La surenchère bat son plein dans le monde musulman balkanisé entre des dizaines d’écoles diverses d’interprétation du Coran. La nostalgie des grands équilibres antérieures avec la forte emprise des « dictateurs » tenant sous l’éteignoir par la force ou l’intérêt les « religieux » n’est plus de mise. Le pouvoir politique majoritairement laïque dans ses comportements (Syrie, Égypte, Tunisie, Iran, Irak..) permettait des arrangements avec le monde occidental reposant sur des arrangements économiques.

Année après année le corsetage de l’Islam a explosé pour créer une situation au Moyen-Orient totalement instable et sans « figure » forte pour endiguer l’interférence croissante du religieux. Cette tendance a conduit à une course au soutien financier à des officines destinées d’abord à inciter au schisme chez les autres pour les affaiblir.

Les grandes puissances sont allées souffler sciemment sur les braises (Irak, Lybie, Syrie), ont détourné le regard quand les affrontements se déroulaient sur des zones sans intérêt économique (Yémen, Kurdistan) ou ont pactisé avec une faction ou une autre. Les conflits se sont multipliés générant la peur, la misère, la douleur, la ruine, la mort et des exodes massifs. Les vraies raisons de la montée des extrémismes sont toujours les mêmes et produisent des résultats similaires.

En s’érigeant dans le rôle d’arbitre véreux (les « pots de pétrole ») ou en devant complice passif le monde occidental s’est discrédité depuis des décennies. Il a souvent semé le vent pour récolter des tempêtes de plus en plus fortes, de plus en plus éprouvantes car elles atteignent désormais les rivages des pays concernés.

L’engrenage a de quoi angoisser le(la) citoyen.ne qui a du mal à analyser des événements mettant en danger sa sécurité sur son sol en oubliant l’effet boomerang des actions antérieures. Le mépris, par tous et tout le temps, pour la vie humaine gangrène la planète

Les actes terroristes quels qu’en soient leurs motivations appartiennent aux crimes contre l’humanité. Ils sont pourtant inspirés par des propos outranciers destinés à galvaniser des opinions publiques en détresse dont on ne mesure jamais l’impact qu’ils peuvent avoir sur les esprits faibles, mal éduqués, recroquevillés sur la notion de vengeance. L’exploitation de la misère culturelle parfois volontairement entretenue devient la source principale du terrorisme.

En énonçant les pensées non-formulées par les peuples, on s’installe dans le rôle du meneur assumé ou du sauveur potentiel. La propagande fasciste n’a pas agi autrement : transformer par des mots les pensées les plus obscures de l’esprit humain. Faire semblant de croire que ces phénomènes restent spécifiques aux méthodes d’une religion en particulier relève de la supercherie ou la manipulation simpliste.

L’amplification des l’angoisse par la pandémie rend tout espoir raisonnable de retour vers la tolérance totalement vain. D’autant que lorsque l’horizon est bouché et l’espoir s’est envolé, la tendance serait plutôt au repli sur soi, sur ses certitudes, ce que l’on pense être des soucis insurmontables. Dans la souffrance collective germent l’exclusion, la tendance à défendre farouchement ce que l’on découvre être le simple bonheur de vivre.

La haine génère la haine. Les mots prennent alors une importance particulière surtout quand ils sont prononcés par des personnes réputées qualifiées pour les exprimer. Les déclarations faites dans un monde sur médiatisé uniquement pour se valoriser en étant plus « royaliste » que le « roi » deviennent des bombes à retardement. Dans le contexte actuel c’est un confinement de la « connerie », de la « médiocrité », de « l’opportunisme », de la « superficialité » qui devrait être décrété.

Les crimes, tous les crimes ; les assassinats, tous les assassinats ; les attentats, tous les attentats ; les guerres, toutes les guerres doivent être dénoncés, poursuivis, condamnés et rien ne saurait les excuser. Il nous faut les condamner solidairement avec calme et détermination  en expliquant, en justifiant, en se référant à des valeurs intangibles de notre démocratie. Malheureusement l’émotion instantanée légitime éclipse toute réflexion.

« L’Homme qui, selon la célèbre formule, est un loup pour l’Homme » n’a vraiment pas besoin de prêche, de sermon ou de discours pour devenir le pire ennemi de son semblable, ou de sa propre espèce. Nous le découvrons avec effroi chaque jour : parfois j’envie le silence des déserts.