Chacun à son avis sur les élections départementales mais il semble bien que dans le contexte actuel il y ait bien des gens qui ne mesurent pas encore l’impact de ce scrutin. Il est encore possible de redonner envie aux électrices et aux électeurs de participer à ce qui concerne leur quotidien ! Un sursaut des femmes et des hommes de progrès, désireux de ne pas revivre la soirée du 21 avril 2002 devient possible pour peu que l’on ne relâche pas nos efforts et que l’on développe seulement 7 points importants.

1.- Le mode d’élection.- C’est condamner la parité que de rester à la maison ! C’est purement et simplement considérer que le fait de constituer une assemblée départementale strictement paritaire ne constitue pas une progression pour le rôle des femmes. Aucun citoyen conscient de l’enjeu que représente cette élection ne doit s’abstenir ou surtout condamner celles et ceux qui ont proposé cette avancée démocratique que la droite a fermement refusé ! Défendre la parité c’est soutenir dans les urnes celles et ceux qui l’ont votée et mise en œuvre !

2.- Le seuil des 12,5 %.- En fait tout vote égaré au premier tour condamnera in-fine la majorité départementale car elle peut empêcher par élimination le duo de gauche qui aura recueilli le plus de voix de jouer le rassemblement au second tour. Le désistement habituel devient illusoire si les candidats les mieux placés terminent… troisièmes ! Il faut sans cesse marteler que c’est une élection à un tour pour la gauche surtout si le niveau du FN est celui annoncé par les sondages. Comme en 2002 la division risque de conduire à de nombreux face-face au sein du bloc FN UMP ! Inutile alors d’appeler à faire barrage au FN le 29 mars puisqu’il sera trop tard ! On vote le 22 mars pour des élus de proximité, souvent connus et reconnus pour leur engagement local et n’étant en rien responsables d la politique nationale mais prêts à assumer la politique départementale ! Toute voix perdue risque de ne plus se rattraper ! Il vaut mieux ne pas avoir à faire « barrage au FN » en votant dès le premier tour pour des gens sérieux, responsables et surtout en mesure de gérer le département plutôt qu’attendre je ne sais quel impact national ! Il faut en plus préciser qu’il y a en plus des 50 % l’obligation de dépasser… 25 % des inscrits pour être élu au premier tour : toute abstention, toute voix égarée sur des candidats surgis de nulle part, sans ancrage local réel, sans expérience condamnent cette possibilité de vite mettre au premier rang des élus valables !

3.- La nature du scrutin.- Il s’agit de désigner les élus aptes à gérer « la solidarité humaine et territoriale » pas de désavouer la politique nationale ou de réguler les querelles internes de l’UMP. Le 23 mars au matin si la majorité en Gironde est désavouée ce serait parce qu’elle n’a pas fait assez en matière de soutien à l’enfance, aux collégiens, aux personnes âgées ,aux associations, aux communes, aux artisans et commerçants, au logement, sur les routes, en matière de déplacements, pour l’environnement, pour la qualité de la ressource en eau, pour faire face aux déchets ? Pas pour autre chose ! Il s’agit simplement de voter pour un programme concret et les personnes capables de le mettre en œuvre. Sur le canton de Créon aucune proposition à ce jour, aucun écrit fiable : c’est un vide sidéral et donc un vote strictement politicien dénué de lien avec l’intérêt bien compris de chacune et chacun des votants !

4.- La bonne gestion.- Absolument tous les paramètres neutres indiquent que le Département de la Gironde est bien géré et que tout est fait pour rendre les meilleurs services à toutes les générations sur la base d’une rigueur maximum. Notation de Standard § Poor’s, appréciation de l’association des Contribuables associés, classement national en matière de taux du Foncier bâti, niveau moyen des dépenses de fonctionnement, 6° Place pour les plus faibles frais de communication, masse salariale contrôlée, frais financiers limités à 1,7 %, investissements en hausse .. Voter le 22 mars pour les candidat(e)s de la majorité départementale c’est casser les pattes aux canards boiteux des affirmations du FNUMP réuni dans le mensonge sur la réalité des comptes de le Gironde !

5.- Le vrai choix.- le 22 mars les bases du choix personnel sont claires : préserver la notion essentielle de services publics face à toutes les menaces de privatisation. Le reste c’est de la poudre aux yeux ! Tant l’UMP-UDI-MODEM que le FN lorgnent vers cette concurrence libre et non faussée qui peut briser la vraie notion de solidarité Les futurs élus départementaux doivent absolument être précis sur ce point. Quelles que soient les difficultés financières il est impossible de soumettre la solidarité sous toutes es formes aux lois du marché ! En Gironde une véritable politique de gauche a été conduite dans ce domaine et le vote des budgets en atteste !

6.- La menace métropolitaine.- Depuis son arrivée à la présidence du Conseil général Philippe Madrelle, alors maire de Carbon-Blanc a toujours fait l’impasse sur sa présence au conseil de la Communauté urbaine de Bordeaux. Il n’a quasiment pas siégé au sein de cette collectivité afin d’être totalement indépendant et en position de valoriser son credo « être libre pour éviter une Gironde à deux vitesses. ». Il faut que les secteurs périurbains et ruraux du département soient fortement représentés au sein de la majorité départementale aux cotés de collègues « métropolitains » défenseurs de l’existence de la solidarité humaine équitable sur leur territoire ! C’est dès le 22 mars que cet équilibre peut se construire pour éviter la mainmise de Bordeaux sur les possibilités financières du conseil départemental ! Tout sera joué au premier tour dans cet équilibre capital!

7.- L’impact national.- Cette échéance départementale n’a absolument aucun lien avec les préparatifs des présidentielles. Il n’y aura aucune correction d’un vote défavorable aux progressistes dans… 3 ans puisqu’il semble que bien des électrices et des électeurs aient oublié que le mandat sera de 6 ans ! Mettre en place une majorité possible FN-UMP c’est se condamner durant ce laps de temps à perdre une bonne part des avantages acquis en matière de solidarité. Rien à voir avec une « avant primaire » Sarkozy-Juppé sous-jacente dans leurs propos . Rien à voir avec la promotion de Marine Le Pen même pas candidate à ces élections mais prête à vanter son succès dont le pourcentage sera d’autant plus élevé que l’abstention sera forte ! Rien à voir avec une motion de censure du gouvernement !

Nationalement la République a seulement besoin d’un sursaut citoyen comme celui du 11 janvier dernier pour ce défendre contre tous les fascismes rampants et de tous leurs complices éventuels, pour maintenir le mot clé de la démocratie : la solidarité  !
Jean-Marie Darmian