Chaque jour apporte ses déclarations de candidature aux prochaines élections départementales et régionales comme si rien n’existait d’autre que les échéances électorales. Oublié le marasme démocratique dans certaines villes ou communes des municipales et plus encore le désastre démocratique des récentes législatives partielles. Une course de vitesse pour prendre les places sur la ligne de départ semble s’organiser sur la droite, sur la gauche et au centre.

Nul ne sait si vraiment le Coronavirus permettra de mener une vraie campagne électorale mais il faut absolument se valoriser en annonçant que l’on disputera la « course » vers des collectivités territoriales dont parfois on ignore tout. Effarant de lire les annonces faites par d’éminentes personnes qui semblent avoir par exemple une vision des compétences du département sans aucun rapport avec la réalité.

Les candidat.e.s putatifs qui se mettent en marche semblent ignorer que le Président qu’il.elle.s soutiennent encore tente par tous les moyens dont il dispose, de repousser à des jours meilleurs ce double rendez-vous. Échaudé par les critiques que lui avaient valu l’organisation du premier tour des municipales il essaient de mouiller les partis politiques dans une éventuelle décision de report. Une prudence tactique dont on ne saurait lui faire grief après la raclée enregistrée en ces circonstances.

La proposition intransigeante en faveur du maintien de ce moment important de la démocratie ce Raminagrobis qu’est Gérard Larcher avait singulièrement bousculé le pensionnaire de l’Élysée. Il fallait au patron devenu incontestable du Sénat, se constituer une image de défenseur intransigeant de ces milliers de maires ruraux soucieux de vite retrouver leur écharpe tricolore. Désormais il est fort probable que le Palais du Luxembourg soit plus souple après une résistance de façade compte-tenu du résultat des sénatoriales.

Pour le moment on ne parle bien évidemment que des régionales car l’enjeu concerne de possibles rivaux aux Présidentielles surtout à droite. Il n’y aucun.e Président.e de Départements qui soit, à l’heure actuelle, en mesure de viser une candidature au poste le plus élevé de l’État. En revanche parmi les nouveaux tenants des provinces qui se veulent discrètement gérants de principautés autonomes les ambitions sont bien connues.

Depuis les Hauts de France, Bertrand lorgne vers la capitale en se targuant d’avoir déjà mené un combat victorieux contre le RN! En Île-de-France où justement elle est installée avec des sondages favorables, Valérie Pécresse compte bien profiter du renoncement de Baroin pour apparaître comme le symbole du renouveau des Républicains. Ils veulent tous les deux effectuer un départ… lancé pour prendre la tête des prétendants à la pôle position.

Dès lundi lors de leur rendez-vous annuel les « Régionalistes » vont s’offrir une vitrine pour leurs revendications et mettre le Premier des Ministres mal en point. Le défenseur des « territoires » qui prône la déconcentration, la décomplexification, la différenciation et accessoirement la décentralisation va être en difficulté puisque au sein de l’ARF les tendances iront du « on reporte » après les présidentielles en 2022 ou à l’automne 2021 au on reste sur le calendrier initial. Le Sénat n’a sur ces Présidents là peu de prise et Larcher devra respecter leur volonté.

La situation est révélatrice de la considération portée dans la vie politique nationale aux départements. Eux ne seront même pas consultés ou si peu. Leur assemblée générale à La Rochelle début novembre enregistrera le verdict du Président de la République qui a tout intérêt compte tenu de la crise sociale à ce que les conseils départementaux continuent à déployer leurs efforts en faveur de la proximité et de la solidarité humaine et territoriale.

Rien ou des broutilles biaisées pour compenser leur chute de recettes et les augmentations que n’évoquent surtout pas les candidate.s déclaré.e.s. Certaines voteront sans état d’âme la loi des finances qui consacré l’étranglement des finances de la collectivité qu’elle.il.s veulent diriger en laissant filer les dépenses.

Ayant les pleins pouvoirs en raison des risques encourus par les populations face à la seconde vague de la pandémie jusqu’au 1° avril (les élections sont prévus les 14 et 21 mars) le Président aura tous les pouvoirs pour décider au nom des risques encourus par des bureaux de vote doublés en nombre et des électrices et des électeurs de moins en moins intéressés par les rendez-vous démocratiques. En attendant on joue au poker menteur !