Bien des élu(e)s présent(e)s au congrès de l’assemblée des départements de France à Marseille attendaient beaucoup de la venue du Premier ministre… Mais comme ils le craignaient, « c’était flou, il y avait donc bien un loup ! » et ils sont repartis toutes tendances confondues avec une émère déception vers leurs territoires.
Durant 30 minutes, le Premier ministre a repris point par point les enjeux des départements pour expliquer, en toute franchise, « qu’il n’annonçait pas ce qu’il ne tenait pas ». Il n’a donc quasiment rien annoncé, rien clarifié et rien proposé, si ce n’est des approximations et des consultations. Une mise en oeuvre concrète du célèbre principe de Georges Clémenceau :  » quand on ne peut pas prendre une décision on crée une commission! » Il est est en vigueur en France depuis des décennies mais depuis quelques mois il atteint le niveau du dogme. Surtout pas de concret (en dehors des baisses des efforts du milieu économique ou des plus aisés de nos concitoyens) sur la valeur essentielle de notre société républicaine : la solidarité humaine !
Le Gouvernement continue sa logique d’évitement. On ne peut pas être rationnel et pragmatique et en même temps ne jamais apporter de solutions concrètes ou de perspectives claires aux difficulté du quotidien ressentie par des millions de personnes : difficultés sociales fortes, difficultés du vieillissement, difficultés du monde du handicap, accueil d’une jeunesse en détresse profonde, augmentaton des charges transférées vers la proximité sans les crédits nécessaires.
Certes parmi les grandes conditions posées par la motion unanime des élus départementaux, deux semblent avoir été entendues mais le Gouvernement reste imprécis et hors sujet concernant le financement des allocations individuelles de solidarité et le respect de la libre administration des collectivités qu’elle soit financière ou institutionnelle. Dans le genre : « vous avez raison sur le fond, je vous ai entendu mais je ne fais rien ! » ce fut une exemple parfait ! Aucun chiffre, aucun délai, aucune prespective si ce n’est que des créations d’entités diverses (groupes de travail, commissions plus ou moins spécialisées, rencontres entre élus sachants…) qui devront se voir pour déterminer ensuite, entre eux, quand ils se reverront. Et pendant ce temps la France des territoires souffre de l’inaction et d’un délaisement ressenti qui s’amplifie.
Ainsi concernant les mineurs non accompagnés, il a été pris acte de l’intention affirmée par le Gouvernement qui correspond à la parole du Président de la République, de prendre le problème de leur arrivée massive sur le territoire. L’Etat qui a supprimé des miliers de postes de fonctionnaires prétend enfin asssumer l’une de ses charges régalienes sans que l’on sache vraiemnt dans quelles conditions et à quel niveau et surtout comment il le fera ! Les clarifications formelles sur la mise en œuvre de leur prise en charge, de leur mise à l’abri et de l’évaluation de leur minorité ne sont pas venues. Des crédits seront inscrits en 2018 mais nul ne sait la manière dont ils pourront être utilisés.
Dans le même temps qu’il augmente sans cesse le délestage des vrais problèmes du quotidien vers les Départements et donc accroît démesurément leurs dépenses le gouvernement annonce une « recentralisation » via un contrôle des Préfets sur leur gestion. Des normes abérrentes de gestion, ne tenant pas compte des obligations faites, des augmentations rélels de charges contraintes, des croissansces démographiques, des charges assumées pour le compte d’un Etat défaillant.
Il est temps de sortir de la théorie et enfin de donner des réponses concrètes à des réalités sociales inquiétantes mais qui semblent désormais ne plus appartenir à la ligne de pensée d »un « nouveau monde ». Ne pas soutenir la solidarité humaine ou territoriale c’est vraiment conduire le pays vers l’abîme des idées extrémistes portées par les populismes de toutes origines. Le mépris pour les élus de terrain confrontés chaque jour à la dureté de ce qui n’est plus une fracture mais un ravin qui se creuse par des élites technoctratiques influnecés par la gestion comptable de la société va grandissant. C’est un constat : la caste réputée « gestionnaire » n’a jamais été aussi dominante et oublieuse de l’Humain! Je crains que le pire soit devant nous !