Extraordinaire gouvernement que celui qui permet en 24 h d’avoir 3 appréciations différentes sur la situation des collectivités territoriales ? D’abord selon Europe 1’on apprend que François Hollande dont les groupes d’amis se sont mis au boulot cette semaine au Sénat dans la perspective d’une nouvelle candidature veut prendre en considération les dégâts que fait la baisse des dotations sur les communes, les intercommunalités et les départements. Il sait en effet qu’il est absolument impossible de passer le cap du premier tour des présidentielles sans le soutien du réseau des élus locaux. On laisse donc filtrer de l’Élysée une bonne intention que le Président viendrait annoncer au Congrès des Maires repoussé après les attentats de 2015 à la fin mai de cette année ! Les Sénateurs « hollandais » ont envoyé un signal fort sur la grogne qui monte et qui laisse prévoir une réception musclée à la Porte de Versailles… Et après le dégel du point d’indice des fonctionnaires, ce sont, cette fois-ci, les maires et présidents qui vont être servis !
Ces élus auxquels les Français sont si attachés et qui sont considérés comme des relais d’opinion extrêmement influents jusque dans les petits recoins du pays sont à rassurer. François Hollande ferait disait-on l’annonce officielle fin mai au Congrès des maires de France d’une diminution de 3,7 milliards d’euros de prélèvement sur les dotations. Le gouvernement exonérerait les collectivités territoriales de leur troisième « saignée » en 2017 contre une vraie relance des investissements notamment dans les travaux publics, un secteur clé pour l’emploi qui tourne au ralenti depuis que l’État a serré la ceinture aux mairies et aux intercommunalités. On se sentait un peu soulagé à quelques jours des votes des budgets 2016 dans les petites collectivités mais c’est de courte durée… puisque l’un des proches du président douche les bouffées délirantes !
D’abord Bercy a tordu les résultats de 2015 dans les collectivités territoriales en présentant un excédent de leur gestion en millions d’euros et en pourcentage… Supercherie habile puisque ces dernières, contrairement à l’Etat, ne peuvent pas faire dé déficit ! De par la loi elles doivent dégager (elles sont très surveillées là-dessus) une excédent (autofinancement) leur permettant au minimum de couvrir leur charge d’emprunts et leurs amortissements. Comme les dotations ont baissé, le pourcentage de l’autofinancement en 2015 aurait très légèrement augmenté (constat élémentaire pour un % puisque le volume de base est en baisse) mais pas nécessairement le flux réel ! Elles auraient enregistré un excédent de 700 millions d’euros (notons que très peu de comptes administratifs, bilans officiels de 2015, n’ont encore été voté!) au lieu d’un déficit de 500 millions prévus (sic) dans le projet de loi de finances (sic) et un déficit comptable de 4,6 milliards en 2014 (sic).Le secrétaire d’Etat au Budget, Christian Eckert, a donc vite assuré que les « voyants » étaient « au vert pour que les collectivités relancent en 2016 leurs projets d’investissement ». « Elles ont mis de l’argent de côté (sic) pour pouvoir financer leurs investissements qui redémarrent », a abondé Michel Sapin. Alors que cette amélioration des finances des collectivités n’est due en grande partie que justement à la baisse des investissements, qui ont chuté de 4,6 milliards d’euros en 2015… et donc ont pénalisé le monde économique souvent de proximité !
Ensuite Michel Sapin y est allé de son couplet contraire à celui qu’avait susurré l’Élysée : »Les collectivités locales doivent participer aux efforts de la France pour maîtriser ses déficits », a lancé celui qui devrait venir présenter le budget 2016 dans chaque département dans les prochains jours. Il a tué l’illusion de 2017 en assurant que l’objectif d’une baisse des dotations de dix milliards d’euros sur 2015-2017, était « maintenu ».
Enfin il y a eu le dernier épisode en date où Jean-Michel Baylet ancien maire, ancien Président de conseil général ayant en charge le sort des collectivités territoriales et notamment celui des départements dont 30 % traversent une crise financière insoluble, a inventé le « tweet » vengeur. Un communiqué de presse de son Ministère a pris la peine d’attirer l’attention sur sa position au cas où personne ne l’aurait lue ou vue puisque les tweets comme les cloches se taisent à Pâques. «  Affirmer que les finances des collectivités territoriales sont saines est un déni de réalité » a déclaré le Ministre ! Pan sur le bec du Sapin et de Bercy ! Il s’agit là de la 3° version d’un même problème ! Retour à la case départ avec un signe fort : dans ce gouvernement tout le monde joue sa partition et personne ne pilote le navire puisque Valls négocie actuellement avec l’Assemblée des Départements de France sur des compensations démontrant que la vision de Bercy est simplement une exploitation habile de faits irréels !
En fait il faut résumer simplement : les élus locaux en ont marre des leçons permanente donnée par un gouvernement qui les accuse de tous les maux de la terre et à l’approche du congrès des Maires on va assister à une partie désolante de poker menteur…que personne ne va vouloir assumer !