Bien évidemment les Français adorent se moquer des faiblesses des autres nationalités. Les blagues sur les Belges en attestent ! Les Américains échappent à leurs critiques puisqu’il existe une pression « culturelle » constante des USA sur notre société pour valoriser leur action. Par curiosité il faudrait un soir recenser la part faite aux films, aux séries, aux émissions venues d’Outre-Atlantique sur l’ensemble de la TNT. Il arrive même que ce soit l’intégralité des programmations. L’arrivée de Trump a un peu modifié cette imprégnation aussi dangereuse qu’une maladie contagieuse car elle devient une pandémie outrancière ne pouvant être stoppée par tous les moyens connus. Nous deviendrions plus intelligents et plus performants en singeant les us et coutumes de ce pays où les inégalités sociales atteignent des niveaux outranciers, où l’éducation, la culture et la santé plongent des millions de personnes dans le degré zéro des évolutions positives, où le racisme a regagné du terrain et où la vie politique repose sur le fric !

Il existe des chantres de l’Amérique de Trump puisqu’il ne faut jamais oublier qu’il a été élu selon le système des primaires et du suffrage indirect que nous rêvons d’adopter. Or son pays est en grande partie à son image.Il faut admettre que la réalité est largement éloignée du rêve et l’abêtissement du peuple atteint aux USA des niveaux comparables à celui de leur Président ! Il serait présomptueux d’affirmer que nous en sommes très éloignés alors que chaque jour nous en approche davantage. L’acculturation française générale devient très préoccupante sur tous les plans même si la caricature américaine nous laisse encore de la marge il faudrait un vrai sursaut que le monde de la finance triomphante n’attend pas vraiment!

Ainsi des dizaines de millions d’Américains croient que la couleur du lait qu’ils boivent a un lien direct avec la couleur des vaches. Cette idiotie est en effet valable pour 7% des Américains, si l’on en croit un sondage en ligne du National Dairy Council dont le Washington Post rapporte les résultats. Ainsi pas moins de 16,4 millions d’entre eux penseraient que le lait chocolaté est issu directement du pis des vaches… marron. Bien que déstabilisants, ces résultats ne sont pas forcément surprenants tant une partie non négligeable des Américains sont ignorants en matière d’agriculture, rappelle le journal US. Les Américains pensent simplement que s’ils ont besoin de nourriture, il n’y a qu’à aller au magasin. Rien ni personne n’apprend aux enfants la provenance des aliments ce qui bien évidemment n’est pas le cas en France où il suffit de voir la réaction des élèves dans les restaurants scolaires pour comprendre l’étendue des dégâts. En Gironde par exemple on estime à 1,9 millions de repas servis dans les collèges qui partent intégralement à la poubelle ! ignorance totale ou refus d’une alimentation non standardisée (pâtes, riz, frites). En 2011, une étude réalisée auprès d’élèves d’une école en Californie révélait que plus de la moitié d’entre eux ignoraient que les cornichons étaient des concombres, les oignons et la laitue des plantes. Pire, 40% d’entre eux ne savaient même pas que les hamburgers étaient à base de bœuf et trois élèves sur dix que le fromage était fabriqué à partir de lait. Plus consternant encore, les « frites » apparaissent au premier rang des « légumes » les plus consommés par les Américains. Un certain nombre d’entre eux, notamment des enfants, ignorent de fait que les frites sont… en fait des pommes de terre. Et ça empire !

Un jour ils seront consommateurs dans un système de l’offre artificielle croissante et donc dans l’ignorance totale de la valeur des achats à effectuer. C’est déjà le cas en France! Les produits bruts vont peu à peu disparaître du paysage afin de laisser place à des transformations aseptisées, standardisées et même intégralement « chimiquisées ». L’ignorance gagne du terrain alors que souvent la culture exotique, ésotérique, artificielle comble les trous de cette connaissance basique inconnue. Qui parle agriculture en milieu scolaire ? Qui tente de passionner les enfants pour un jardin (en dehors de la tonte de la pelouse) ? Qui plante encore des arbres fruitiers plutôt que des arbres décoratifs ? Qui préfère encore sa cuisine congelée en saison aux plats cuisines congelés tout-prêts hors saison ? Lentement mais inexorablement un fossé va se creuser entre la réalité des champs et la virtualité d’une nature menacée.

Le sondage américain me remet en mémoire une discussion que j’avais eu à Ouagadougou lors du festival du film avec un jeune burkinabé chassé de Côte d’Ivoire. Il me sollicitait pour que je lui donne un travail lui permettant de manger. Un échange s’en suivit devant une bière ! « Vous savez ici au Burkina on ne peut manger que si on a de l’argent ? En Côte d’Ivoire tout poussait dans les plantations où j’étais. On avait du manioc entre les bananiers et si on avait faim on cueillait au minimum des fruits… ici pas d’argent… pas de nourriture et je crève de faim car je n’ai pas d’argent et rien à récupérer pour manger ! ». Il était passé comme beaucoup de la société de subsistance à la société d’assistance pour survivre. Autour de lui la culture du manioc, des tomates, des concombres, des patates douces n’existait pas… et peu à peu elle était remplacée par la culture des chips, des sauces tomates, du riz et de la bière importés des USA !