Il se murmure de plus en plus fort que selon le résultat de dimanche soir pour les primaires de la Gauche certain(e)s se tiennent prêts à franchir le Rubicon ce qui rime avec « je vais chez Macron ». Lors de réunions parisiennes entre parlementaires la tactique a été mise au point et les volontaires ont été recensés. Ce n’est pas pour rien que le « Rastignac » venu de la finance a mis comme date limite de ralliement à son camp le dimanche 29 janvier au soir puisque tout se réglera dans le courant de la semaine prochaine si Manuel Valls et Vincent Peillon sont écartés par un vote protestataire aux primaires.

Une centaine de « grands » élus qui soutiennent actuellement l’un ou l’autre de ces candidats vont virer leur cuti afin de protéger leur circonscription ou parfois leurs successeurs. En effet il est aisé de décoder le message subliminal délivré en conférence de presse par le gendre idéal. Surfant sur la vague qui semble actuellement porter sa candidature présidentielle, il pose un nouveau jalon dans la construction de son mouvement en lançant le processus de désignation de candidats aux élections législatives. « En Marche ! présentera 577 candidats, dans le but de construire une majorité présidentielle », a-t-il proclamé lors de sa conférence presse préalable au débat des prétendants ! Il les a mis dans la nasse… puisque si les candidatures « macronistes » se multiplient ils vont priver les députés sortants non frondeurs d’un pan entier de leur électorat !

Le pire c’est qu’il a bloqué tout processus de récupération tardive des brebis égarées en incitant les gens à déposer dès ce jour leur candidature en pouvant s’inscrire en ligne. Il sera donc possible de se réserver une place avant le 29 janvier sans que ça se sache tout en étant dans les délais. On sait déjà que certains élus locaux déçus des désignations internes du PS ont posé des jalons. Et ils savent que de toutes les manières ils ne peuvent que toucher le ticket gagnant si Macron reste à son niveau actuel. La dynamique est en sa faveur et elle ne faiblira plus !

Une commission nationale d’investiture, composée de neuf membres adhérents d’En Marche !, qui se seront engagés eux-mêmes à ne pas être candidats, doit être constituée dans les prochains jours. Pour l’heure, il n’est pas précisé jusqu’à quelle date le dépôt de candidature sera ouvert. « Les investitures seront décidées par vagues successives, avec un objectif : construire une majorité de projet », a précisé le candidat vedette qui utilise toutes les ficelles de la communication de masse pour se créer une image. Il sait fort bien que les ralliements viendront au fil des sondages surtout si l’unité de la Gauche se révèle impossible. Tout se jouera cependant sur les 500 signatures… ils semble bien en effet qu’une fois encore certains candidats potentiels n’ont aucune certitude à ce sujet ! Il est à peu près certain que des consignes peuvent encore serrer la vis autour d’Emmanuel Macron qui ne compte pas encore tellement d’appuis sur le terrain local et manque de réseaux hors du monde urbain. Il ne pourra pas se passer de solides appuis dans le vivier des grands élus ! En Gironde certains(e)s d’entre eux attendent l’arme au pied et ne se sont pas d’ailleurs beaucoup mêlés de la campagne des primaires : aucun grand meeting en faveur de Valls et quelques initiatives ciblés chez Peillon.

En fait le PS ressemble à un bateau ivre qui se laisse porter par le courant vers les écueils qui apparaissent de plus en plus clairement. « Avant de penser au parti, il faudra d’abord à tout prix éviter un match Le Pen-Fillon » (préparez-vous ce sera le leitmotiv de la semaine prochaine!) aurait déclaré un député proche de Manuel Valls . Il ajoute ce que tous les transfuges potentiels ont décidé de faire passer comme message : « On joue Valls à la primaire. Pour la suite, c’est sûr que s’il ne l’emporte pas, le choix sera vite fait ». Et chez le Prince du libéralisme beaucoup moins marqué que celui brutal de Fillon, on attend le résultat de dimanche soir avec impatience. On a déjà recensé les prises de guerre potentielles que l’on peut évaluer un Gironde à une demi-douzaine de député(e)s sortants uniquement pour bloquer des adversaires potentiels connus ou en réserve ! D’ailleurs lors du dernier débat il a été beaucoup plus présent dans les échanges (voir la position de de Rugy ou de Behammias)

J’avoue qu’il me tarde de connaître les déclarations de dimanche soir si comme je l’espère on revient vers une candidature la plus proche possible des valeurs de gauche. « Macron m’a tué ! » pourra-t-on écrire sur la devanture de la rue de Solférino car rien ne serait pire que la désunion interne comme au désastreux moments du Congrès de Rennes où il avait eu 7 contributions comme dimanche il y aura 7 candidats !