Le bal masqué du Fort de Guingasson offert au gouvernement a été un véritable succès. Tous les ministres avaient vraiment accompli des prouesses pour se mettre au diapason des envies de Choupinet. Avec une pointe d’humour le garde des sceaux étaient arrivé en habit de Président de la cour de cassation avec la blanche hermine en guise de parure rehaussant sa toge rouge. Le costume genre Cétélem illustra à merveille la volonté d’aller vers la transition énergétique portée par la nouvelle star de l’écologie.

Certes il y eut un moment de panique quand un CRS en tenue de combat Robokop, vif comme l’éclair se présenta en hurlant : « à genoux ou je tire ! Mains sur la tête…Ne m’obligez pas à le répéter ! » Il fallut l’intervention de la garde rapprochée de Choupinet pour le ramener à la raison et le persuader que les gens masqués ne voulaient pas prendre les hôtes du Fort en otages.

« Fais pas le con Gérald ! C’est nous lui ! Arrête ! » avait lancé, très agacé par ce dérapage, Jean Latex habillé en supporter catalan sang et or. Mais incontestablement la sensation vint du président de l’Assemblée habillé en… maréchal ce que bien de ses collègues ne comprirent guère.

La fameuse stratégie de la cohésion par l’apéro se révéla productive. Quand l’heure de la séparation fut venue, l’intégration était en effet parfaite. Le jeu des chaises musicales avait premier de constater que certain.e.s avaient une promptitude inégalée à pousser vers le sortie leurs rivaux potentiels à un fauteuil ministériel. La majorité des convives masculins, rompue à cette exercice, se chargea de se remettre à niveau les débutantes peu habituées à cette lutte impitoyable pour un maroquin.

L’organisatrice de la soirée eut bien du mal à maîtriser l’organisation de ce bal de rentrée au creux de l’été. En effet en comptant le nombre des participant.e.s masqué.e.s elle découvrit que la liste s’était allongée de deux participant.e.s non invités ! Il lui fut aisé de les repérer tant il se distinguait du reste de la troupe.

Au centre de la terrasse, un Roi de Navarre porteur d’une culotte bouffante et d’un pourpoint jaune, entouré de ses fidèles distribuait les consignes : « allez me chercher de quoi me sustenter ! ordonnait-il mais, ni à gauche, ni à droite… Enfin prenez surtout à droite ! » Personne ne songea à le démentir. Choupinet contrarié par cette audace ne lui adressa pas la parole  de la soirée. Il en avait marre du François de Pau !

Le second intrus fut plus difficile à démasquer. Il se faisait discret, affublé d’une longue veste rouge sur un pantalon noir , il maniait les cartes avec dextérité allant d’un groupe à l’autre pour tenter de récupérer quelques paris ! La gouvernante finit par identifier celui qui n’avait pu entrer sans la complicité du service d’ordre. Le reconverti dans les salles de jeu bénéficiait du fait qu’avant d’être dehors il avait été à l’intérieur…et qu’il connaissait donc bien la maison !

L’expulser aurait été une cruelle punition, lui, qui durant sa période gouvernementale avait passé son temps à renvoyer les autres ! C’était oublier le membre de la compagnie »républicaine » de sécurité qui se montra inflexible. Après avoir contrôlé les papiers du « joker » et vérifié qu’il n’avait pas de titre de séjour au Fort de Guingasson en règle, il le fit empoigner par ses sbires postés sur les remparts et le jeta sur le pavé devant l’entrée ! Une humiliation que dénoncèrent aussitôt les syndicats de policiers solidaires de leur pote !

Choupinet ne démontra aucun agacement et sourit même en voyant la scène ! Ce fut le seul incident de cette rencontre ! Il y eut néanmoins un moment de flottement quand le maître des lieux indiqua que toutes celles et tous ceux qui ne souhaitaient pas au Fort devraient retourner à leur hôtel à vélo ! Les journalistes guettant à la sortie, il fallait donner une bonne image et contourner le piège tendu par Robokop qui avait posté des contrôles d’alcoolémie sélectifs pour se constituer, au cas où, certain.e.s veuillent se mettre en travers de sa route. Les fichiers constituent désormais les meilleurs arguments politiques.

La soirée ne se termina pas très tard puisque le lendemain tout le monde devait se retrouver à Paris pour se pencher sur la mis en œuvre de l’obligation de porter le masque dans les lieux publics clos. Choupinet imprudent avait annoncé que ce serait le 1° août avant d »être démenti par le Premier de ses Ministres plus pressé que lui de donner un signe fort de son autorité et donc de mettre en œuvre la mesure… Allait-il être aussi compliqué de vivre avec lui qu’avec « Barbe blanche » lors des derniers mois du confinement ?

(A demain si vous le voulez bien)