Le fameux FMI dont désormais Merkel, tellement confiante dans ses services veut s’affranchir en créant un Fonds monétaire européen (FME) continue à distiller ses diagnostics et ses prescriptions dans les pays « malades » qui dépendent de son bon vouloir. C’est ainsi qu’il décerne ses satisfecits et ses condamnations alors que bien des experts se posent ouvertement la fiabilité de son action. Ultra-libéral et asocial cet organisme strictement financier tuent les démocraties les unes après les autres pour les précipiter dans les bras du populisme. En venant en France il lui était difficile de ne pas louer les mérites du gouvernement actuel dont les conseillers sont fortement imprégnés de la culture sous-tendu par le monde du profit. Pour le FMI « l’économie française connaît une reprise vigoureuse, portée par des conditions favorables à l’échelle nationale et…mondiale .
En s’appuyant sur des perspectives favorables, les autorités devraient principalement s’attaquer aux enjeux à long terme et accroître la résilience aux chocs ». La traduction c’est qu’il faut poursuivre la démolition le système français de la solidarité sociale et imposer une vision individualiste de la société. Les réformes qui se succèdent sont présentées par ces juges ne devant rendre aucun compte aux électrices et aux électeurs français c’est que notre pays «  a accompli des progrès impressionnants » Mais attention ce n’est pa suffisant car il est indispensable de profiter de l’apathie majoritaire pour « parachever et mettre par exemple en œuvre les réformes prévues de la formation professionnelle et de l’apprentissage afin de réduire l’inadéquation entre la demande et l’offre de travail, de faire baisser le chômage structurel et d’améliorer les débouchés des groupes désavantagés (sic) ».
De quel droit le FMI vient par exemple annoncer haut et fort qu’il est indispensable de « poursuivre les réformes complémentaires des marchés de produits et de services afin d’ouvrir le secteur des chemins de fer à la concurrence et de réduire la charge administrative des entreprises, tout en continuant de libéraliser les professions protégées ». Les grèves de la SNCF contre ces orientations devraient être dirigées contre le FMI puisque il est aisé de constater que le gouvernement jupitérien est soumis aux ordres de cet organisme !
Il faut cependant reconnaître que ces inspecteurs de l’orthodoxie politique relative les succès vanté sans cesse par des médiss hexagonaux complaisants. Ils ont par exemple oublié de relever que le mérite de « la croissance du PIB réel qui se serait accéléré en 2017, pour atteindre 2,3 %, portée par des réformes domestiques ne serait du, non pas aux mérites des penseurs de Bercy mais à «  une politique monétaire accommodante et un environnement mondial favorable ». c’est à dire que n’importe quel gouvernement aurait obtenu les mêmes résultats ! Et ces spécialistes d’expliquer que si « les perspectives sont favorables, même si elles sont exposées à des risques de dégradation ». D’ailleurs si on est un tantinet objectif il faut admettre que les folies protectionnistes unilatérales de Trump, la montée croissante des demandes de déstructuration de l’Europe, les tensions avec la Chine, la menace d’une guerre catastrophique au moyen-Orient, les graves problèmes politiques rencontrés dans des pays basculant dans un populisme démagogique et la remontée des taux d’intérêt peuvent provoquer une nouvelle crise en France. Les réformes deviendraient alors insupportables et tout est à craindre lors des prochaines échéances électorales. Le FMI aura réussi à fait basculer (hormis le Portugal) les peuples vers un rejet absolu des « réformes » que pourtant il recommande de « poursuivre » à marches forcées.
Sur le marché du travail, les mesures prises offrent une plus grande flexibilité et une simplification des négociations salariales au niveau des entreprises, tout en réduisant l’incertitude juridique entourant les licenciements. Un bon point ! Sur le plan de la fiscalité, les réformes ont réduit la charge sur le revenu du travail, ont abaissé l’impôt sur les bénéfices des sociétés et ont remanié l’imposition du capital : Un second bon point ! Pas suffisant… et encore peu efficace car il faut aller plus loin avec « une deuxième phase de réformes du marché du travail pour améliorer les perspectives des travailleurs peu qualifiés. » Bien évidemment des louanges ont tressées au système « Parcoursup » (le FMI s’interesse donc à tout!) qui doit participer à la réduction « du chômage structurel en alignant mieux les compétences des travailleurs sur les qualifications dont les entreprises ont besoin ».
Le FMI salue « l’intention des autorités de restructurer la Société Nationale des Chemins de Fer et d’améliorer sa viabilité financière tandis que le secteur s’ouvre à la concurrence. » ce qui démontre une ingérence très prononcée dans les décisions liées aux processus démocratiques en vigueur dans le pays. Dans le fond inutile d’écouter les messages présidentiels puisque les inspecteurs donnent leurs ordres  que voici :
« les prestations sociales pourraient mieux être ciblées sur ceux qui en ont besoin et être simplifiées;
les dépenses de santé pourraient être maîtrisées sans compromettre les résultats, notamment en recourant davantage aux médicaments génériques, en réformant les hôpitaux et les soins de base, et en intégrant mieux les différents niveaux de soins;
la réforme des retraites en cours de consultation, qui a pour objectif d’unifier les différents régimes et de simplifier le système, pourrait aussi prévoir de relever progressivement l’âge effectif de départ à la retraite en tenant compte de l’allongement de la durée de vie et en le rapprochant des pays européens comparables.
la réforme prévue du service public , notamment le recours accru aux contrats à durée déterminée, les plans de départs volontaires et l’établissement d’un système de rémunération au mérite, pourrait être complétée par des réductions supplémentaires et ciblées des effectifs de fonctionnaires par attrition;
quant aux collectivités locales, outre les plans actuels, la fusion des petites municipalités et l’élimination des doublons entre les fonctions des collectivités locales et de l’administration centrale pourraient créer de nouvelles économies d’efficience. »
Allez voici donc ce qui vous attend dans les prochains mois : inutile de discuter au Parlement ou à aller dans la rue  ! C’est exécutoire avant 2020 !