inquiètes lorsque l’État est fortement endetté : le niveau de la dette publique atteint 1 000 milliards d’euros, et que fait-on ?

    Les mesures du paquet fiscal de l’été 2007 –15 milliards d’euros de pertes de recettes en année pleine,

    On défiscalise, d’importants cadeaux sont consentis au patronat.

    Comment ne pas pointer du doigt les 20,5 milliards d’euros de bonus fiscal accordés à 6 200 grandes entreprises avec la mise en place progressive de l’exonération des plus-values de long terme, véritable prime à l’externalisation et aux délocalisations ?

    En effet, 20,5 milliards d’euros perdus en trois ans, c’est pratiquement la somme que l’État s’apprête à lever sur les marchés financiers pour atteindre l’objectif des 35 milliards d’euros du grand emprunt Rocard-Juppé !
    Le cadre de la loi en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat, dite loi TEPA, a profondément évolué.

    La loi TEPA une loi pour le placement des nantis ? Non pas en cette période ! Mode d’emploi ?
    Cette loi, appelée aussi « paquet fiscal » défendue et adoptée grâce à Eric de chantilly permet aux assujettis à l’ISF de réduire leurs impôts. Cette loi est en faveur du Travail, de l’Emploi et du Pouvoir d’Achat.
    Donc, une personne fortunée a le choix entre payer un impôt ou investir dans une PME (à hauteur de 50000€)
    Comment récupérer son pognon investi dans une PME tout en s’amusant ?
    Créer une PME avec une vingtaine de potes fans de canassons.
    Chacun met au minimum 50000 (loi TEPA).
    Embaucher un ou deux temps partiels pour la corvée de chiotte (ou en prendre un qui soit déjà à temps partiel dans la PME d’à coté) histoire de dire qu’e l’on a créé de l’emploi.
    Acheter des bourrins aux enchères et les revendre en faisant des plus-values.
    Voilà un exemple comment des riches font fructifier l’argent qu’ils ne donnent pas au fisc. ( si vous vendez un hippodrome comme a Chantilly par exemple ?)
    Ca marche aussi si vous êtes fan de pinard, de pièces de monnaies, de bagnoles, de yachts, etc.
    Mais les investissements dans les PME ont-ils créer des emplois ou aider a des reversements aux actionnaires ?
    édifiant non ! que de recherches pour faire la morale aux français moyens de payer leur impôts. Bon pour eux ce sont les suppressions de niches sociales, les restrictions des aides aux associations des personnes âgées !

    Le retour de la charité est dans l’air du temps ! mais quand elle est bien ordonnée elle commence par soi même ! donc aux pauvres les miettes qu’ils viennent manger dans la main !

    Alors faire monter la croissance ?
    On vous dit acheter français ! Oui mais français c’est quoi aujourd’hui ?
    les marques de voitures ne sont plus françaises, elle sont devenues d’abord des assembleurs avec des sous traitant dans le monde entier, les usines de productions d’assemblages ne sont plus en France !

    Bon arrêtons là si nous voulons passer cette année une fête en famille !

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