On ne cause plus trop de « guerre » pour la lutte contre le Covid-19. Le mot est infiniment moins utilisé qu’il le fut au début de l’épidémie devenue progressivement pandémie avant de virer au troisième affrontement mondial contre un ennemi invisible n’ayant ni drapeau, ni armée, ni frontières. Les héros des premiers combats ont été vite identifiés mais désormais ils ne sont beaucoup plus considérés que comme de grands professionnels accomplissant une mission au péril de leur vie. Ils ont affronté le danger sans forcément avoir les armes nécessaires ou au minimum les défenses indispensables. C’est surtout leur mérite… comme celui des soldats de Verdun qui montaient au front en connaissant les risques!

Le généralissime s’est rendu sur tous les théâtres d’opérations en oubliant ces derniers temps de convier les caméras et les appareils photo au cas où quelques « obus » contestataires seraient tombés sur la tranchée. Le filon de la communication à la Clémenceau commence à être épuisé. Les médias beaucoup plus calmes attendent désormais des informations sur la fin du confinement et ils espérent connaître la date de l’armistice. La médiation de masse qui a remplacé la propagande se déploie tous azimuts avec des scoops et son lot de « tout et son contraire ». Elle s’adapte avec une seule obsession : dissimuler les ratés d’une gouvernance basée sur l’adaptation décalée et sur une vraie coupure gouvernementale entre la préservation de l’économie et celle de la santé.

Ce soir sur les étranges lucarnes le chef ayant parcouru tous les sentiers de la guerre possibles et imaginables va délivrer la vérité au peuple. Inutile d’espérer autre chose que : tenez bon dans la tempête… on veille sur vous! Confiance et patience ! Il promettra du « temps et des alarmes ». Il annoncera que le joli mois de mai se passera en 2020 de la fée clochette et que les ponts habituels ne permettront que d’aller du salon à la cuisine ou de la chambre à coucher à la salle de bains. Comme le masque à gaz avait fait son apparition après l’arrivée des gaz moutarde ceux en tissu attendront que les stocks soient suffisants pour devenir indispensables. Et on repousse les bons de sortie!

Il restera sur le thème de la « guerre » qui elle ne permet aucune relâche. Sauf que là il ne s’agit plus d’appeler à la mobilisation mais au confinement supplémentaire. Il ne s’agit plus de partir au combat mais de l’éviter au maximum. Le système sanitaire désormais paré de tous les mérites que l’on perçoit de son canapé quand on succombe à la tentation de se droguer aux consultants des plateaux télé sera encensé ! Il sera couvert de promesses étalées sur cinq ans car c’est le délai minumum pour qu’un Etat centralisateur décide de construire quelque chose de constructif et qu’il sorte du tunnel de Bercy.

Le duo Lemaire-Darmanin qui a amputé, sectionné, broyé, dépecé le service public a déjà prévenu qu’il ne fallait pas rêver. Il y aura des lendemains qui déchantent d’autant que la France n’a pas d’autres choix que celui de gonfler la dette. C’est indispensable et nul ne saurait critiquer cette option dans le contexte actuel mais la revendication d’une annulation pure et simple de ces milliers de milliards de monnaie ne figurera pas dans les propos présidentiels.

Il faudrait pourtant vite tourner le dos aux dogmes néo-libéraux. Les lois du profit privé, du tout financier, de la mondialisations alvatrice, de la rupture des principes de l’impôt proprtionnel servant à la solidarité humaine, de la décentralisation eds énergies et des intiatives, la prééminence du marché ont démontré leur échec total ! Faute de l’admettre c’est mettre à terme le pays à feu et à sang.

Par contre le pape a ouvert la voie en proposant de prendre en « considération des circonstances, que soient relâchées aussi les sanctions internationales qui empêchent aux pays qui en sont l’objet de fournir un soutien convenable à leurs citoyens, et que tous les États se mettent en condition de faire front aux nécessités majeures du moment, en réduisant, si non carrément en remettant, la dette qui pèse sur les budgets des plus pauvres » Il pensait peut-être aussi à la France puisque nous pourrions approcher situations ayant valu bien des soucis à la Grèce. Si le pape a ainsi béni les armées des contestataires réclamant l’annulation de la dette il ne saurait être question de ne pas le réclamer pour tous les états en difficulté !

Le lundi de Pâques est après les sept jours réputés pour les croyants douloureux et dramatiques de la Passion du Christ le premier jour d’une nouvelle période, qui inaugure un temps nouveau de paix et de joie. C’est un « huitième jour » destiné à durer toute une semaine de sept dimanches et à préfigurer une éternité paisible et radieuse ! Ecoutez donc sereinement la déclaration du chef dune guerre qui n’en a jamais été une ! Une absurdité qui se paiera au prix fort !