Un ancien élu est-il à la fin de son mandat un citoyen comme les autres ? Personne ne peut se poser la question car la réponse est formelle : le lendemain de sa passation officielle de pouvoir il n’a plus aucune des prérogatives qu’il avait ! Plus de bureau pour travailler ; plus de personnel pour exécuter ses volontés légales, plus d’avantages matériels (indemnités, frais éventuels…) et surtout un traitement parfaitement égalitaire de ses comportements. Il existe cependant une exception. La République libre, égalitaire et fraternelle continue à considérer que celui qui a bénéficié, comme tous les autres élus, du plus modeste au plus prestigieux, de l’onction du suffrage universel doit bénéficier d’une « rente de situation ».

C’est le cas pour Nicolas Sarkozy qui, en plus d’avantages matériels,  à manipuler grâce aux médias l’opinion dominante en laissant accroire qu’il serait au-dessus des lois… Elles ne s’appliqueraient pas à sa personne au prétexte qu’il a bien mérité de la Patrie en menant le combat contre l’endettement du pays, le chômage, la délinquance… et surtout contre les services publics ! On a l’impression que chaque fois que son nom apparaît dans une affaire dans laquelle bien évidemment il n’a rien à voir il s’agit « d’acharnement politicien » ou de « complots médiatico-politiques ». les dossiers s’empilent mais rien ne semble changer une ligne de conduite débouchant sur des arguties juridiques retardant, détournant ou masquant les réalités sur le fond. La seule certitude c’est que l’avocat Sarkozy a de plus en plus de mal à faire barrage au déferlement de dossiers concernant le citoyen Sarkozy. Il doit avoir une ardoise de « conseils » assez conséquente compte-tenu du contexte actuel ! Le pire c’est que c’est avec l’argent des contribuables qu’il assure sa défense.

Il bénéficie en effet des avantages octroyés par la République aux anciens chefs d’Etat. D’abord, il perçoit une indemnité de 6.000 euros brut, accordée à tous les « ex », quelle que soit la durée de leur séjour à l’Elysée et ensuite de celle du Conseil Constitutionnel s’il le veut . Par ailleurs, l’Etat accorde à ses anciens présidents des primes de « sujétion spéciale », pour « compenser les contraintes subies dans l’exercice des fonctions (sic) » dont on ne connaît pas le montant ! Pour être clair c’est une attribution opaque que reçoivent les 3 anciens Présidents de Droite depuis parfois des décennies (Giscard) et que bien évidemment le parlement a maintenu. Surtout, il leur offre toute une série d’avantages matériels, détaillés dans une « décision » signée par Laurent Fabius, en 1985, lorsqu’il était Premier ministre de François Mitterrand. Un appartement de fonction « meublé et équipé », deux fonctionnaires de la police nationale pour assurer leur protection rapprochée, une voiture de fonction avec deux chauffeurs et pas moins de sept collaborateurs (un chef de cabinet, deux assistants, un fonctionnaire des archives nationales et trois secrétaires). En plus, Nicolas Sarkozy voyage gratuitement, grâce à deux cartes de circulation illimitées, l’une sur Air France, en classe affaires, l’autre à la SNCF première classe. Enfin, lorsqu’ils se déplacent à l’étranger, les anciens chefs de l’Etat sont accueillis par l’ambassadeur de France, qui doit faciliter leur séjour et assurer « leur hébergement dans les résidences de l’ambassadeur ou des consuls ». Pour l’Etat, la facture de ces nombreux avantages est salée : La charge financière -que personne ne connaît compte tenu de la dispersion des financements- peut être estimée à 1,5 million par an et par ancien président !

Il faudrait en plus que l’Etat lui ouvre un « parapluie » judiciaire le mettant à l’abri des procédures appliquées à tous les suspects au quotidien, une sorte d’immunité à vie liée à une élection ! C’est du moins ce que clament haut et fort, indirectement, les hérauts de son camp à l’UMP ! Si les écoutes téléphoniques peuvent concerner, par exemple n’importe quel suspect sur une affaire ordinaire elles ne peuvent surtout pas toucher le citoyen ex-président. La manipulation est constante avec une stratégie de communication visant à la « martyrisation » du meilleur des hommes politiques dans le meilleur des mondes possible ! Et dans ce registre Henri Guaino est remarquable !

Selon lui, « un juge a décidé de mettre sur écoute un personnage central de la vie politique française (sic) ». « Ça veut dire que pendant un an, tous ses interlocuteurs ont été écoutés, enregistrés, fichés, c’est comme si on avait mis sur écoute toute l’opposition (sic) », s’est-il écrié avec l’arrogance qu’on lui connaît. « C’est un abus de pouvoir (sic), on ne peut pas écouter les gens à tort et à travers », a-t-il fulminé, affirmant qu’un des juges qui ont ordonné ce placement sur écoute est « celui qui a initié l’appel des 82 magistrats contre la politique de Nicolas Sarkozy en 2012 ». « L’affaire des fadettes (visant des journalistes durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy) est scandaleuse ‘(sic), mais écouter un ancien président de la République ou un client et son avocat, ce n’est pas scandaleux? » Impossible pour les juges courageux de recueillir des preuves des éventuelles malversations d’un citoyen redevenu « ordinaire » puisque détenteur d’absolument aucun mandat officiel ! C’est du « harcèlement ! » clame l’UMP ! Une campagne incroyable d’enfumage est encore lancée, consistant à masquer sous des grands principes des agissements habituels parmi le milieu du grand banditisme !

L’avocat concerné s’est en effet rendu chez un opérateur à Nice et sous un nom d’emprunt (sic) ouvre deux lignes SFR et ressort de la boutique avec deux nouvelles puces de téléphone. Dans le jargon du milieu et de la police, il s’agit de créer deux « TOC », deux téléphones utilisables en mode « talkie-walkie », destinés à n’appeler aucun autre numéro. « Les voyous utilisent des TOC justement pour déjouer les écoutes. Si vous n’appelez personne d’autre et que les téléphones sont à des noms inconnus, on ne peut pas les remonter », explique un enquêteur. Bien évidemment rien de plus normal ! C’est un ex-Président qui le fait et donc c’est autorisé, c’est moral et normal ! A mon avis je serai avocat de trafiquants de drogue je conserverais ces arguments car ils peuvent servir devant un tribunal !