Désormais la campagne des présidentielles est terminée. Les jeux sont faits. On ne parlera pas de politique mais simplement de faits divers et rien n’arrêtera la démagogie galopante qui sert de base à la décision des électrices et des électeurs. Les rares candidats qui tentent de surnager dans ce marécage puant la combine, l’escroquerie, le mensonge, la trahison n’ont plus aucune chance de s’en sortir. a quarante jours de la présidentielle, François Fillon a été mis en examen dans l’enquête sur de possibles emplois fictifs de sa femme et de ses enfants comme assistants parlementaires, une première pour un candidat majeur dans la course à l’Élysée. Il ne reste plus qu’à aller chercher avec des gendarmes l’héritière de l’entreprise Le Pen pour compléter le tableau. Certes les suspicions qui pèsent sur ces deux candidats les plus à droite dans le paysage présidentiel français sont encore à confirmer par des auditions (impossibles) des investigations (déjà réalisées mais non communiquées), des preuves indéniables (mais niées avec aplomb et arrogance).

Celui qui droit dans les yeux face à des millions des téléspectateurs assurait qu’il ne serait « pas candidat s’il était mis en examen » s’assoit sur tous les principes républicains qu’il devrait défendre bec et ongles. Les griefs formulées contre lui ne sont pas minces : détournement de fonds publics, complicité et recel de détournement de fonds publics, recel et complicité d’abus de biens sociaux et manquement aux obligations de déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). On est loin, très loin des affaires antérieures ! Peu importe, tous ses amis après avoir été un complot institutionnel, une vindicte judiciaire, un assassinat politique… Bref une manœuvre dilatoire pour empêcher le meilleur d’entre eux actuellement de rejoindre sur les bancs de la justice le meilleur d’entre eux antérieur qu’il a battu grâce à un label Monsieur Propre brandi comme l’étendard de la probité !

J’ai mal à ma République quand j’entends les arguments développés par celles et ceux ayant le verbe haut et la morale basse après cet épisode judiciaire. La troupe brandit en fait la valeur d’une « justice populaire » qui blanchirait d’office leur favori de ses fautes réputées fausse, nulles et non avérées. Il y aurait une justice rendue par le Peuple qui serait supérieure à celle qui est rendue au nom du peuple. Encore une supercherie médiatique. Dos au mur, cerné par les affaires qui pleuvent sur lui Fillon n’a plus qu’une issue : être élu à l’Elysée pour bénéficier de l’immunité que lui conférerait la fonction présidentielle. C’est ce que l’on appelle un artifice qui lui ferait échapper à la justice… et d’attendre des jours meilleurs tranquillement perché au Château. Nicolas Sarkozy ne cherchait pas autre chose que le parapluie qui l’avait protégé des multiples entorses avec les lois. Aucune autre motivation à une décision d’aller jusqu’au bout qui paraît « héroïque » à ses admirateurs ou simplement « sans importance » pour les gens espérant qu’il va « foutre dehors les socialistes.

Dans cette optique il adopte la technique des membres de la cosa nostra en refusant de manière moins ostentatoire que celle adoptée par sa compagne dans le bourbier judiciaire qu’est la gestionnaire de l’entreprise Le pen : refus de répondre aux juges ! J’attends avec impatience qu’un pauvre malheureux se réclame de cette attitude pour avoir commis une faute répréhensible. Les dealers, les revendeurs de drogue adoptent cette tactique… qui provoquent les délires sécuritaires des partisans de la répression. Il faudrait relire les déclarations d’un conseiller départemental, candidat aux législatives, soutien de Fillon sur le revenu de base… fixé à 600 euros pour les jeunes en situation délicate… pour prendre la mesure de la différence entre les discours enflammés sur els fraudeurs au RSA et les actes de celui qui revendique l’impunité institutionnelle ! Le seul programme réel de Fillon se résume en une phrase «  élisez moi pour que je bénéficie de l’immunité présidentielles ! »e de la primaire à droite par cette formule, qui visait alors implicitement Nicolas Sarkozy: « Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen? » avait-il clamé avant de rejoindre Sarkozy qu’il visait dans les suspects. « Qui imagine un seul instant le général de Gaulle se faire payer ses uniformes ? » peut-on ajouter. « Qui imagine un seul instant le général de Gaulle faire payer le mariage de son fils par l’entourloupe d’un emploi au Sénat ? » peut-on compléter ! «le seul problème c’est que Fillon n’a rien à voir avec de Gaulle… et qu’il n’est que le pâle reflet de ce que haïssait le plus le général : les tricheurs et les lâches !

Les trahisons s’accumulent dans tous les camps. Le paradoxe c’est que si la droite n’a aucun doute sur ses candidats qui sont pour le moins douteux c’est chez les socialiste, le même jour, alors que le candidat est fidèle à ses engagements et à sa parole, qu’elles s’organisent.