Depuis plus d’un an le sport sous toutes ses formes souffre de la crise sanitaire et de ses conséquences en matière de préservation de la santé des pratiquant.e.s. En fait toutes les pratiques collectives ont été arrêtées et celles qui relèvent de l’initiative individuelle ont eu des périodes de limitation. Les premières risquent de subir de lourds déficits en terme de licenciés et ce qui serait plus grave en terme d’engagement bénévole.

Une « saison » blanche ne se résorbera pas facilement. Alors que la grande majorité des disciplines connaissaient des baisses plus ou moins conséquentes de leurs effectifs, elles se retrouvent avec de fortes incertitudes sur le retour de celles et ceux qui leur étaient restés fidèles. Les licencié.e.s les plus motivés n’ont jamais cessé leurs activités et les jeunes piaffent d’impatience pour reprendre le chemin de la compétition.

Les clubs devront déployer des trésors de persuasion pour remettre les adolescent;e.s et les jeunes sur les rails de l’entraînement et de la compétition. Ils ont en effet, de l’avis unanime des responsables sportifs rencontrés, pris de nouvelles habitudes de vie. Par exemple entre confinement, couvre-feu, télétravail et fermeture des lieux de loisirs, l’année 2020 n’a ressemblé à aucune autre.

Le chiffre d’affaires du secteur du jeu vidéo atteint les 5,3 milliards d’euros d’après le compte rendu du syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL). Beaucoup de foyers ont franchi le pas d’acheter un ordinateur spécialement dédié au jeu vidéo : 20% de ventes supplémentaires par rapport à l’année précédente, et 13% de plus pour les accessoires (micro, casque, souris, écran). Le mobile se porte aussi très bien avec 1,426 milliard d’euros (+16%).

Pratiquer un sport nécessite en effet beaucoup plus de contraintes d’emploi du temps et d’efforts concrets que celui virtuel que l’on pratique devant un écran. Quand on y ajoute les compétions avec selon l’âge un minimum d’investissement des parents (déplacement, financement, présence) pour soutenir leur progéniture la tentation risque d’être forte de ne pas renouveler l’engagement en septembre prochain.

Un sondage met en évidence ce phénomène. Sur 421 dirigeants d’associations sportives. 81 % d’entre eux se sentent inquiets quand 19 % se disent confiants sur l’évolution du monde sportif. L’emploi dans le secteur sportif les préoccupe particulièrement (85 %) et 39 % pensent qu’il est « plus probable » que leurs effectifs « diminuent » dans les prochains mois. Il est même certain que des fédérations nationales se retrouveront avec de lourds déficit pour 2020-2021 pouvant les conduire à la « faillite ».

Déjà que tout ce qui était organisé selon les règles des pratiques « officielles » devenait très difficile à tenir, le risque de voir grandir des initiatives « incontrôlables » ne va pas fléchir. C’est certes un signe que le sport devient, de plus en plus, un véritable mode de vie mais il est impossible de s’en réjouir. L’émergence de ces pratiques plus informelles et spontanées du sport « urbain » est basée quelques facteurs : la montée de l’individualisme, le besoin de flexibilité mais surtout la gratuité.

Les fameux « tournois » dans les quartiers sensibles deviennent de plus en plus fréquents. Basés sur une forme de territorialisation ils dégénèrent parfois vers des violences identitaires. Il arrive aussi que ces pratiques soient communautarisées ce qui ne renforce pas l’intégration. Leur caractère spontané reste, dans la majorité des cas à démontrer.

Nul ne sait vraiment comment au retour des vacances, et dans l’hypothèse d’une diminution indiscutable des contraintes sanitaires, le sport structuré en clubs ou en associations va reprendre ses marques. La dynamique des jeux Olympiques et des médailles françaises a toujours sauvé certaines disciplines qui ne brillent via les télévisions qu’en ces moments importants. Que seront les J.O. Japonais ? Leur impact risque d’être moindre sur la dynamique des licencié.e.s que pour les Olympiades antérieures.

Le Département a anticipé ces risques en versant le plus rapidement possible ses aides financières aux clubs pour leur assurer une trésorerie convenable avant septembre. Durant toute la pandémie, des aides spécifiques ont été accordées aux structures les plus fragiles grâce à des crédits supplémentaires inscrits au budget 2020 que seule majorité départementale avait votés… comme dans bien d’autres domaines !