Une baisse qui arrange presque toute l'Europe

Attention si vous devez changer des devises pour aller à l’étranger vous risquez d’avoir de mauvaises surprises en regardant les cours de l’Euro. Chaque jour ou presque la monnaie européenne dévisse ce qui réjouit les vendeurs mais défrisent les acheteurs. Heureusement pour la balance commerciale, le prix de l’énergie emprunte actuellement le même chemin sans que pour l’instant l’impact soit sensible sur le quotidien des Françaises et des français. L’euro est à nouveau en baisse. Ce lundi, l’euro a atteint dès le matin 1,1861 dollar, son plus bas niveau depuis… mars 2006. une recul phénoménal En fin de matinée, cependant, il était remonté au-dessus de son niveau de vendredi soir à 1,1957 dollar mais tout de même sous les 1,20 dollar ce qui était impensable il ya 18 mois. En fait cette situation est la résultante de nombreux paramètres et menace d’implosion la zone euro depuis que la Grèce a refusé de baisser nouveau l’échine. Deux raisons essentielles expliquent cette chute : le risque de sortie de la Grèce de la zone euro après les élections du 25 janvier prochain et l’approche d’une annonce par la BCE de rachats massifs de dette souveraine. Selon les opérateurs du marché des changes, la seconde raison joue un rôle beaucoup plus important que la première et on relativise ainsi le résultat des législatives à Athènes.

Il faut ajouter que la chancelière allemande a volontairement jeté de l’huile sur le feu à la suite d’une « fuite » organisée dans la presse allemande : une sortie de la Grèce de l’euro n’est plus un problème ! En 2010, telle perspective risquait de créer un mécanisme de contagion pouvant aboutir à un éclatement de la monnaie unique. Cette hypothèse était vécue comme un échec historique de la construction européenne, mais aussi sur le marché unique. Profondément attachée à l’Europe, L’Allemagne n’a pas hésité une seconde à aider la Grèce pour sauver quelques grandes banques en péril et désormais grâce aux interventions massives de la BCE ou du FMI elles ont préservé l’essentiel de leurs intérêts. L(électorat d’Angela Merkel ne voit plus d’inconvénient à ce que la « galère » grecque prenne le large… Mieux ils le demandent à leur chancelière.

Les spéculateurs du marché monétaire ont bien noté cette position de l’opinion publique d’Outre-Rhin. Une sortie de la Grèce de la zone euro est certes fort improbable mais le poids de l’Allemagne est tel que ses hypothèses sont celles de l’Europe. En fait ils en font une question de principe : le caractère irréversible de l’euro en prendrait un coup et les « populismes » de tous bords peuvent s’engouffrer dans la brèche. La prise de position allemande a donc largement inquiété une part des marchés au lieu de les rassurer. Qui après la Grèce une fois la porte ouverte ? Le 25 janvier se tiendront des élections législatives anticipées en Grèce et toute l’Europe scrutera le résultat. Bien des tractations auront lieu à Bruxelles pour veiller à ce que le nouveau gouvernement et le nouveau président de la République ne soient pas trop hostiles aux méthodes européennes de redressement des comptes .

Si Syriza, le parti de la gauche, sort en tête des législatives, comme le prédisent aujourd’hui les sondages, son leader, Alexis Tsipras, a déjà annoncé qu’il veut en finir avec la politique d’austérité. Il est vrai que depuis quatre ans la fameuse « troïka » (Banque centrale européenne, Commission européenne et Fonds monétaire international) n’ont pas lésiné sur les pressions avant d’accorder leur aide. Le nouveau pouvoir a en tête de demander un rééchelonnement de l’énorme dette publique (175 % du produit intérieur brut) afin de consacrer les ressources de l’Etat à l’amélioration des conditions de vie d’une population épuisée par la crise, avec un taux de chômage qui est encore de 25 %… Autant dire que surtout si ces positions étaient mises en œuvre on pourrait douter ailleurs des injonctions venant de la Commission européenne et ça ce n’est pas tolérable pour le monde de la finance. Imaginons un peu que certains autres se mettent à contester la dette et laissent filer leur déficit conjoncturel en une période où on ne se nourrit plus de l’inflation et des prêts juteux !

Il reste encore 7 milliards d’euros que le FMI doit encore prêter aux Grecs et 3,6 milliards que les Européens sont censés verser pour solde de leur deuxième plan de sauvetage. Alors on ne s’affole pas encore… mais on commence à serrer les fesses. Illico on a sorti l’artillerie à Bruxelles. «L’appartenance à l’euro est irrévocable», a déclaré Annika Breidthardt, porte-parole de l’Union européenne (UE) rappelant que cette règle était inscrite dans le Traité de Lisbonne, signé en 2007, «article 140, paragraphe 3». «Nous n’allons pas entrer dans des spéculations et des scénarios qui risquent d’être interprétés dans un contexte qui ne se pose pas», a ajouté un autre porte-parole, Margaritis Schinas. La porte se referme puisque les intérêts de Bruxelles sont très différents de ceux de l’Allemagne et…des Grecs. En attendant en France on prie à Bercy, tous les matins pour que le niveau actuel de l’euro reste identique. On espère même qu’il soit encore un peu plus bas pour que la relance soit meilleure que prévue

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