Lors d’un entretien avec une association extrêmement impliquée dans la solidarité quotidienne concrète, le débat est venu sur la fréquentation des lieux d’hébergement d’urgence, sujet grave s’il en est ! Bien évidemment dès que la température va devenir normalement hivernale, les télés vont se « déchainer » autour des gens qui dorment dans la rue et qui risquent leur vie dans une société indifférente à leur malheur. Il y avait eu en mars 2002, Lionel Jospin, alors premier ministre et candidat à la présidentielle, qui avait fixé des objectifs très ambitieux en promettant « zéro SDF en 2007″(sic). Une erreur fatale que Nicolas Sarkozy n’avait pas évitée en promettant dans les derniers jours en 2006 lors de la campagne présidentielle, que « d’ici deux ans plus personne ne soit obligé de dormir dur le trottoir et d’y mourir de froid ». Les années passent et les centres ne suffisent plus à héberger non plus les sans domicile fixe mais des gens en situation de précarité ayant perdu leur logement. « Le surendettement par les crédits « revolving » continue à faire des ravages » m’a expliqué le directeur de la structure d’entraide et rien n’enraye plus la perte du logement. Même dans une cité paisible comme Créon !  « Des gens quittent leur habitation avant même que l’expulsion arrive et le scénario est toujours le même c’est une séparation difficile, une perte prolongée d’emploi. Maintenant dans nos foyers avec dortoirs collectifs nous avons durant des mois, des femmes seules avec enfants et surtout 4 femmes enceintes chassées de chez elle… » m’a expliqué le travailleur social.

Nous sommes en 2013 au XXI° siècle ! On exclut, on stigmatise, on détruit la vie d’une femme et d’un enfant alors que nous avons eu des débats interminables, partisans, médiocres et mêmes fallacieux sur le mariage pour tous ! Lucien Neuwirth est décédé. Paix à son esprit mais comment peut-on arriver des décennies après les manifestations réactionnaires sur la pilule, dans notre société dite éduquée, à de telles situations ? Comment admettre que le combat de Simone Veil sur l’IVG soit à ce point oublié ? Chaque année en France, 18 000 jeunes filles, à peine sorties de l’enfance, se retrouvent enceintes. Un taux qui reste stable depuis des années, malgré l’accès plus facile aux diverses méthodes de contraception. Seules 30 % d’entre elles mènent cette grossesse à terme, donnant naissance à 4 500 bébés par an (contre 11 000 il y a 30 ans). En Grande-Bretagne, ces taux sont 4 fois plus élevés. Et aux États-Unis, 10 fois. Une amie pharmacienne me racontait qu’un samedi soir où elle était de garde elle avait été harcelée au téléphone par un adulte qui souhaitait qu’elle ouvre son officine vers 23 h pour lui délivrer un test de grossesse pour sa fille ! Il voulait savoir de suite !

Qui en parle ? Qui s’inquiète ? Quelles sont encore les mesures prises en matière d’éducation, de communication nationale ? On a supprimé des centaines d’emplois de médecins scolaires, des postes d’infirmières et des assistantes sociales avec l’argument qu’elles coûtaient trop cher à l’Etat. A-t-on mesuré les effets induits de ces manques éducatifs ? A-t-on réellement évalué les conséquences sociales ? Qui imagine que durant des mois des jeunes femmes attendent dans un foyer collectif de SDF la réouverture à 17 h après la fermeture à 8 h 30 ? Elles ne sont pas à la rue mais elles ont été abandonnées comme c’est le cas dans les civilisations primitives pour avoir commis une « faute réputée impardonnable ». On défile contre l’écotaxe devant saccager le transport routier, contre l’équitaxe protectrice de l’avenir des chavaux, on s’indigne (discrètement) d’un abattoir clandestin pour les restaurants chinois quand on éructe contre les abattages de l’aïd el-Kebir… mais on oublie l’humain, les fondements même de la vie humaine ! On tourne la tête !

 

Heureusement que le gouvernement vient de prendre une mesure salvatrice. Il veut baisser le prix des préservatifs ! Pas pour éviter des grossesses non-désirées mais pour lutter contre le SIDA ! C’est louable mais il serait souhaitable de réhabiliter la fameuse « capote » de ma jeunesse pour d’autres utilisations ! Au lieu d’augmenter au 1er janvier comme cela était prévu, le taux de TVA qui leur est appliqué celui-ci va baisser (il est bien écrit baiSSer) de 7 à 5,5 %.  On ne verra donc pas les fabricants de condoms bloquer les entrées des pharmacies, se promener avec un préservatif rouge sur la tête, défiler avec une pancarte anti-Hollande. C’est déjà ça de pris puisque là on n’est pas dans les manifestation du ras le bol des taxes. La société est rassurée et elle se donne bonne conscience. Mme Touraine « souhaite -en effet- que les fabricants jouent le jeu en répercutant cette diminution. L’économie se chiffrera à dix ou vingt centimes d’euros par boîte. Cela devrait à la fois inciter les jeunes et les moins jeunes à mieux se protéger et favoriser la contraception une autre de mes priorités ».

« En faisant un effort sur le préservatif, on sécurise l’entrée de tous dans la vie sexuelle », ajoute la ministre. Il va falloir surtout le rappeler aux hommes !