Les sondages se succèdent comme autant de coups de boutoirs pour faire céder une éventuelle résistance citoyenne à la montée du FN au pouvoir dans des régions françaises. Ils accumulent des « résultats » supposés acquis afin de persuader une opinion dominante influençable qu’une telle hypothèse ne comporte aucun réel danger. Ce serait en effet une simple péripétie qui permettrait à tous les opposants à Hollande de témoigner d’une nouvelle haine multiforme supposer les soulager de leur déception. Il n’y a plus de juste mesure et surtout d’éducation citoyenne réelle puisque le vote des régionales n’a absolument aucun lien avec les grandes décisions nationales et rien à voir avec la sécurité dans les villages ou les villes. Nul ne se pose la question de savoir ce qu’il adviendra sous gestion du Front national de la formation professionnelle, de l’éducation dans les lycées, de l’aidé économique, de la culture de proximité, du sport de haut niveau, de l’environnement, de la recherche, des universités. On se contentera de bouter hors de France le migrant ou de renvoyer on ne sait où ou comment cet immigré source de tous nos malheurs.
Comme nous sommes dans un pays de trouille généralisée les voix susceptibles de sonner le tocsin se planquent au prétexte que défendre un socialiste serait plus collaborationniste que laisser l’entreprise frontiste mettre en coupe réglée la démocratie ! Heureusement il y parfois des lueurs d’espoir avec par exemple le coup de gueule du quotidien « La Voix du Nord » qui a été passé sous silence par les autres médias. Enfin une rédaction qui assume son positionnement, selon une formule qui rappellera quelque chose , de « grand quotidien régional républicain ».
Pas de prise de position militante mais une argumentaire précis avec des références claires. Ainsi pour la Voix du Nord « Les ferments de la division seront à l’œuvre, diffusés par un parti aux deux visages. Il s’inscrit dans le jeu démocratique sans renoncer à sa radicalité ; il adopte une posture « anti-établissement » en profitant du système. Son origine, ses obsessions, ses dérapages le placent dans les marges du pouvoir dont il aura forcé les portes à la faveur d’un mode de scrutin si particulier. Si rien ne l’empêche.
La violence terroriste, la panne économique, la perte de confiance que nous vivons supposent le rassemblement et non la division, le débat et non l’imprécation, l’autorité et non l’autoritarisme, l’appel à la raison plutôt qu’aux préjugés, la recherche de solutions réalistes au lieu de promesses démagogiques, l’ouverture au monde et non le repli sur soi, l’entrée dans la compétition plutôt que le protectionnisme.
Le Front national n’est donc pas la solution mais il apparaît pourtant aux yeux de beaucoup d’électeurs comme leur dernière chance. Dans notre région notamment, le parti de Marine Le Pen surfe sur le rejet violent de la classe politique, droite et gauche confondues. S’installe alors cette fausse logique qui veut que le Front national réussisse là où les autres ont failli, puisqu’il est différent. Or, tout n’a pas échoué depuis trente ans et le pire est toujours possible…. »
Je ne retirerai pas un mot de cette analyse qui est ensuite largement développée et illustrée car il ne s’agit nullement d’un réquisitoire mais d’un véritable démontage argumenté des dangers d’une arrivée à la région du FN ! Honnête et courageux ! Deux vertus qui s’étiolent. La rédaction n’hésite pas : « Notre méthode : les faits, et rien que ça. Pour réaliser cette enquête de fond en deux volets (le second sera publié ce mardi), nous ne nous sommes attachés qu’aux paroles et aux actes. Tous les propos rapportés ici ont bien été prononcés. Et toutes les positions décrites ont bien été prises. Au final, nous vous montrons les vrais visages de Marine Le Pen et du Front national. À chacun(e), désormais, de savoir s’il (elle) veut les voir à la tête de la Région. »… Et le quotidien déroule la réalité qui se cache derrière de la propagande simpliste ressassée matin, midi et soir sur les médias audiovisuels.
D’ailleurs la réplique a démontré que ce type de « papier » faisait mouche car la réaction mensongère, violente, haineuse de la principale intéressée donnait de fait raison au contenu de l’enquête. « L’édition de ce jour de la Voix du Nord est un véritable tract socialiste, tant sur la forme que sur le fond. En prenant clairement position contre une formation politique, le quotidien rompt avec toute forme de déontologie ou d’éthique journalistique, à plus d’un titre. D’une part, parce que le groupe « la Voix du Nord » est subventionné à hauteur de 1.5 millions d’euro par an (pour une télé que personne ne regarde) par le Conseil Régional socialiste (NDLR : ça ne vous rappelle rien?), ce qui laisse penser que le brûlot du jour est un sérieux renvoi d’ascenseur. 9 millions d’euros sur l’ensemble du mandat, c’est sans doute le prix du reniement de l’honnêteté intellectuelle. D’autre part, parce que le groupe La Voix du Nord est, comme nous le dénonçons depuis longtemps, en situation de monopole à l’échelle régionale (NDLR : Tiens donc!), empêchant toute pluralité d’opinion et tout principe contradictoire. La déconnexion de la Voix du Nord – assumant enfin un engagement et un parti pris que nous connaissions déjà – avec son lectorat est gravissime de la part d’un média supposé exercer un rôle d’information libre, qui plus est avec l’argent du contribuable. » J’ai déjà entendu ça quelque part ?
On a l’essence même du FN avec ses seules références : l’argent, la martyrisation, l’amalgame, le simplisme outrancier… La Voix du Nord a démontré ce qu’il voulait démontrer : le sort qui sera réservé à la démocratie pluraliste dans les région le 14 décembre au matin. Mais il sera trop tard car ce sera pour 6 ans !