Les pompiers pyromanes du FMI sèment la désolation !

Le système monétaire mondial ne cesse d’enfoncer la planète dans la crise. Dédaignant absolument le monde politique quel qu’il soit le Fonds Monétaire international poursuit inlassablement sa mise sous tutelle de tous les gouvernements. Plus rien n’arrête le FMI qui, comme les charognards se précipite sur les pays en mauvaise position ou moribond. Peu importe les raisons de ces comas économiques puisque l’essentiel c’est de vite mettre son nez dans les affaires du comateux. On lui promet de l’oxygène à prix d’or et on lui impose une cure forcée de réformes supposées le ramener à un niveau de vie normale. Aucune preuve tangible de l’efficacité de cette méthode mais peu importe … l’essentiel reste d’avoir du boulot pour le FMI et ses banquiers associés ! Malgré un changement politique radical la Grèce ne se sort pas de l’étau dans lequel l’a placée sa dette. Mieux tout est fait pour qu’elle s’étouffe lentement et qu’elle finisse par se retourner contre un gouvernement qui bute sur le mur de la réalité ! Il s’est engagé à rembourser jeudi une dette de 460 millions au Fonds monétaire international (FMI). Yanis Varoufakis, le ministre grec des Finances l’a annoncé aux côtés de Christine Lagarde. Il a été contraint de faire cette annonce afin de rassurer les prêteurs c’est-à-dire l’Europe et particulièrement la France qui, avec l’Allemagne, est au premier rang des créanciers de la Grèce, via ses… banques.
Rappelons également que la commission européenne et à la Banque Européenne émettent des doutes sur les moyens que la Grèce entend mettre en œuvre pour parvenir à rembourser ses dettes. Syriza désormais démocratiquement au pouvoir veut appliquer leur programme et la BCE et la commission européenne s’y opposent avec le soutien des allemands dont les banquiers ont couvert les magouilles des majorités gouvernementales grecques antérieures. Au seul motif d’être créanciers, la BCE et la commission exigent d’être remboursés -ce qui est normal et mettent en péril la démocratie ! Le pognon d’abord comme partout, à tous les niveau dans la société mondialisée ! Et derrière tout ça Christine Lagarde dont on connaît la probité et le patron de la BCE, M. Draghi, ex-responsable de la branche Europe de Goldman Sachs, la banque qui a aidé les gouvernements grecs précédents à truquer leurs comptes… avec au minimum un regard indifférent des censeurs actuels ! Et le FMI ne s’arrête pas en si bon chemin puisque maintenant il se tourne vers l’Ukraine.
Une crise monétaire, industrielle, budgétaire, bancaire, énergétique: après un an de conflit armé, l’économie ukrainienne est exsangue et sous perfusion financière internationale certainement pour longtemps. Les plans d’assistance se succèdent, orchestrés en grande partie par le Fonds monétaire international. Et revoici le FMI… qui va gérer en lieu et place des politiques poussés à la guerre par les mêmes pays que ceux qui ont étranglé la Grèce pour d’autres motifs ! En avril 2014, Mme Lagarde annonçait une première assistance de la bagatelle de 17 milliards de dollars en tranches. Un an plus tard, alors qu’environ 5 milliards seulement ont été versés, le FMI a mis sur les rails une nouvelle aide se substituant à la précédente, de 17,5 milliards de dollars sur quatre ans, qui doit s’intégrer à un plan de 40 milliards sur quatre ans mettant à contribution prêteurs privés et publics. La dette publique ukrainienne, en pourcentage de la richesse nationale, va bondir à 94% cette année selon le FMI, contre… 40% en 2013.
L’Ukraine n’emprunte plus sur les marchés qu’à de très courtes échéances et à des taux exorbitants et va se retrouver rapidement dans la même situation que la Grèce à ses débuts : emprunter à taux élevés pour rembourser des emprunts à taux bas antérieurs et donc filer tout droit vers la banqueroute ! D’ailleurs on retrouve vite les privés alléchés par la bonne affaire : Kiev négocie pour alléger cette dette avec les conseils avisés de la banque Lazard face à des créanciers privés, au premier rang desquels des fonds spéculatifs… américains ! . Ses chances paraissent minces: pour l’agence de notation Moody’s, le risque de défaut de l’Ukraine avoisine 100%. L’engrenage est impitoyable et le FMI va prendre en mains la politique ukrainienne  ! La chute de la devise ukrainienne, la hryvnia, dont la valeur en dollar a été divisée par trois en un peu plus d’un an, laisse le pays exsangue et rien ne permet d’espérer un redressement à court terme ou même à moyen terme.
On reparlera dans quelques années de ces choix strictement financiers et on verra qu’elle sera l’orientation des partis arrivant au pouvoir dans ces pays. La démocratie bafouée, le sentiment d’abandon exacerbé, le nationalisme grandissant et l’impuissance politique ont conduit les nazis au pouvoir en Allemagne il y a 80 ans. Qui a prétendu que l’histoire ne servait pas deux fois les mêmes plats ?
Jean-Marie Darmian

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