En se réunissant la veille du jour de Pâques les caciques d’Europe Ecologie ont tenté de se mettre en conformité avec la signification originelle de la période religieuse. D’abord parce qu’ils espéraient la résurrection de leur mouvement dont le chemin de croix a débuté il y a déjà quelques jours avec le supplice d la tentation ministérielle. Il vrai aussi que c’était aussi pour certains d’entre eux la fin de la période de jeûne la plus terrible : celle du pouvoir ! Et le carême privant certains de toute nourriture « matérielle » conférée par l’appartenance à un gouvernement devient insupportable. Alors profitant du fait que l’on ne pouvait pas leur sonner les cloches certain(e)s d’entre eux ont décidé de rompre avec cette disette insupportable.
Avec un appétit gourmand quelques-uns d’entre eux se sont rués sur d’éventuels postes à la grande tablée élyséenne du mercredi. On doit pour s’y installer appartenir, comme en d’autres instances, à cette aristocratie politique qui s’est lentement créée sous la V° République. Pas évident de se faire une place quand on prétend rester près de la base en allant de temps à autres sur le terrain rejoindre ceux qui luttent contre justement les stigmates de la société consumériste outrancière. Le symbole du week-end de Pâques avait donc véritablement du sens !
« Je suis assez effaré d’appartenir à un mouvement qui donne la pire image de lui-même », a lancé l’eurodéputé Yves Jadot lors de « Tous Politiques » (France Inter/France 3/Le Parisien). Selon lui, Europe Ecologie-Les Verts est « agité par deux sensibilités: il faudrait être soit pro-Hollande, soit aspiré dans la gauche radicale ». Et il donne une analyse que tous les militants de Gauche devrait méditer : « la pire des banalisations de notre mouvement est d’être tombé dans l’obsession de la politique nationale » et il ajoute avec lucidité : « les histoires d’appareil, de politique politicienne, ça dégoûte les gens ». Mais comme il est impossible dans la France actuelle de persuader l’opinion que l’on peut être fidèle à des principes sans tomber dans les querelles d’accession au pouvoir
Il faut reconnaître que tous les crucifiés du Golgotha des départementales appartenant au PS approuveront de tels propos! Ils savent bien que déjà le congrès a pesé sur des résultats (même s’il est malvenu de le prétendre dans ce monde où on pointe vite du doigt celle ou celui qui dévoile des pseudos secrets) et pèseront bientôt sur les rapports humains au sein de leur parti ! Dès cette fin de semaine (samedi 11 avril également à l’assemblée nationale) on assistera à la mise en place des dispositifs sur les 50 nuances de rose ! On est parti pour une balkanisation inéluctable de la vie politique française !
En fait tous ces événements en décalage complet avec la réalité locale quotidienne illustre les récents propos désabusés et sévères d’Arnaud Montebourg qui assène dans Les Echos : « aujourd’hui, la classe politique est devenue une bourgeoisie d’Etat, haut-fonctionnarisée, coupée du peuple. Elle est devenue dangereuse pour notre pays (sic) » Elle est en plus essentiellement urbaine et a abandonné les territoires ruraux ce qui explique en grand partie les résultats effarants du FN dans ces zones… puisqu’en Gironde il se trouve en tête dans près de 50 communes de moins de 500 habitants ! Les combats des chefs parisiens de toujours ou provisoirement parisiens en bleu, en vert, en rose, en rouge passent au-dessus des clochers dans l’ombre devient de plus en plus brune.
Noël Mamère lors de « C Politique » a rappelé cette distance considérable séparant les Français des partis actuels à travers une phrase qui devrait être inscrite dans tous les immeubles des partis : « le maire est, lui à portée de baffe des électeurs ».
Dans les communes, les petites villes, les bourgs ils le voient dans la rue, au bistrot, dans une assemblée générale associative ou ils le coincent dans son bureau. A Paris dans les salles du sous-sol de l’Assemblée nationale on peut se permettre n’importe quoi et de se comporter en Soubise prétendant rassembler une armée.
Si des « verts «  veulent entrer dans le fruit gouvernemental ils doivent savoir que c’est une sorte de quitte ou double pour la crédibilité de l’écologie politique qui se jouera en cette période de crise de confiance générale. « Ce que je déplore, c’est l’extrême division dans le camp écologiste, incontestablement nous donnons une mauvaise image de la politique», a déclaré Placé ! C’est foutu ! Pour lui, « le parti écologique, tel qu’il est aujourd’hui, est en fin de vie, il est en mort clinique », malgré «une idée magnifique» et «des gens qui soutiennent intéressants». Mais «avec un système de fonctionnement obsolète, ça ne peut pas marcher». Il va bien falloir généraliser rapidement cette analyse car en 2017 les « baffes » vont tomber en masse.
Jean-Marie Darmian