Il y a des classements qui impressionnent surtout en cette période de réunion des conseils de classes. En fait la lutte finale qui permet de distribuer les prix d’honneur ou les félicitations est de plus en plus sévère. On dit même que 2017 aura été la plus ardue de toutes celles qui ont été recensées officiellement. Elle ressemble à ces concours où les cracks raflent les premières places à un niveau toujours plus élevé. En fait grâce au magazine de la droite libérale, on apprend que le palmarès a nécessité beaucoup d’efforts de la part de celles (rares) et ceux qui y figurent ! J’ai en mémoire les collèges publics qui publiaient chaque année dans Sud-Ouest les noms des reçus aux épreuves de fin d’année scolaire afin de mettre en valeur la qualité de leur enseignement.

Sur les pages glacées de Challenges il en est de même puisque on y retrouve les 500 personnes ayant le mieux réussi dans la vie… puisque les plus fortunées du pays ! Peu importe les moyens, peu importe les mérites, peu importe les conséquences : eux ont atteint leur but. Ils sont encore plus riches que l’année précédente ! Et dire que ces dernières années on nous bassiné avec les difficultés traversées par ces gens bien élevés chez qui on sait compter !

La fortune de ce top 10 composés de gens qui eux ne sont pas surtout pas « licenciés » a progressé de 35% par rapport à 2016. Le patrimoine des plus grosses fortunes françaises a enregistré une forte croissance au cours de ces vingt dernières années. Depuis 1996, le patrimoine des dix premiers du classement a été multiplié par douze. Une vraie réussite que ne manquera pas de souligner les analystes de ce milieu dont on sait combien ils est attaché aux valeurs. Les 500 Français les plus fortunés de France possèdent en effet 571 milliards d’euros, soit la bagatelle de 117 milliards de plus qu’en 2016 (+26%).

Entre 1996 et 2017, le montant total de la fortune des 500 plus riches a été multiplié par sept tandis que le PIB français a seulement doublé durant la même période. Ainsi, les actifs des « 500 » ont progressé, en valeur, trois fois et demi plus vite depuis 1996 que la production de richesse en France, avec une accentuation particulière parmi les plus grandes fortunes. La fortune minimale d’insertion dans le classement a quant à elle presque décuplé en l’espace de 21 ans, atteignant 130 millions d’euros cette année soit simplement 356 000 € de revenu par jour. Et c’est le plus pauvre…

La surprise est venue de la tête du classement où la lutte a été farouche pour la première place. Grâce à son talent et surtout ses bonnes notes décernées par les analystes un certain Bernard Arnault, PDG de LVMH, s’impose avec quasiment 50 milliards d’€ soit pour lui une possibilité de dépense quotidienne de 140 millions d’€ soit 5,8 millions à l’heure ! Il a galéré pour obtenir un tel potentiel ? Même pas puisqu’il devance « mamie » Bettencourt qui a connu une faiblesse avec seulement 35,8 milliards ! Il faut dire que la seule annonce d’une éventuelle cession des actions Loréal par le groupe Nestlé lui a permis de gagner 4 % en une seule séance. Elle qui est boursière depuis très longtemps a de la ressource et des mérites. Elle reste cependant sur le podium devant la famille Dumas (Hermès International) qui tient bon. Les Dumas ont eu chaud puisqu’elle finit par devancer de quelques millions les Mulliez (Groupe Auchan) grâce à une forte progression de l’action en bourse (+36%), qui porte la fortune du gérant d’Hermès International à 30,85 milliards d’euros. Le patron de Free Xavier Niel fait cette année son entrée dans le top 10, aux dépens de Vincent Bolloré dont la famille est très déçu par ses résultats ! On ne sait pas encore si on ne va pas le faire redoubler ou le mettre en pension !

Est-il utile de rappeler que dans notre belle France de l’égalité, de la fraternité 5 millions de pauvres (personnes vivant avec moins de 50 % du revenu médian soit moins de 848 € par mois) avec une progression de 950 000 cas supplémentaires en 10 ans ! Bien évidemment les enfants de cette classe ignore totalement que 60 % des enfants des ouvriers qu’ils exploitent sortent du système scolaire sans diplôme ! Pas grave direz-vous puisqu’ils ont l’espoir de gagner à l’Euromillions alors que les autres n’y jouent pas. Si on leur annonce que parmi les 10 % des ménages les plus pauvres 1 sur 3 habite dans un logement surpeuplé ! Les immigrés (eux disent les migrants) qui combinent bas revenus et familles plus nombreuses, sont particulièrement touchés par ce fléau : ils sont 26,1 % à vivre dans un logement trop exigu soir près de quatre fois plus que les ménages non immigrés. La lutte des classes est morte ! Enfin presque…