La vraie leçon donnée par les électeurs allemands

Il est fortement conseillé aux penseurs élyséens de tourner leur regard vers l’Allemagne. Depuis des années les médias et les « inspirateurs » de la politique menée par le gouvernement vals prennent le pays d’Outre Rhin comme modèle. Quand Sarkozy ne rêvait que d’une France américanisée ou « Bushisée » le mouvement social-libéral français prenait ses références et ses mesures dans le camp Merkel. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes à Berlin et justement nous devions suivre le même chemin. Il arrivait très souvent que le gouvernement allemand donne des leçons directement ou indirectement via Bruxelles à ces Français peu rigoureux et surtout considérés comme les fossoyeurs de la rigueur de la zone euro. Or il se trouve que les temps changent et que si désormais François Hollande se tourne vers les résultats électoraux passés ou présents. Il constatera que les événements annoncent ce qui va se passer en France !

D’abord la montée des euro-sceptiques devient inexorable dans tous les pays de cette Europe de la « concurrence libre et non faussée » et des mesures de défense de cet euro de plus en plus contesté. Chez nous le front national a pris ce créneau et tout le milieu bien pensant le lui a laissé. Or le nouveau parti anti-euro (AfD) a confirmé qu’il s’installait dans le paysage politique allemand, en faisant son entrée dans les parlements régionaux du Brandebourg et de Thuringe, deux semaines après avoir réalisé cette performance pour la première fois en Saxe ! Un signe fort qui démontre que Merkal perd pied peu à peu et que si elle ne lâche pas elle-aussi du lest elle conduit toute l’Europe vers les marcages bruns des années 30 !Créée au printemps 2013, l’AfD est créditée d’environ 10% des suffrages en Thuringe et 12% dans le Brandebourg (deux États régionaux de l’ex-RDA, tout comme la Saxe), dépassant largement la barre de 5% requise pour entrer au Parlement. L’AfD, qui prône la sortie de l’euro et défend des positions très conservatrices sur l’immigration, l’insécurité et les valeurs familiales, a fait encore mieux que dans la Saxe, où elle avait séduit il y a deux semaines 9,7% des électeurs. La montée des populismes devient inénarrable et va se traduire en 2015 dans l’Hexagone par des désastres électoraux. Or le gouvernement continue à faire semblant de ne pas ne savoir ! Le « sauveur » se prépare et il va revenir en une période

C’est un avertissement qui devrait au loins interpeller Bruxelles sur cette montée du rejet d’une monnaie coercitive sur bien des secteurs de l’économie et qui pèse sur les choix politique. Lentement le concept de l’euro justifié par des principes financiers ne passe plus dans les peuples. C’est du pain béni électoral pour le FN dans une France livrée à l’austérité qui ne veut pas dire son nom.

Ensuite il n’échappera pas au conseiller politique du Président que la gauche dite « radicale » Die Linke pourrait à quelques voix près décrocher un résultat inédit en ravissant la présidence de la Thuringe aux conservateurs d’Angela Merkel (CDU), si elle parvient à constituer une majorité avec les sociaux-démocrates et les Verts. Créditée de 28% des voix (en légère hausse), Die Linke peut espérer détrôner la CDU (34%) en propulsant son leader, le syndicaliste Bodo Ramelow, à la tête d’une coalition avec les sociaux-démocrates du SPD (12,5%) et les Verts (5,5%)… Le problème en France c’est que la classe politique socialiste nationale ou même départementale est totalement déconnectée de cette réalité et ne se rend pas compte qu’elle va droit dans le mur. ! Il est certain que de tels résultats met en danger l’unité du PS car les frondeurs vont y voir un signe fort de capacité à mettre à mal le gouvernement. Comme Hollande va certainement aller vers la proportionnelle aux législatives, certains députés vont tenter de constituer leur propre parti. La mort du PS actuel peut donc venir d’Allemagne ! On verra le résultat des prochaines régionales renforcera dans les nouvelles entités artificielles et on constatera que le phénomène allemand sera décuplé !

Alors que les Verts préservent une représentation dans chaque Etat-région, les libéraux du FDP, déjà éjectés du Bundestag à l’automne dernier, poursuivent leur déclin. Ces alliés traditionnels des conservateurs ne sont plus représentés que dans 6 Etats-régions sur 16. Un casse-tête pour la CDU qui ne dispose souvent plus d’autre choix que le SPD pour former des majorités… droite-gauche qui vont renforcer les deux autres cotés de l’échiquier ! Il est certain que mardi à l’assemblée va se jouer certes le sort du gouvernement Vals mais aussi celui d’un parti ayant 40 ans et qui désormais se retrouve sans dents idéologiques pour mordre dans l’opinion publique !

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4 réponses à La vraie leçon donnée par les électeurs allemands

  1. Torquemada dit :

    Le peuple de gauche, qui a cru en Hollande et ses promesses, peut compter sur ses vaillants représentants frondeurs pour remettre ce gouvernement dans le droit chemin de gauche , ou l’inverse s’ils ne font que s’abstenir lors du vote de confiance.
    Les vaillants frondeurs ne devraient pas oublier qu’ils sont censés veiller au respect du programme proposé au suffrage de 2012 . S’ils sont devenus frondeurs c’est bien parce qu’ils se sont rendus compte que la politique menée ne cadrait pas avec les attentes . Alors iront ils jusqu’au bout en votant non ou bien vont ils craindre pour leur place et voter en touche ?

  2. Vanmeulebroucke Guy dit :

    JMD bonjour(?),

    Pourquoi personne ne commente les élections en Suède?

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