Candidat(e)s breveté(e)s sans garantie du gouvernement

Les cantonales qui débutent juste en Gironde, car jusqu’à présent les vacances scolaires avaient éloigné les quelques électrices et électeurs motivés de cette échéance électorale, sont marquées par l’apparition d’une nouvelle appellation d’origine incontrôlée. Belphégor est entrée dans la danse, et ils s’affichent sur de très nombreux panneaux électoraux. Comme il a l’habitude de le faire sur le Net quand il a un commentaire désagréable à poster, le candidat de Droite tente de faire oublier sa filiation politique. Une sorte de déni de « paternité » s’installe chez tous les candidats UMP ou Modem, comme s’ils étaient atteints du syndrome de l’enfant né sous X… de parents amnésiques. Il n’y a plus personne en Gironde qui se réclame de Nicolas Sarkozy. Il n’y a plus personne en Gironde ayant soutenu la réforme territoriale.
Il n’y a plus un seul élu local qui ait approuvé la réforme des retraites. Il n’y en a plus un qui fasse venir dans ses réunions un mentor de son parti d’origine, ce qui économise, il faut bien le dire, les frais du gouvernement. Il fut une époque glorieuse où François Fillon se rendait toutes affaires cessantes pour inaugurer en campage (pas électorale du tout), à Arcachon ou Sauveterre, des réalisations capitales pour l’avenir du pays. il ne viendra même pas cette fois pour l’attribution d’un ruban bleu !
François Hollande, ancien premier secrétaire du PS, a ironisé, à propos des « candidats sans étiquette » qui masquent pour les élections cantonales leur appartenance à la droite, les comparant à des bagages perdus « sans adresse ». « Nous sommes là devant une élection compliquée, puisqu’il y a même des candidats sans étiquette, c’est une marque que je ne connaissais pas, le sans-étiquette », a ironisé François Hollande, venu soutenir des candidats PS aux cantonales dans le département de la Sarthe, fief du Premier ministre François Fillon. Il faut dire que ce n’est pas le moment de s’afficher comme voyageur en avion sans étiquette ! Mieux, on peut aussi s’inquiéter parce que partout, dans tous les lieux publics, tout objet sans étiquette est soumis à la dure réglementation du plan Vigipirate et oblige à mettre en place un cordon de sécurité à l’abri duquel travaillent les démineurs !
« Les bagages qui sont sans adresse, qu’est-ce qu’on en fait dans les aéroports et dans les gares? Je ne vous en dis pas plus… Dites-leur de se méfier, aux candidats sans étiquettes », a ironisé François Hollande. Se rendant dans de nombreux départements, François Hollande dit obtenir « toujours la même réponse : nous n’avons pas de candidats de droite ». Dans la Loire, « ils s’appellent Union pour la Loire », a-t-il raconté, ironisant également sur Meaux, en Seine-et-Marne, département du secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé, et du patron des députés UMP Christian Jacob, où il se disait : « Ils vont bien afficher la couleur. Pas du tout, Union pour la Seine-et-Marne !… ». c’est une marque de courage qui doit aller droit au cœur du pensionnaire de l’Elysée, qui a réussi l’exploit supérieur à celui de Chirac : dissoudre l’UMP sur tout le territoire français.
Si François Hollande venait en Gironde, il constaterait qu’à Arcachon Yves Foulon est vierge de… toute étiquette, et limite son ambition à la défense d’Arcachon. Un programme exceptionnel pour quelqu’un qui prétend siéger dans une enceinte devant défendre un territoire dans sa globalité, mais pas, comme le décrivait parfaitement Gilles Savary, une « maison de retraite à ciel ouvert ». Celui qui a pédalé avec le président sur les pistes du Pyla et du Mouleau, qui a caressé l’espoir d’un strapontin ministériel au Tourisme, a perdu son label d’origine et son beau maillot bleu pourtant si seyant il y a seulement quelques années.
Dans le canton de Sauveterre de Guyenne, l’ami de toujours de François Fillon, est tout aussi discret et ambitieux dans son message politique, inspiré des Mousquetaires : « Au service de chacun, au service de tous ». Il ne fera pas venir, cette fois, Xavier Darcos qu’il avait pourtant beaucoup aidé aux régionales dans sa commune. Pas question de se mouiller : Yves de Ponton d’Amécourt, grand pourfendeur du socialisme et de Philippe Madrelle, fait lui aussi dans la « Gironde dynamique et solidaire », ayant perdu en cours de route « l’avenir » et plus encore son soutien, pourtant maintes fois affirmé sur son blog, à l’égard des mesures sarkozistes en faveur… des retraites agricoles, de l’éducation qui fut nationale, de la viticulture d’Entre Deux Mers, de la suppression de la taxe professionnelle des plus nantis, des preux chevaliers allant, sous la protection de leur bouclier fiscal, planquer leurs profits à l’étranger !
Tous les autres sont comme lui, « sans étiquette » et donc sans colorants. Ils savent que désormais les consommatrices et les consommateurs sont extrêmement méfiants à l’égard des contenus plus ou moins nocifs à leur avenir, et ils en tirent les conséquences, en évitant d’afficher la composition exacte du produit. Une noble et courageuse posture qui manque singulièrement de panache. Tous les candidats UMP et MODEM se déclarent brevetés sans garantie du gouvernement et ils arborent donc « l’étiquette BSGDG » avec l’espoir que cette supercherie suffira à tromper la clientèle se contentant des apparences.
« Si la droite était confiante et sereine, on verrait fleurir des affiches avec les candidats en compagnie Nicolas Sarkozy et du Premier ministre », a expliqué François Hollande. Même si les candidats de l’UMP se cachent, les responsables actuels de la situation dramatique du pays ne peuvent pas toujours se cacher. Beaucoup d’électeurs vont utiliser les élections cantonales pour exprimer un jugement sur la politique du président de la République et du Premier ministre, et peut-être même un peu de celle du Ministre Maire de Bordeaux pour qui, bien entendu, toutes ces affaires sont étrangères…Peut-être que ceci explique cela.

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3 réponses à Candidat(e)s breveté(e)s sans garantie du gouvernement

  1. Gilles dit :

    A vous lire, j’en déduis que M. Lionel Chollon, Maire de Loupiac est en fait de droite ?

    Ayant usé du « sans-étiquette » pour les élections municipales 2008, il réitère l’exploit pour ces cantonales.

    Comment peut-on pendant 35 ans renouveler sa carte du parti communiste et se prévaloir du respectable « sans-étiquette » ?

    A moins qu’il ne s’agisse d’une erreur d’imprimerie, et qu’à force d’avoir retourné leurs vestes, l’ensemble de ces candidats sont en fait devenus des « cents étiquettes »

    Sans culotte, sans opinion, sans courage, sans électeur….

  2. J.J. dit :

    Sans étiquette, comme centriste ont pour synonyme : Droite Honteuse (voir également certains membres du feu MODEM).

    Ils sont tellement courageux q’ils ont peur de se démasquer….

    Ce n’est ps le reniement de Saint Pierre mais ça y fait penser.

  3. danye dit :

    Retrouver… le véritable Jean Marie , sa clairvoyance , sa franchise et son engagement au service des citoyens !!! cela fait chaud au cœur après ma soirée d’anniversaire bien gâtée je dois l’avouer encore cette année.

    Merci de ne pas reculer devant les attaques de la pauvre DROITE qui se barre en déconfiture …Les grosses pointures jouent dans la cour du silence…les copinages sont rangés dans les chambres froides …. le maire de Bordeaux reprend du galon et se la rejoue » dans la cour des grands mais attention au second hivernage pour le Canada !!!
    Nous avons supporté assez de critiques …possible ! c’est ensemble que nous devons relever la tête afin de redonner à notre patrie sa vraie valeur . Allons tous aux urnes exprimer notre décision contre le destructeur et sa meute qui perdent leurs étiquettes «  » chaque jour .

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