Les lendemains de jour de fêtes appartiennent à la catégorie des moments les plus difficiles d’une période comme celle qui s’achève. Tout le monde fera référence à la fameuse « gueule de bois » permettant à tous les consultants des chaînes de télévision en bois de « marronniers » de développer leurs thèses sur les potions miracles, des trucs bidons ou des tuyaux percés. Les labos plus ou moins pharmaceutiques ont aussi très vite flairé le bon coup.

Les produits garantis efficaces figurent sur les têtes des gondoles des officines pharmaceutiques. S’ajoutent à ces informations officielles celles héritées des traditions ancestrales et qui n’ont subi aucun tests réglementaires déterminant leur efficacité.

D’abord peu des réveillonneurs ou des participant.e.s à un moment convivial à rosé, connaissent la véritable raison de leur « gueule de bois » alors qu’i il y a une authentique définition du tocsin qui tape dans le crâne, d’un estomac qui se met à l’envers ou d’un foie se faisant de la bile pour celle ou celui qui l’accueille.

Le terme médical pour désigner la détresse du (de la) fêtard.e est la « veisalgie ».  Le saviez-vous ?  Ce syndrome ressemble beaucoup aux symptômes au syndrome de manque associé au sevrage, mais il peut survenir même à la suite d’une consommation relativement modeste de boisson alcoolique. Une définition rassurante mais quand on sait que « veisalgie » viendrait du norvégien kveis, signifiant « inconfort succédant à la débauche », et du grec algia signifiant « douleur » on n’est encore moins rassuré !

Maux de tête, vertiges, nausées, vomissements, confusion des idées, fatigue… et un sentiment général de malaise : ce sont quelques symptômes caractéristiques d’une situation qui font généralement promettre à celui qui les ressent que jamais plus il ne boira. Enfin jusqu’à pour les novices jusqu’à la « fête » suivante.

Ensuite les spécialistes s’accordent à reconnaître qu’il y a plusieurs variantes du bois dont on fait les gueules. Les « occasionnelles » et les « habituelles »  avec leur degré de dangerosité et de dégâts différents. En effet comme dans bien d’autres domaines il existe une accoutumance à ce type de situation post-consommation sans modération.

L’occasionnelle touche en général les plus jeunes qui débutent autour de la table des agapes familiales ou amicales. Une propension à faire comme tou.te.s les autres et une découverte du jeu consistant à mélanger les goûts et les couleurs des cocktails ou à trop vouloir coincer la bulle dans un gosier asséché provoquent des effets inattendus le lendemain. Au mieux celui-ci chante avec des grillons, au pire il s’éclate en feux d’artifice insupportables.

Dans un tel contexte inédit l’affolement gagne souvent l’entourage qui prédit des conséquences graves potentielles avec des mots affolants ne réconfortant pas du tout celle ou celui qui souffre d’autant qu’ils s’accompagnent de reproches courroucés sur une attitude irresponsable. Cette gueule de bois dont ont fait la flutes à champagne constitue alors un vaccin préventif aussi incertain sur le résultat que d’autres ! La récidive menace ! Beaucoup envoient un proche quérir la « pilule » du lendemain celle qui ait prévue pour effacer les fautes involontaires… Les pharmacies de garde prospèrent. 

Les gueules de bois « habituelles » ne surprennent plus même si elles ne sont pas moins douloureuses. Le fait que sa victime ait pris de la bouteille constitue un ATOIT;  Le seul avantage réside en effet dans la possibilité que l’on a de connaître les antidotes adaptées au mal qui sont de deux ordres : le médicamenteux et le truc de grand-mère.

L’éventail est grand. Certain.e.s prennent des pilules miracles ou suivent à la lettres de cachets effervescents que leur a recommandés un.e copain.ine bénéficiant d’une expérience antérieure par tâtonnement. Bien évidemment parmi les « grands crus classés » on trouve l’Efferalgan le doliprane et tout assemblage à base de paracétamol surdosé. Les bulles sont difficiles à avaler et le verre qui les détient paraît interminable mais l’entraînement a ses avantages et on finit pas s’habituer à combattre le mal par le mal. L’habitué possède des réserves pour les périodes difficiles qu’il  sait inévitables. 

L’Audibil constitue un vrai remède contre la perte de la foi dans le fonctionnement de son système hépatique. L’Hépatoum à déguster par petites gorgées finit par vous persuader que la ciguë devait être plus agréable ! Le Vichy Saint Yorre ou le Coca à doses massives ne changent rien aux maux dont on souffre ne calmant nullement la tempête qui souffle dans votre cra^ne mal protégé par une serviette humide. 

Dans la plus part des cas il n’est pas inutile de s’orienter vers des procédés curatifs comme boire un bouillon de légumes de onze heures qu’une main affable tend vers vous alors que vous préféreriez rester bouche cousue. Un tourin à l’ail de la même veine ne vous attire pas davantage même si la raison n’est pas en lien avec des conséquences sur votre haleine plus très fraîche.

Le plus acceptable c’est quand un âme charitable vous propose une tisane sans êffets réels. Même celle de fumeterre paraît plus agréable que bien d’autres prises la veille au soir ! Les habitué.e;s conseilleront un thé avec du citron (pour ses vertus digestives et anti-vomissements) et du miel (pour aider le corps à métaboliser plus rapidement l’alcool) est l’idéal.

On peut mentionner également le smoothie à la banane, riche en potassium et efficace contre les nausées, l’eau de coco qui regorge d’électrolytes ou encore le jus de tomates rempli de sels minéraux.  Il existe même (j’en connais un) farouche partisan du Banania sur-dosé au réveil ! Mais le meilleur reste de ne boire que de l’eau dès la vielle !