âgés

Le Président de la République en marche pour lequel 83% des Français n’ont pas voté pour lui au premier tour de l’élection permettant d’accéder à l’Élysée a tenté de justifier la ponction effectuée via la CSG sur les retraites. Il a déclaré : « Je sais que je demande un effort aux plus âgés, que parfois certains râlent, ça ne rend pas forcement populaire mais je l’assume » ajoutant « C’est comme quand on refait en profondeur une maison. Au début on voit les plans, on se projette. Et après on commence les travaux, il y a un moment ça sent la peinture, y a des courants d’air, il fait plus froid, on se demande pourquoi on a fait tout ça… ». Pour mettre bien en évidence des propos qui se veulent francs et directs il s’est fendu d’une petite phrase se voulant pédagogique ou démagogique selon de quel coté on se place : « Il faut avoir la patience de rappeler pourquoi on le fait, d’avoir des désagréments passagers parce, qu’a la fin c’est quand même mieux qu’au début ». Il a rappelé que la première baisse de la taxe d’habitation interviendrait en octobre… et qu’alors les ponctionnés rentreraient dans leurs fonds initiaux. Une vision très schématique ressemblant à de la dorure de pilule amère puisqu’il manque pas mal de paramètres. La tendance actuelle de la généralisation permet d’affirmer des « vérités » ne tenant pas compte de la réalité et en plus dans ce cas là elle s’accompagne d’une leçon de morale républicaine qui passe mal !
D’abord il n’est pas inutile de rappeler que le lien entre les deux décisions (augmentation et de la CSG et exonération de la taxe d’habitation) n’existe absolument pas puisque une bonne part de celles et ceux qui verront leur pouvoir d’achat amputé par la CSG (60 % des retraités) accrue ne seront absolument pas dans la fourchette des gens ne payant plus la TH (80 % des foyers). Il y aura donc même des milliers de retraités qui se verront appliquée la double peine et même parfois la triple peine puisque les bases de leur habitation augmentant automatiquement de 1,2 % (décision de l’État) et leur municipalité pouvant augmenter le taux ils risquent d’avoir une bien belle ardoise en octobre ! Il oublie d’expliquer que pour un début il y a une mesure générale au-dessus d’un niveau brut de pension très modeste et une « remise » par contre partielle au-dessus d’un autre seuil… Au début il y aura celles et ceux qui paieront et à la fin il y a celles et ceux qui paieront autrement !
Ces fameux « plus âgés » auxquels le gouvernement (plus exactement Bercy) demande « un effort » en font déjà beaucoup sans qu’ils soient nécessairement connus et reconnus. Ils sont ainsi malheureusement pour certain(e)s d’entre eux de fort pourvoyeurs d’emplois. La dépendance dont ils sont souvent plus ou moins atteint représente dans le pays des milliers d’emplois directs ou indirects dont les ménages financent environ 8 milliards d’euros en 2016 sur leurs retraites en plus des aides publiques. Il devrait atteindre 16,6 milliards d’ici 2020… et ils sont déjà 1,2 millions à avoir amputé leurs revenus d’une assurance dépendance pour éviter de ponctionner ceux de leurs enfants ! Il s’agit d’une contribution tangible, contrôlable des « plus âgés » envers les actifs plus jeunes qui leur rendent bien évidemment des services indispensables.
Si on ajoutait la participation partielle ou complète des plus atteints d’entre eux au coût des EHPAD ou désormais dans les résidences services privées on obtiendrait des montants sans rapport avec l’exonération de la TH ! Même si c’est à l’insu de leur plein gré pour beaucoup d’entre eux les actes de solidarité sont déjà bien réel vis à vis des jeunes générations. On pets ans grand risque ajouter que beaucoup d’entre eux (et pas forcément les plus aisés) contribuent souvent à l’amélioration des situations sociales de leurs enfants ou participent aussi au soutien financier des petits-enfants.
Combien d’entre eux gardent les petits-enfants pour éviter que les parents aient à payer les personnes ou les lieux d’accueil ? Combien sont des bénévoles actifs dans le milieu associatif et apportent un vrai bénéfice réel à une société où tout est « marchandisé » ? Ne sont-ils pas parmi les plus larges contributeurs aux organismes ayant en charge la solidarité active ? Les « plus âgés », c’est à dire en fait celles et ceux ayant fait valoir leur droit à pension, pèsent via la TVA sur la consommation de biens et de services un poids essentiel dans les recettes de l’État !
La meilleure des manières pour que « la fin soit meilleure que le début » serait que le montant des pensions permette aux retraités de faire face correctement aux nécessités financières que leur impose leur état de santé ou leur isolement. Or sur la base de la forte discontinuité des parcours professionnels il est quasiment certain que la fin ne soit pas exactement meilleure pour les générations à venir que pour celles qui sont appelées à entrer dans un système de la solidarité contrainte ! Il faut en effet se rappeler que les jeunes d’aujourd’hui ne sont en fait que les « plus âgés » de demain… ils feraient bien de se méfier ! Au fait la maison présidentielle en construction sera-t-elle exonérée de TH ?