En cette période pré-rentrée les nouveautés vont se bousculer avec le plus souvent le marketing qui va avec. Il est certain que la nouvelle crise financière occupera les esprits des gens qui savent compter et qui ont aussi les moyens de leur infortune boursière. Les prévisions de croissance seront une ixième fois revues à la baisse et on jouera avec le moral de population ballottées par des effets d’annonce, des pseudos-informations ou des prévisions ressemblant davantage à des prédictions qu’à des études sérieuses. Bref on va naviguer dans le monde entier à la corne de brume pour le plus grand plaisir des naufrageurs susceptibles de récupérer les dépouilles en tous genres. En fait cette décennie du XXI° siècle ne sera pas seulement celle d’un violent soubresaut du système financier mais une véritable révolution socio-économique. Elle est à nos portes quand on continue à se barricader derrière des certitudes en papier carton. Les politiques sont comme les « trois petits cochons » qui se construisent des refuges provisoires totalement inefficaces.
La mondialisation tellement décriée en raison des dégâts qu’elle génère sur le plan social mais aussi sur les affrontements terribles qu’elle fait naître, va devenir un épiphénomène face à la mutation de l’économie ! L’arrivée massive du commerce électronique va bouleverser les structures actuelles et à terme, rendre obsolète toutes les recettes en matière de développement. Refuser d’accompagner ce changement de société c’est tout simplement suicidaire. On peut discuter durant des heures de l’ouverture des magasins ou des grandes surfaces le dimanche… quand depuis des années devant sa télé, assis sur son canapé, n’importe quel achat identique peut être effectué en ligne ! Des dizaines de sites ont été créés (154 000 en 214) et rendent certains débats totalement obsolètes. Le dimanche on achète plus que les autres jours : en ligne !
Absolument tout est en effet disponible 24 h sur 24 en quelques secondes sur internet : vêtements, épicerie, médicaments, électroménager, automobile, quincaillerie, chaussures, épicerie, parfums, livres, CD, voyages, vins, alcools, sous-vêtements, télévisions, informatique, fournitures scolaires, outillage, meubles… Il n’y a plus un seul jour sans que des espaces virtuels spécialisés soient ouverts et qu’ils déversent des publicités audiovisuelles tapageuses. L’arrivée du haut-débit et la montée en puissance du nombre d’utilisateurs (trices) vont provoquer un développement inexorable de l’e-commerce et de l’e-services. Les ventes sur internet ont continué de progresser fortement en 2014, dans un contexte général de tassement de la consommation des ménages. Au total, les Français auront dépensé 57 milliards d’euros sur internet, un chiffre en hausse de 11% sur un an. Le nombre de transactions augmente quant à lui de 15% (3° pays européen). On prévoit plus de 60 milliards en 2015 !
On vient d’assister à la guerre Uber-Pop avec l’issue que l’on connaît mais d’autres formules émergent sans se heurter aux même réticences. Si l’on prend comme exemple le secteur hôtelier qui a obtenu après une révolte des aménagements avec les sites de réservations à tarif réduit on peut constater que le danger vient maintenant de Airbnb qui depuis quelques mois ne cesse de croître. Paris est désormais la première ville au monde avec plus de 50.000 offres de location en ligne sur un total de 150.000 annonces en France. A la clé, la possibilité d’augmenter substantiellement ses ressources. Depuis le début de l’année, environ 2,5 millions de voyageurs ont été hébergés via Airbnb dont la moitié à Paris. Selon une étude publiée par le site, en octobre 2014, sur son impact économique en France, les locations rapportent en moyenne 300 euros par mois: cette année, quelques 180 millions d’euros pourraient ainsi être redistribués aux loueurs parisiens. Le double dans le reste de la France !
L’économie collaborative ? Qui a prévu pareil déferlement avant la crise qui contraint tout le monde à rechercher des revenus complémentaires plus ou moins occultes. Un phénomène nouveau qui peut priver l’Etat de ressources considérables ! En plus toutes ces plates-formes échappent plus ou moins aux impôts par une nouvelle forme de délocalisation. Sauf que tirant les leçons des conflits qui se multiplient certaines ont fait le choix d’une pseudo-légalité minimum. Ainsi à partir du 1er octobre, Airbnb collectera la taxe de séjour pour le compte de la ville de Paris. Une nouvelle ligne apparaîtra sur le reçu des voyageurs, explique l’entreprise basée à San Francisco dans un communiqué publié ce 25 août. D’un montant de 0.83 euros par nuit et par voyageur, elle correspond à la taxe pour la catégorie ‘meublés touristiques non classés’ qui inclut la taxe municipale et la taxe départementale. Elle viendra automatiquement s’ajouter au montant de la réservation payée par les voyageurs séjournant à Paris et sera reversée directement à la Ville. La recette pour la mairie pourrait approcher les 10 millions d’euros en 2016… L’affaire est classée !
Vouloir nier cette réalité serait suicidaire puisque tout un écosystème fleurit autour de cette plate forme d’intermédiation comme par exemple BnbSitter. Cette start-up française, qui s’affiche comme leader en Europe, propose des services de remise de clé, lingerie et ménage aux propriétaires dans dix villes françaises, ainsi qu’à Barcelone, Madrid et Rome. Et ce n’est qu’un début.