Ah ! Les impôts locaux quel sujet interminable de polémique dans les assemblées locales ! Comme le système est devenu d’une extraordinaire complexité il est possible pour chaque parti concerné ou chaque contribuable menacé de se plaindre. Personne ne comprend plus rien et résume sa grogne éternelle en une formule : «je paie trop d’impôts ! » sans jamais mettre en comparaison ce que cette contribution solidaire lui apporte. On compare dans les journaux avides de sensationnels des chiffres incomparables et surtout on s’extasie sur des pourcentages, le pire comparatif qui puisse être utilisé en matière de vie publique. Les titres de la presse locale, sans aucun effort pédagogique accentuent cette confusion qui arrange tout un chacun et se traduisent souvent pas des exagérations simplistes. Deux anecdotes explicitent parfaitement cette ignorance civique conduisant à une dégénérescence du sens même de l’impôt fondement de la République.
Ainsi une vice-présidente du Conseil régional me racontait que dans l’un de ses multiples déplacements sur le territoire elle avait été agressée par une personne se plaignant du montant trop élevé de ses taxes locales avec les habituelles formules creuses et toutes faites. « Quand est-ce que vous allez arrêter d’augmenter les impôts ? » demandait cette contribuable fière de son interpellation preuve pour elle du courage que devraient avoir tout citoyen rencontrant un(e) élu(e). Le seul vrai problème c’est que depuis la réforme Sarkozy, les régions ne lèvent plus… aucun impôt direct et que donc une famille réclamant un lycée, empruntant un TER ou bénéficiant des aides en matière de sport, de culture, d’économie…Ne contribuent à ce qu’ils reçoivent uniquement via des taxes directes ou indirectes. Dans l’hémicycle régional on ne vote jamais sur des taux d’imposition (sauf sur le taux de la carte grise) mais n’empêche que l’on continue à voter en faveur de candidats du FN qui sur leur tract mensonger parlent de « la baisse des impôts »…
L’autre anecdote me concerne directement. Dans un EHPAD où l’on admet des résident(e)s à l’aide sociale une parente de l’une d’entre elles m’apostrophent sur la tarification. « Avec tous les impôts que je paye (à l’époque) au conseil général je ne comprends pas que je sois encore obligée de compléter la participation de ma mère ? Quand est-ce que vous allez cesser de les augmenter ? 
Quels imp^$ots madame ?
-Les impôts locaux pardi !
Oui mais lesquels ? Etes vous propriétaire de votre maison ?
Non. Je suis au loyer !
Et bien madame, vous ne régler aucune contribution à la vie du Conseil général !
– Ca m’étonnerait !
– Le conseil général ne vote qu’une part du taxu global appliqué àla taxe sur le foncier bâti ! Vos enfants vont au collège ?
-Oui.
Ils bénéficient pour les dépenses supportées par le conseil général de la gratuité puisque vous ne réglez aucun impôt direct ! Et pour votre mère de l’aide à la dépendance sans qu’elle n’y contribue et vous roulez sur des routes forcément mal entretenues sans participer à leur entretien. »
Elle tourne les talons et ne m’adresse plus la parole !
Et durant des heures on s’écharpe en session plénière avec des mots ou des formules immuables sur une recette de moins de 17 % du budget départemental et sur des sommes représentant sur ma propre feuille d’impôts fonciers reçue une augmentation de ma contribution de 12 € soit 1 € par mois pour financer les parts restantes sur les aides au handicap, à la dépendance, à l’enfance en difficulté et surtout le RSA qui atteignent plus de 800 millions de en Gironde ! On trouvera finalement que la hausse a été astronomique puisque de 4,5 % selon les services fiscaux qui l’on écrit sur ma feuille d’imposition. Et préparons nous aux titres de la presse !
La baisse des dotations de l’Etat qui permettent au gouvernement d’annoncer des baisses en 2016 dans le cadre de la loi des finances de l’impôt sur le revenu mais va conduire à une augmentation sensible des impôts locaux malgré de louables efforts d’économie générales. On en arrive ainsi à un divorce complet entre le monde politique incapable de réformer un système à bout de souffle. Mieux grâce à Sarkozy l’homme qui a coûté 500 milliards à son pays durant son mandat on a supprimé la demi-part fiscale profitait auparavant aux parents isolés ou aux veufs et veuves ayant eu un enfant. C’est la majorité UMP qui avait voté en 2008 sa fin progressive, avec un avantage devant se réduire petit à petit, jusqu’à disparaître totalement en 2014. Une fois au pouvoir, la gauche n’est pas revenue sur cette suppression (et c’est un tort d’avoir obéi aux injonctions des fonctionnaires de Bercy). Le bénéfice n’a été maintenu que pour les personnes ayant élevé seules leurs enfants pendant au moins cinq ans. Selon Bercy, les effets de cette suppression ne se font sentir qu’aujourd’hui, en rendant les contribuables concernés « redevables de la taxe d’habitation et, pour ceux qui sont propriétaires, de la taxe foncière ». Le réveil est douloureux ! Et voici tous les élus responsables de cette mesure… quelle que soit leur orientation politique ! Tous pourris… tous dépensiers… tous coupables ! Combien parmi tous ces contribuables voteront Front National ?