Quand on évoque l’Histoire on trouve de multiples crimes collectifs appelées guerres et surtout tout au long des siècles des attentats célèbres car ils ont ôté la vie à des personnages clés détenteurs du pouvoir. César est mort d’une attaque collective des sénateurs dont Brutus qui porta le coup fatal ! Ravaillac a fait entrer définitivement Henri IV dans la légende d’un coup de couteau donné dans la rue. On trouve une longue liste de victimes du fanatisme ou de complots politiques plus ou moins secrets… Dans beaucoup de cas les manipulations sont évidentes mais les enquêtes superficielles officielles finissent par les occulter. Les assassins appartiennent à des organisations secrètes ou officielles.
Abraham Lincoln meurt d’une balle dans la nuque tirée par un suppôt des racistes du Sud venant de perdre le guerre de Sécession. Il en va de même du tsar Alexandre II après 11 tentatives qui sera victime d’une bombe lancée par des anarchistes. Il précède Sadi Carnot, président de la République française de 13 ans lui-aussi poignardé par Sante Geronimo Caserio. La célèbre Sissi appartient aussi à la liste des morts au nom de la vie politique tout comme l’empereur de Russie Nicolas II… L’époque moderne regorge de ces crimes « institutionnels » destinés à détruire des symboles des institutions en lace. John Fitzerald Kennedy, Salvador Allende, Bachir Gemayel, Olof Palme, Indira Gandhi et son fils Rajvi et tant d’autres qui sont tombés sous les balles de terroristes isolés ou en groupe. Les terroristes parés dans les habits des justiciers avaient pour seul objectif la destruction d’une personnalité ciblée alors que depuis un demi-siècle ils ne s’attaquent plus à elles mais au peuple innocent plus aisé à atteindre.
Tous les attentats tournent au carnage faisant des victimes en masse de telle manière que l’opinion publique s’angoisse et crispe. Leurs auteurs renforcent la haine, creusent des précipices entre leurs motivations et les populations, ils creusent de fait la tombe des démocraties par la terreur aveugle généralisée. Il s’agit d’une véritable stratégie de guerre qui durant des siècles n’avaient pas la même fréquence. Les massacres de civils lors des affrontements, les génocides religieux ou idéologiques, les pogroms racistes, les tueries organisées émaillent encore l’histoire moderne.
Ces événements sanglants parfois lointains s’oublient très vite devant le défilé incessant de l’actualité ou parfois ils sont minimisés par justement le black-out médiatique. Ils n’arrivent plus à atteindre les tenants du pouvoir…et donc on est passé en matière de terreur planifiée à d’autres planifications. En fait les organisateurs de cette barbarie cible chaque jour davantage les ressources économiques des pays qu’ils veulent affaiblir. Visiblement l’une des cibles favorites devient le tourisme. Comment affaiblir l’Egypte, la Tunisie, la Turquie, la Côte d’Ivoire, la France et demain bien d’autres si ce n’est en les privant par des actes minutieusement préparés des filières « rentables » ?
C’est le désespoir au Caire, à Tunis, à Istambul ou dans les stations balnéaires de luxe car immédiatement le chômage gagne du terrain, la pauvreté augmente, les contestations montent et l’objectif est atteint : la terreur règne et décourage les visiteurs. La Tunisie va par exemple émettre des emprunts obligataires sur le marché international à hauteur de 750 millions à un milliard d’euros. Le lancement est prévu d’ici au mois de mai au plus tard. Il s’agit notamment pour le pays de financer le déficit budgétaire qui s’aggrave à cause d’une baisse des revenus du tourisme consécutive aux attentats terroristes qui ont touché le pays en 2015. Sur les deux premiers mois de l’année 2016, les recettes du secteur ont atteint 113,1 millions de dinars (environ 50,4 millions d’euros), en chute de… moitié comparée aux mois de janvier et février 2015 !
Les terroristes en s’attaquant à Grand Bassam en Côte d’Ivoire veulent à la fois tuer des « infidèles » mais aussi s’attaquer à la plus importante station balnéaire du pays. Qu’ils soient Ivoiriens ou expatriés, tous se retrouvent en effet à Grand-Bassam, le week-end, à 40 kilomètres au sud-est de la capitale économique ivoirienne, Abidjan. Cette cité est surtout connue comme un endroit où l’on vient se reposer, changer d’air, prendre un bain de soleil, un bain de mer. Une image qui pourrait être mise à mal par la fusillade meurtrière qui a fait au moins dix-huit morts dont quatre Français… Les commanditaires calculateurs et cyniques ont envoyé à la mort des fanatiques mais ils ont aussi considérablement diminué le pouvoir de l’un des plus prospères des pays d’Afrique de l’Est. Plus que jamais selon Paul Valéry « la guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. »…