Il y a un indice qui donne l’état dans lequel se trouve le football français mais il est encore une fois passé inaperçu au milieu des monceaux d’erreurs d’appréciation, des tonnes de malhonnêteté et un déluge de fric nauséabond. En effet samedi soir le grand rendez-vous de la finale de la Coupe de la Ligue offerte, grâce à la redevance du service public, en clair à tout les gens désireux de contempler les exploits des martyrs du PSG a été un échec retentissant. Figurez-vous qu’en cette période de disette budgétaire France Télévisons n’a pas réussi à attirer malgré Ibrahimovic plus de monde que els candidats anonymes et mal payés de « The Voice » ! TF1 s’est hissée en tête des audiences avec la suite de la saison 4 de son télé-crochet « The Voice, la plus belle voix ». Le deuxième prime en direct, marqué par les éliminations d’Awa Sy, Alvy Zamé, Yann’sine Jebli et Yoann, a réuni 5,4 millions de fidèles jusqu’à 23h 35, selon Médiamétrie. La part de marché atteint 25,9% sur les individus de quatre ans et plus et 32% sur les ménagères de moins de cinquante ans.
France 2 est deuxième avec la finale de la Coupe de la Ligue de football, en direct du Stade de France et commentée par Jérôme Alonzo et Fabien Lévêque. La victoire du Paris-Saint-Germain face à Bastia, 4 buts à 0, a été suivie par 4,1 millions d’amateurs de ballon rond, soit seulement 18,5% du public. Lentement le monde du ballon rond s’enlise dans la nullité et donc les familles se détournent d’un spectacle médiocre dont les à cotés suintent les affaires peu reluisantes. L’esprit du sport est constamment humilié par des comportements détestables.
Hier soir à Bordeaux pour ce qui constituait l’affiche de la journée les arbitres du match entre les Girondins et les Marseillais portaient un tee-shirt dénonçant les agressions dont on été victimes leurs homologues amateurs dans la Ligue d’Aquitaine. Des bagarres, des insultes, des menaces, des contestation à absolument tous les niveaux avec la montée du communautarisme, du racisme, de la violence gratuite constituent le bilan dominical des compétitions amateurs. L’enthousiasme des moins de 15 ans disparaît dès que la réussite rêvée par les parents n’est plus au rendez-vous et on assiste à une diminution considérable du nombre des licenciés des catégories seniors. Ce n’est pas un match présenté comme le sommet rutilant de la Ligue 1 qui estompe cette réalité.
Pas plus que les déclarations insensées de ces présidents des supposés « grands » clubs améliorent l’image du monde du ballon rond. Des rencontres truquées en L2 contre des caisses de vin (affaire vite mise sous le boisseau) ! Des comportements de supporteurs non classés dans les casses des délits ou de la délinquance la plus ordurière avec des affrontements et une mobilisation effarante de forces de l’ordre (des échauffourées ont opposé des supporteurs de Bastia aux forces de l’ordre samedi après-midi dans le centre de Paris et 15 gendarmes ont été très légèrement blessés). Des enjeux économiques totalement étrangers au jeu avec des sommes délirantes (guerre Canal + Being sous-tendant de pseudos leçons de morale) . Des joueurs sans aucun savoir vivre (Ibrahimovic en tête). Le football français s’enfonce dans la plus grande médiocrité et lentement le grand public se détourne de ce qui ressemble chaque jour davantage à une caricature de la société actuelle.
Qui sanctionnera Thiriez président de la LNF pour un comportement que sa propre commission de discipline ne tolère pas dans le protocole d’avant-match ? Quelle image a-t-il donnée en refusant de serrer la main des joueurs bastiais sous prétexte d’un foutage de gueule méprisant? Que dire de son soutien au Paris Saint Germain et à Marseille quand ils décident à quel média leurs journalistes doivent parler ou ne pas parler ! Que dire de cette cérémonie devant les caméras du service public où la remise des récompenses ressemble à un épisode de la guerre froide ? Certains matches devraient être interdits au moins de 12 ans ! Thiriez est vraiment le digne représentant de cette Ligue qui porte bien son nom !
Le rugby, le handball, les disciplines olympiques finiront bien avec les sports de plein air par ronger le leader-chip de la balle ronde conduite par des professionnels. Devenu le terrain de toutes les surenchères verbales, financières, morales, celui du football ne constitue plus une référence en matière sociale. Et il faut vraiment se boucher les oreilles et fermer les yeux pour croire encore en ce qui n’est qu’un spectacle plus ou moins artificiel. Samedi soir on a franchi une nouvelle étape mais dans le fond tout le monde s’en fout : seul le résultat compte !