Voici le propos que j’ai tenu en présentation du Compte administratif 2020 du Conseil départemental de la Gironde. Bien entendu, vous n’en trouverez trace nulle part sur aucun support car c’est ininterressant pour les citoyen.nes qui sont ainsi maintenu dans l’ignorance de la gestion par les élu.e.s de l’intérêt générale. Facile ensuite de les clouer au pilori… alors autant que je me fasse plaisir en publiant ce que j’ai proposé en préambule à l’examen des comptes. 

« En entamant, devant un maigre public en présentiel mais devant bien du monde devant les petits écrans, j’éprouve le même sentiment que ces artistes qui annoncent sans cesse leurs adieux à la scène. Je ne pensais pas en décembre avoir à remonter sur les planches pour tenter de vous séduire avec une partition connue : celle de la gestion du conseil départemental. La crise sanitaire en a décidé autrement et je profite que notre salle de « spectacle » soit ouverte.

Je vous prie de bien vouloir excuser cette comparaison et je ne veux surtout pas que vous imaginiez un seul instant que j’aurais été pris dans cette mégalomanie qui ont souvent atteint les plus grandes vedettes du music-hall ayant annoncé leur éternel départ pour améliorer leur retraite.

Je vous avoue en effet que j’aurais préféré ne pas avoir à effectuer une onzième présentation du compte administratif de notre département au nom du Président. Les circonstances en ont décidé autrement et nul ne sait quel sera notre avenir !  oCette situation illustre en effet parfaitement les quinze derniers mois que nous venons de traverser : aucune certitude sur le moyen et même le court terme et des décisions sans cesse remises en cause. Comme c’est de plus en plus souvent le cas, nous sommes dans l’attente des déclarations ou des décisions nationales de tous ordres transmises les médias.

Tout au long de l’année écoulée, le Président du conseil départemental a été contraint, quasiment chaque jour, à se construire un manuel pratique de la résilience. S’il doutait du bien-fondé de cette valeur il aura vérifié qu’elle devient essentielle dans un contexte où la vérité d’un jour n’est vraiment plus celle du lendemain. Grâce aux efforts collectifs de tout l’exécutif départemental nous avons su éviter en 2020 la navigation à la corne de brume alors que nous avons dû naviguer au milieu des écueils ou face aux vents contraires.  

Jamais nous n’avons perdu le contrôle du navire et nous avons maintenu fermement le cap fixé en 2015. Le CA 2020 confirme qu’il n’a jamais été perdu de vue !  Nous avons en effet terminé le « sixième » périple de la gestion de ce mandat avec le soulagement d’avoir respecté les engagements pris par la majorité départementale dès son départ. Le Compte Administratif 2020, que le Président me permet de vous présenter, a donc le mérite de démontrer que notre stratégie a résisté à des aléas vraiment exceptionnels. Nous avons tenu bon dans la tempête !

« une absurdité économique totale »

D’abord en matière des recettes où nous avions les plus grandes craintes sur le niveau des Droits de Mutation, sur celui de la taxe d’aménagement, sur les recettes des services… comme ceux de la restauration scolaire, des transports maritimes. Elles se sont partiellement vérifiées.

Ensuite dans le secteur de nos dépenses où très vite la crise sociale a emporté des digues que nous avions espéré être infranchissables.  Faire face à la carence de l’Etat notamment en matière de protection des populations en détresse contre la montée de la pandémie, améliorer le sort des soutiens aux personnes âgées ou handicapées, assumer la prime du feu pour les sapeurs-pompiers décidée par le Gouvernement et payée par notre budget, gérer la proximité des services avec les plus défavorisés,  attendre le résultat de notre contestation de l’ukase relatif à l’application du Pacte de Cahors que je considère comme une absurdité économique totale : autant de réalités qui nous ont contraint à des adaptations permanentes.

Enfin mettre en œuvre la farouche volonté de la majorité départementale de maintenir notre participation à l’économie girondine au plus haut niveau possible pour que nous soyons à la hauteur des besoins de toutes les générations de Girondines et de Girondins. Le résultat est incontestable avec un record du volume d’investissements.

Ce Compte Administratif n’est pas si anecdotique que ça car il entre dans l’histoire de notre collectivité territoriale puisque c’est le dernier illustrant une gestion partiellement libre de nos recettes. Désormais c’est en effet terminé !  

Tout le monde dans cet hémicycle a dénoncé la disparition en 2021 de notre capacité réelle, dans le contexte d’une réforme de la fiscalité constituant une vraie bombe à retardement, à conjuguer nos choix politiques de déployer une solidarité humaine plus que jamais indispensable et une solidarité territoriale essentielle dans une Gironde que nul ne souhaite à deux, voire à trois vitesses, avec des moyens librement fixés. Nous tendrons la sébile comme se plaisait à le répéter sur la situation avant la décentralisation Philippe Madrelle.

Au nom du Président et pour ma part pour la dernière fois je renouvelle mes craintes pour le prochain mandat puisque vous n’aurez à répartir que des dotations liées au seul bon vouloir du Parlement et notamment à celui de la majorité de l’assemblée ou escompter des recettes liées à des activités économiques aléatoires. Il n’y aura plus de débat sur les prévisions puisqu’elles seront faites ailleurs et par d’autres !

« le droit de notre collectivité à se gérer librement »

En 2020 la crise sanitaire a ainsi mis à mal les prévisions de dépenses ; la crise économique a secoué les prévisions de recettes ; la crise sociale a contraint tous les départements à revisiter notre contribution à toutes les solidarités. Le gouvernement, sa majorité et ses alliés actuels ou futurs continuent à ignorer la dangerosité de cette stratégie d’étouffement des départements.

Je voudrais, bien que ça n’apparaisse pas dans les comptes 2020, souligner l’intérêt du combat mené par le Président et la majorité départementale, contre la décision symbolisant l’arrogance des exécutants d’une politique gouvernementale déconnectée de la réalité via le Pacte de Cahors. Outre la réparation d’une injustice, la démarche de contestation des conditions d’application faites au Conseil Départemental porte une valeur essentielle : défendre becs et ongles le droit de notre collectivité à gérer librement, en toute responsabilité son propre destin

Le Conseil départemental de la Gironde boucle avec ce Compte Administratif une gestion saine, pragmatique, sincère, serrée et prospective lui ayant permis de traverser depuis une décennie les multiples réformes (toutes similaires par leur caractère détaché des réalités des nécessités sociales ou territoriales).

Les campagnes électorales permettent tous les excès surtout de la part de celles et ceux qui auraient tant voulu que ce Compte Administratif leur permette de prendre leurs désirs de «catastrophe» pour des réalités polémiques.  Quand en plus ces donneuses ou donneurs de leçons n’ont jamais été confronté aux exigences de la gestion d’une collectivité territoriale et qu’ils soutiennent un Gouvernement ayant en 2020 endetté le pays de plus de 270 milliards supplémentaires et creusé un déficit de 138 milliards ! Des références qui me permettent de vous inviter à voter le Compte Administratif 2020 que vous propose le Président