Il est candidat le divin Sarko ! Sonnez hautbois… résonnez musettes ! Durant toute la semaine avec en point d’orgue une rentrée dimanche au 20 heures de TF 1 (je prends les paris) vous allez entendre ce doux refrain. Quand Jospin avait annoncé son renoncement à la politique, quelques éditorialistes donneurs de leçons avaient sous-entendu que ce ne serait que provisoire… Là ils s’inclineront avec méfiance pour la suite devant celui qui n’avait pas fait dans la demi-mesure, laissant son parti ruiné et des casseroles à tous les étages ! Le 5 mai 2012 il avait déclaré aux poids lourds de la majorité UMP qu’il quittait la vie politique et livré son regard sur sa défaite. « De l’émotion. De la gravité aussi. » Raconte Le Figaro larmoyant. « Nicolas Sarkozy a reçu son comité de campagne à l’Élysée (NDLR : une dernière fois aux frais du contribuable). Une vingtaine de personnes, dont François Fillon, Jean-François Copé, et les représentants des différentes sensibilités, ainsi que des ministres et ses principaux collaborateurs, dont sa plume Henri Guaino. Le président sortant les a reçus à l’heure dite. La réunion a duré une heure. Fatigué, le teint gris et les traits marqués, Sarkozy a toutefois fait bonne figure en se montrant calme et serein, au lendemain d’une défaite à laquelle il a cru jusqu’au bout pouvoir échapper. Il a une nouvelle fois confirmé qu’il arrêtait la politique: «Une page se tourne pour moi, a-t-il confié. Je ne serai pas candidat aux législatives, ni aux élections à venir.» Il a ajouté, dans un sourire: «Soyez rassurés, je renouvellerai ma carte (de l’UMP) et je payerai ma cotisation (sic). Mais je quitte l’opérationnel.» C’était du genre : croix de bois, crois de fer si je mens je vais en enfer… dont on sait que le chemin n’est pavé que de bonnes intentions ! Inutile de rappeler ce qu’il fait de ces déclarations à l’emporte-pièce !
D’abord il s’est vite aperçu qu’il lui fallait jouer à chat perché ! Ce fameux jeu où pour échapper à ses poursuivants il est préférable de se trouver un statut le plus élevé possible. Or là il a le feu aux trousses et il sait que ce n’est qu’une question de vitesse et de capacité à se trouver un perchoir « immunisé »… En revenant dans la course à l’Elysée il espère que les juges n’oseront pas lui barrer le chemin. Il a attendu le dernier moment pour se déclarer aux primaires et il tente de courir le plus vite possible vers un abri de candidat qui le préserverait encore quelques mois des poursuites en cours ! « Chat perché ! » et il hurlera à la manigance, à l’acharnement, au complot judiciaire si surgit une convocation et à fortiori une mise en examen. Il a réussi son coup ou du moins il sait que par des artifices de procédure il échappera aux affaires en cours.
Ensuite il sait que désormais il maîtrise parfaitement l’appareil du parti LR. Il a installé un puissant réseau de responsables qui va quadriller les territoires pour récolter soutiens, fric et suffrages. Il suffit qu’il arrive en tête au premier tour pour vaincre car ses rivaux vont éparpiller les voix qui lui sont hostiles ! Au second tour il a bâti une stratégie simple : votez efficace, votez Sarkozy ! Il va ratisser les voix de l’extrême-droite de LR puis celles qui ne rêvent que de revanche sur les socialos ! Ce sera suffisant pour l’emporter selon ses calculs ! Il va distribuer des formules chocs toutes faites et son livre en serait bourrée… et fourniront du prêt à porter idéologique dont rêvent les Français ! Il dispose de sondages précis qui lui permettront de rassembler face à ceux qu’il qualifie de « couilles molles » et qui ne peuvent pas l’attaquer sans se priver de l’électorat.
Enfin fort de son casier judiciaire placé sous le signe de la vierge il va laisser ses potes tirer le tapis du passé sous les pieds de Juppé ! De la tendance « bulldozer » le retour du Sarko va ressembler une tornade progressivement dévastatrice. Il n’épargnera personne persuadé qu’il est que son colt ne contient plus beaucoup de munitions. Lancé à fond il prétend devenir « inarrêtable » car ses adversaires ne savent pas comment le prendre aux jambes ! Il distribue des baffes quand les autres tentent des arguments. Il fonce quand les autres réfléchissent. Il divise pour régner. Il fait monter la pression quand les autres se complaisent dans la force tranquille. Il menace sans vergogne. Il ment plus qu’il respire ! Sarkozy a ses chances. Croire le contraire ce serait simplement se complaire dans l’angélisme.
Il va bénéficier de la mansuétude d’une partie de la gauche qui préfère l’avoir comme adversaire que d’autres susceptibles de glaner des voix de centre gauche ou de centre droit sans lesquelles aucune victoire présidentielle n’est possible. François Hollande attendra que tout soit clair à droite pour se déclarer. Macron lui table sur la victoire de Juppé car il sait qu’alors le sortant ne partira pas ou au moins hésitera. Valls se réserve et les autres en voulant exister se déchirent ! Sarko lui il file et personne ne l’arrêtera sauf s’il est mis hors-jeu par un juge ! Mais ça c’est une autre histoire !