Les bombes que nous fabriquons créent les réfugiés que nous refusons

Parmi les braillards idéologiques contre les réfugiés on trouve des gens mettant en cause les raisons pour lesquelles les populations fuient leur pays plutôt que de prendre les armes. Femmes, enfants, jeunes seraient des tricheurs car dans le fond ils ne viennent que pour envahir notre société en crise. Les prises de position inhumaines se succèdent comme si la réalité de la guerre n’existait pas en Syrie, en Irak… et ailleurs ! Les bombardements aveugles, les tueries massives, l’utilisation d’armes létales inédites ne seraient que des inventions alibis pour les conduire aux paradis de notre République ou de ce qu’il en reste.
A Alep les deux plus grands hôpitaux de la partie rebelle ont été touchés par des bombardements qui sont, selon des ONG et des habitants, des attaques délibérées du régime syrien et de son allié russe pour y annihiler les infrastructures. De vrais crimes de guerre que personne ne songerait à nier. Le pire c’est que la population civile est prise au piège et qu’elle vit en enfer depuis des semaines. Elle se terre dans des abris qui désormais n’offrent aucune protection réelle. Lors des bombardements de ces derniers jours, il semble en effet que les forces russo-syriennes aient utilisé des bombes incendiaires ainsi que des bombes à explosion différée. Il s’agit de bombes capables de traverser les étages des immeubles, ainsi que les caves-bunkers et, alors seulement, d’exploser, faisant un maximum de victimes. Il y a donc là une volonté délibérée de tuer le plus grand nombre de personnes possibles, de semer la terreur, ou du moins de les obliger à fuir ces abris dont on peut penser qu’ils résistent aux bombes ordinaires.
En Syrie, le carnage continue et personne n’est épargné. Le monde a laissé tomber les popumations civiles qui sont souvent impuissantes pour résister aux vagues d’assaut d’un camp ou de l’autre et qui ne peuvent même plus se protéger sommairement dans les caves. Les armées de l’air syrienne et russe mènent depuis près d’une semaine une intense campagne de bombardements sur les quartiers tenus par les insurgés dans l’est de la deuxième ville du pays, réduisant en poussière de nombreux bâtiments. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a seulement réagi au bombardement des deux plus grands hôpitaux dans la partie rebelle d’Alep, les qualifiant de « crimes de guerre ». « C’est pire que dans un abattoir », a-t-il déclaré devant le Conseil de sécurité de l’Organisation des nations unies (ONU), évoquant « des gens avec des membres arrachés » et des « enfants qui souffrent terriblement sans répit. C’est une guerre menée contre les travailleurs de santé en Syrie », a-t-il dit, rappelant que le droit international oblige à protéger le personnel et les installations médicaux. « Les attaques délibérées contre les hôpitaux sont des crimes de guerre. »
Les deux plus grands hôpitaux de la partie rebelle d’Alep ont été touchés par des bombardements qui sont, selon des ONG et des habitants, des attaques délibérées du régime syrien et de son allié russe pour y annihiler les infrastructures. Bien entendu celles et ceux qui fuient cet enfer pour aller chercher, dans n’importe quelles conditions, un espoir de paix ailleurs ne sont que des terroristes potentiels si l’on croit les opposants manipulés par les idées toutes faites du FN. Ils ont le choix entre une mort sous les bombes légales des uns ou dans les exécutions ou les atrocités terroristes des autres. Face à la guerre l’inégalité repose uniquement sur la capacité financière permettant de sortir des zones de combat. Les pauvres, les malades, les fragiles n’ont aucun espoir d’échapper à ces massacres quotidiens commandités par les grands de ce monde et leurs affidés. Comme la France en Libye ou les États-Unis en Irak, la Russie teste en Syrie aujourd’hui ses nouvelles armes et elle le fait sur une grande échelle sans aucune peur des réactions onusiennes ou diplomatiques. Des missiles de croisière Kalibr, produits pour la première fois en 2012, sont testés en conditions réelles aujourd’hui en Syrie et ils démontrent leur efficacité. On parle aussi d’armes chimiques dont certaines à base de gaz inspirés des insecticides !
Quand dans un débat sur l’accueil structuré des réfugiés ou des migrants non-économiques on oublie sciemment le contexte actuel créé par les grandes puissances étrangères à l’effort d’accueil. La Russie, les USA, la Grande-Bretagne ne semblent pas concernés par les dégâts causés par leurs interventions militaires. A Alep les mort succèdent aux morts, la souffrance succède à la souffrance, l’angoisse succède à la peur et nous nous déchirons pour savoir si 50 êtres humains peuvent venir paisiblement vivre quelques temps à nos cotés… La honte !

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65 réponses à Les bombes que nous fabriquons créent les réfugiés que nous refusons

  1. bernadette dit :

    Dans Notre grande region, il doit etre possible de requisionner des logements communaux pour les refugies.

  2. bernadette dit :

    Les communes disposent de gites communaux et les enterprises de village de vacances pour leur personnel.

  3. bernadette dit :

    Vaut mieux Que je m’occupe de mes oignons. Je retire les messages precedents.

    Bonne fin de journee

    • BOYER dit :

      Mais non Bernadette, pourquoi voulez-vous retirer vos propos.
      les personnes qui sont contre cet accueil, on en crève!
      Alors au contraire, criez-les haut et fort vos propos.

      • bernadette dit :

        Je trouver tellement logique et legitime que les communes apportent un peu d’humanisme envers ces migrants. Ils ne sont pas responsables de qu’ils subissent. C’est bien aux communes qui possedent une capacite d’accueil suffisante pour les loger (temporement).

  4. Christian COULAIS dit :

    Mon nom est Hamza El Khatib, Je fais partie des derniers médecins restés à Alep pour soigner les 300 000 habitants à l’est de la ville.

    Tous les jours, les pires atrocités y sont commises. Les civils et les hôpitaux sont systématiquement la cible du régime syrien et de l’aviation russe.

    La semaine dernière, j’ai écrit au président Obama et à la chancelière allemande pour demander de l’aide. Les Etats-Unis et l’Allemagne ont beaucoup d’influence sur la scène internationale. Je leur ai donc demandé d’utiliser leur influence pour nous aider. Hélas, leur réponse est la même depuis 5 ans : Angela Merkel reste silencieuse tandis que la Maison Blanche condamne timidement sans mentionner des possibles actions à l’encontre du régime.

    Angela Merkel ou Barack Obama n’ont rien fait pour empêcher les attaques criminelles contre les civils et les hôpitaux.

    Voilà pourquoi j’ai décidé de lancer cette pétition. Barack Obama et Angela Merkel ne m’entendent pas. Et si nous unissions nos voix pour qu’ensemble nous puissions lancer un appel si fort qu’ils ne pourront l’ignorer ?
    Depuis 5 ans nous sommes témoins de la mort violente et tourmentée de patients, amis et collègues. Depuis 5 ans, le monde nous regarde, constate que la situation est “complexe” mais ne fait rien pour nous protéger.

    Le mois dernier, 42 installations médicales ont été la cible d’attaques dont 15 hôpitaux dans lesquels mes collègues et moi travaillons. A ce rythme là, les services médicaux à Alep pourraient être détruits en un mois, laissant mourir 300 000 personnes.

    Ce qui nous fait le plus mal à mes collègues et moi c’est de devoir choisir qui sauver. Parfois, de jeunes enfants arrivent aux urgences tellement blessés que nous devons soigner en priorité ceux qui ont plus de chances de survivre et parfois nous n’avons même pas le matériel pour les sauver. Il y a quelques semaines, quatre bébés en détresse respiratoire sont morts quand une explosion a coupé l’oxygène de leur couveuse. Leur vie a pris fin avant même d’avoir commencé.

    Malgré l’horreur nous avons décidé de rester à Alep. Nous nous sommes jurés d’aider ceux qui sont dans le besoin. Il est de notre devoir de rester pour aider la population. Tout ce que nous demandons à présent c’est que Barack Obama et Angela Merkel respectent leur devoir.

    Nous n’avons pas besoin de leurs larmes ou de leur compassion, ni même de leurs prières. Nous voulons qu’ils agissent. Nous voulons qu’ils prouvent qu’ils sont au côté du peuple syrien.

    S’il vous plaît, rejoignez la mobilisation. Demandez à Barack Obama et Angela Merkel de sauver les habitants d’Alep.
    https://www.change.org/p/soutenez-l-un-des-derniers-m%C3%A9decins-d-alep-demandez-%C3%A0-obama-et-merkel-d-agir-maintenant-savealeppo

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