Mios

Discours prononcé au nom du Président du conseil départemental à la cérémonie de lancement du chantier de l’école publique de Mios.

« Permettez-moi, mesdames messieurs, de vous demander de bien vouloir excuser ce soir l’absence de Jean-Luc Gleyze, Président du conseil départemental engagé depuis plusieurs semaines dans le dialogue avec les intercommunalités sur l’important sujet du chef de filât ouvert par une loi NOTRe dont on sait, toutes et tous ici, ce soir, combien elle a simplifié la donne territoriale. Enfin presque ! Il aurait eu grand plaisir, monsieur le Préfet, monsieur le Sous-Préfet, madame la vice-présidente du Sénat encore pour quelques heures, madame et monsieur chers collègues conseillers départementaux, monsieur le Maire, mesdames et messieurs les membres de l’équipe municipale miossaise, mesdames et messieurs les membres de l’éducation nationale des services de l’état, mesdames et messieurs les parents des élèves à participer à cette pose de la première pierre d’une école publique, laïque, bâtiment hautement symbolique de l’importance accordée sur cette commune à l’épanouissement de tous les enfants.
Pour le conseil départemental cette initiative de la construction d’un groupe scolaire aussi ambitieux que celui qui a été programmé, permet de démontrer que nous jouons pleinement notre rôle dans le développement équilibré de tous les territoires girondins. Il ne faut en effet jamais oublier que si près de 20 000 nouveaux habitants arrivent chaque année en solde migratoire positif sur notre département, plus de 60 % d’entre eux s’installent hors des frontières actuelles de la Métropole.
Dans le cadre de ses politiques contractuelles (contrat d’aménagement d’écoles, contrats territoriaux) notre assemblée départementale s’affirme toujours plus comme le partenaire des communes. Elle n’a jamais renoncé, au nom de la solidarité humaine et surtout territoriale, à accompagner les municipalités qui, comme vous, faites de l’éducation une priorité absolue.
Ce soir sous cette première pierre symbolique se trouve une aide globale de 320 000 € qui s’ajoutent à celle qui avait été antérieurement accordée pour divers programmes fléchés sur l’enseignement à hauteur de 160 000 € et sur l’accompagnement des aménagements extérieurs du collège à hauteur de 508 000 €. Nous sommes à courte distance d’un collège neuf de 15 millions d’€ exclusivement financé par le département et d’ici 2023 nous investiront plus de 400 millions d’€ dans un programme ambitieux de construction d’établissements destinés à répondre à une croissance démographique que la construction de cette école démontre. Sur ce site ce sont donc près de 20 millions qui ont été investis pour les jeunes du territoire ou de la commune ! Heureusement que les collectivités locales sont là ! Pas question de baisser les bras, de se lamenter sur notre budget de plus en plus contraint par l’explosion de la précarité ou des besoins sociaux : nous tablons sur l’éducation comme facteur d’équilibre décisif pour l’avenir des enfants qu’il nous appartient de mettre dans les meilleures conditions de travail.
Il y a cinquante ans, à 20 ans, j’avais effectué le 25 septembre 1967 mon premier jour de rentrée d’instituteur dans une école publique bricolée et vieillotte à Castillon la Bataille face à 37 élèves du cours moyen 1 pas encore traumatisés ou épuisés par une semaine de 5 jours complets de classe.
Nul instituteur n’a oublié sa première rentrée. Nul instituteur n’oubliait cette mission inculquée par l’Ecole normale afin que chaque enfant confié par les familles ait les chances de s’émanciper par l’éducation et le savoir. Nul instituteur ne peut oublier qu’il existe des bâtiments dédiés à l’école plus beaux et fonctionnels les uns et les autres ! Alors imaginez combien il m’est agréable de participer un demi-siècle plus tard à cette cérémonie résolument tournée sur l’avenir, sur votre avenir et sur notre avenir !
Mon émotion est toujours forte quand je suis associé à la naissance de ce qui doit être le plus beau bâtiment communal, car c’est celui où les enfants doivent devenir des citoyens égaux, libres et fraternels !
Je sais trop ce que l’école m’a apporté dans le passé pour ne pas vouloir en tant qu’élu local le restituer au futur des autres. Aux côtés de Jean-Luc Gleyze nous nous y employons chaque jour !
Ainsi en cette année, en 2017, le conseil départemental consacrera plus de 31 millions d’€ (contre 27 l’an passé) d’aides directes aux communes et aux intercommunalités dont plus de 15 % seront consacrés aux seules écoles, pourtant pas compétence directe du département !
C’est un choix que nous voulons ! C’est un choix de solidarité. C’est un choix que la majorité départementale assume au moment du vote du budget et qu’elle confortera prochainement lors des ajustements budgétaires de fin d’année. C’est un choix fondamental !
Mesdames, messieurs, « pour faire un citoyen, il faut commencer par faire un homme… Ouvrons des écoles partout ! Quand on n’a pas en soi la lumière intérieure que donne l’instruction on n’est pas un homme. On n’est qu’une tête du troupeau multitude qui se laisse faire et que le maître mène tantôt à la pâture, tantôt à abattoir. Dans la créature humaine ce qui résiste à la servitude ce n’est pas la matière c’est l’intelligence. La liberté commence là où l’ignorance finit » Ces conseils de Victor Hugo trouvent ici, ce soir, une concrétisation parfaite grâce à la volonté d’une équipe municipale audacieuse et courageuse dans le contexte incertain qui règne autour des collectivités territoriales.
Le conseil départemental sera, je vous l’assure, toujours aux côtés de celles et ceux qui préfèrent l’action à la lamentation, le progrès à la réaction, la solidarité active à la passivité facile, la construction utile à la démolition absurde.
Monsieur le Maire, cher Cédric, cette première pierre qui sera suivie dans les délais, je n’en doute pas, grâce à la compétence du maître d’œuvre et des entreprises, de bien d’autres encore plus essentielles, a la valeur inestimable de l’espoir d’un monde meilleur.
« Terre vives » sera le nom de votre école. Un nom qui associe deux notions essentielles : l’attachement à une terre porteuse des récoltes prometteuses, celles de l’éducation et le bonheur collectif de semer à la vie par le savoir ! L’utopie n’est pas l’irréalisable. C’est l’irréalisé !
Bravo à tous les « parents » à tous les « instituteurs », au sens de ceux qui instituent, de ce projet car vous avez ce soir fait un pas pour transformer une utopie en réalité ce qui n’est pas si répandu que ça ! Que vive bien ce nouveau creuset républicain en devenir de l’éducation !
Vive Mios et la future école Terres vives qui devra un peu de sa croissance au conseil départemental solidaire des territoires et des femmes, des hommes et des enfants qui en font l’âme et la richesse !