On chinoise sur la Grèce et on dégraisse en Chine

« Quand le sage montre la Grèce l’imbécile regarde le bout du doigt ». Cette paraphrase du fameux adage chinois est parfaitement adaptée au contexte médiatique actuel. Tout le monde fixe le doigt accusateur d’Angela Merkel et oublie que les dangers qui menacent les équilibres mondiaux ne viennent pas nécessairement de la dette grecque. La crise qui secoue l’Europe ressemble à une tempête dans un verre d’eau à l’égard de ce qui s’est amorcé en Asie. Mais c’est loin… et le milieu du capitalisme et de la finance a bien du mal à imaginer les conséquences de l’effondrement de la bourse chinoise. Tout leur file entre les doigts et le FMI n’a même pas l’opportunité d’y mettre son bout du nez ! Et c’est certainement la raison pour laquelle ce krach passe inaperçu !
La Bourse de Shanghai s’est ainsi brièvement effondrée de plus de 8% (6% à la clôture) dans un climat de panique générale, malgré les diverses mesures d’urgence prises par les autorités et la suspension des échanges sur quelque 1.300 titres des marchés chinois. Ceux-ci ont abandonné plus de 30% en trois semaines, voyant s’envoler plus de 3.200 milliards de dollars en valeur – selon une estimation publiée par l’agence Bloomberg -, soit une douzaine de fois le PIB de la Grèce l’an dernier… Une catastrophe se profile mais on continue à tenter d’étouffer les Grecs en refusant un revoir une dette imputable à des gouvernements tricheurs ayant bénéficié durant 3 décennies de la complaisante inattention de cette Europe corrompue par la seule idée du profit ! La Chine ne s’éveille plus mais elle s’endort ou plonge dans le coma sans qu’il soit possible de la réveiller ou de la réanimer . Les investisseurs qui ne sont en fait que des spéculateurs plus ou moins présentables
s’inquiètent de l’impact de cette débâcle sur l’économie japonaise.
D’ailleurs à la fermeture de la bourse de Tokyo l’indice Nikkei des 225 valeurs vedettes a perdu 3,14% (-638,95 points) à 19.737,64 points, tombant sous la barre des 20.000 points pour la première fois depuis le 18 juin. Parallèlement, le yen, considéré comme une valeur refuge, a pris de la vigueur au fil de la séance, un mouvement défavorable aux titres exportateurs nippons. Hong-Kong a chuté dans les mêmes proportions. Depuis le 12 juin, l’indice de cette bourses importante a perdu environ 18% de sa valeur. L’enjeu est infiniment supérieur à celui de la Grèce mais… On n’a rien vu en Europe !
Pour la BBC, trois raisons expliquent la chute du marché boursier chinois: la première est que l’intervention du gouvernement, plutôt que de sauver le marché de la noyade par la succession de mesures sauvetage l’a noyé complètement. Il y a également l’instinct grégaire et cette fameuse rumeur, qui pousse tout le monde à faire la même chose, mais aussi l’appât du gain, qui poussent les investisseurs à long terme à tout arrêter. Le régulateur des marchés avait assuré qu’aucune nouvelle introduction en bourse n’aurait lieu dans “un avenir proche” pour éviter toute perturbation supplémentaire. Mais les mesures prises ces derniers jours par le gouvernement semblent avoir échoué à restaurer la confiance.
La Bourse de Shanghai avait gonflé de 150% en douze mois, se déconnectant de l’économie réelle, et les experts s’attendaient à un retour de bâton. Beaucoup d’experts pensent que la hausse du marché boursier chinois plus tôt dans l’année était en partie due à des investisseurs moyens qui prenaient sur la dette pour investir dans des actions. Un quotidien britannique ose même une comparaison avec 1929 : «Après plus d’une décennie d’une hausse effrénée, de création extraordinaire de richesse et d’excès, les deux économies –américaine en 1929 et chinoise aujourd’hui– sont à des étapes similaires de leur développement économique.» Les mêmes causes produisant les mêmes effets on va droit dans la grande muraille de Chine ! Alors la Grèce à coté c’est de l’argent de poche pour les financiers ! Tsipras est un mendiant dans un tel contexte. Les milliardaires chinois qui ont investi sur le Vieux Continent ont eu le nez creux en obtenant de leur gouvernement le droit de placer dans des biens durables une confortable part de leur fortune. Eux ne font pas confiance au monde de la finance ! Ils vont par contre avoir bien du mal à honorer leurs dettes s’ils en ont !
Vous comprendrez mieux les raisons qui ont poussé bien des observateurs à l’inquiétude après la disparition de l’homme d’affaires qui avait piloté le rachat de l’aéroport de Toulouse. Le ministère de l’économie a affirmé, lundi , que la vente était bien finalisée et que Bercy avait touché l’argent de la transaction. « On a reçu l’argent », a déclaré une porte-parole de Bercy. Ouf ! Mais rien ne dit que la société symbiose au capital de… 10 000 euros aura désormais les moyens de tenir ses promesses… Et il en sera ainsi dans bien d’autres lieux.

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