Donald Trump est désormais Président des Etats-Unis et on oubliera vite face aux provocations suicidaires qui vont émailler les premiers mois de son mandat qu’il aura été élu dans la confusion la plus totale mais surtout avec une intervention ciblée des Russes dans la campagne. Avant de quitter la Maison Blanche il est certain que Barak Obama mettra sur la place publique les rapports qui attestent de ces interférences technologiques. En fait les fameuses campagnes des primaires deviennent propices, grâce à la complaisance médiatique et plus encore à la fragilité patente des systèmes informatiques de tous genres. Certes il peut y avoir encore et toujours les apports décisifs de financements occultes venant directement des caisses de soutiens étrangers complaisants. Visiblement la conjonction de ces trois aspects de la vie publique constitue la pire menace pour la démocratie. On en arrive à se poser la question : est-ce possible en France ? La réponse est claire : oui et c’est déjà parti car c’est beaucoup plus facile qu’ailleurs !

« Jusqu’ici les motivations évidentes (NDLR : en matière de piratage) étaient le renseignement économique, ça existe toujours », à un niveau qui ne faiblit pas avec une vingtaine d’attaques majeures de hackers cette année, a indiqué directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) qui dépend de Matignon. Mais, phénomène nouveau, « on voit des attaques dont le motif n’est pas économique, qui préparent le terrain » en cartographiant des systèmes d’information a ajouté ce fonctionnaire indépendant. « Il y a des attaques numériques pour faire de la politique, dont le but est d’influencer » l’opinion, comme on l’a vu lors des élections américaines. Impossible de ne pas y penser quand on connaît par exemple les techniques possible pour accentuer des référencements, pour détruire les fichiers, pour capter les informations, pour déclencher des rumeurs, pour attaquer des sites ou surveiller des soutiens… Poutine a compris que la guerre n’est pas que « physique » mais qu’elle est aussi « psychique ». Elle est beaucoup plus secrète, beaucoup moins onéreuse et elle vient de démontrer aux USA que si elle est bien calculée elle pouvait être décisive.

Le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), auquel l’Anssi est rattachée, a même organisé un séminaire avec les partis politiques français pour les sensibiliser à cette menace. « Nous avons mis en garde » les partis français, leur « avons expliqué quels sont les sujets de préoccupation pendant une campagne électorale et montré les bonnes pratiques », a expliqué Louis Gautier, secrétaire général de la SGDSN. Mais « il est de la responsabilité des partis de se protéger », a-t-il averti, en faisant faire notamment des audits de leurs systèmes d’informations par des prestataires certifiés… Qu’en est-il en revanche des réseaux sociaux, du rôle des fameux algorithmes et des achats massifs de mots de référence ? Qui a les moyens matériels de manipuler l’opinion via les réseaux sociaux, ou en faisant « remonter » des vidéos de propagande sur les plate-formes ? La fragilité du système a de quoi inquiéter ! Chaque jour ou presque ces manipulations venues de pays étrangers existe mais elle est passée sous silence !

Pour les formations politiques, ces attaques comportent trois risques selon les spécialistes : la captation de données numériques comme les fichiers électoraux, les risques d’interférence dans le processus électoral et le « risque réputationnel (sic)», comme dans le cas de la publication d’e-mails d’Hillary Clinton. Par qui ont-il été vraiment intercepté ? Étayent-ils vraiment dangereux ? Plutôt que la réalité de leur contenu n’était-ce pas seulement le fait qu’elles les auraient écrits qui a suffi à la discréditer ? On vient de voir l’effet des rumeurs sur les cotisations au PS dont on aimerait bien connaître l’origine…

L’Anssi n’a pas souhaité lors de sa présentation médiatique attribuer précisément les tentatives d’incursions -ce qui relève d’une décision politique- mais a indiqué que des actions similaires à celles des hackers à l’œuvre aux États-Unis pendant la présidentielle avaient déjà été décelées. « Je vous confirme que ces groupes sont actifs, ça ne s’arrête pas aux frontières de la France », a noté son directeur. « Il y a derrière un dessein stratégique, ça intrigue, voire plus », a ajouté pour faire bonne mesure son collègue de la SGDSN. Le risque est donc avéré mais impossible, pour des raisons financières et de disponibilités des… fonctionnaires, de le dominer. Bien évidemment les tenants de ces thèses seront accusés de « complotisme » aigu !