Un rapport reflétant la réalité de la fracture sociale

Les sujets ne manquent pas pour alimenter les débats sur ces plateaux des télés encharnées à la notion de populisme pour conserver leur espoir d’audimat favorable. Le tri effectué par les organisateurs de ces combats foireux de gladiateurs idéologiques tourne toujours en boucle. Ils se jettent avec avidité sur la moindre parcelle de ce qui nourrit leur notoriété. Entre les faits divers et l’immigration ils manquent singulièrement de réflexion pour trouver un sujet récompensant leur auditoire de sa fidélité. Ainsi le niveau de « pauvreté » dans le beau pays de France n’offre vraiment aucun intérêt puisque tout le monde sait que si des familles ne mangent pas à leur faim ou ne se chauffent pas c’est de la faute aux…migrants.

Comme chaque année le Secours Catholique publie un rapport (1) qui mériterait pourtant d’être porté dans tous les débats entre celles et ceux qui prétendent un jour améliorer le sort des personnes susceptibles de voter pour eux. Le constat est accablant et donc il vaut mieux ne pas en causer. En 2020, l’organisme de solidarité explique avoir accueilli plus de 777 000 personnes à travers la France dont 409 500 enfants. Uns statistique affolante car il faudrait y rajouter les fréquentations des autres structures du même ordre.

L’analyse des personnes ayant recours à ce soutien occasionnel ou régulier ont des profils plutôt « angoissant » dans cette période où l’inflation reprend de plus belle. Elles ont, selon le rapport « un niveau de vie équivalent à la moitié du seuil de pauvreté » et pour deux tiers des ménages , le seuil d’extrême pauvreté est atteint. Presque un tiers n’ont pas accès à un logement stable ou sont sans logement, et plus d’un quart d’entre eux ne perçoivent pas d’allocations familiales. Ces chiffres continuent de grimper et la pandémie a mis en lumière les vulnérabilités de notre société. Ces constats appellent des réponses mais elles ne viendront jamais puisque ces gens n’ont pas grand monde pour prendre la parole en leur nom.

22%  des ménages accueillis ne disposent d’aucunes ressources financières et un sur trois n’apas accès à un logement stable. Mieux  27% ne mangent pas pendant une journée entière ou davantage renforçant la réalité une précarité alimentaire qui ne cesse de grimper. La crise sanitaire a agi comme un puissant révélateur d’une situation souterraine et jamais abordée avec jusqu’à 7 millions de Français ayant reçu une aide alimentaire en 2020. Dans la société actuelle sans argent…il est impossible de se nourrir quantitativement que qualitativement. La banque alimentaire joue à cet égard un rôle irremplaçable avec 225 millions de « repas » distribués auprès de plus de 2 millions de bénéficiaires.

La pauvreté s’est installé dans le paysage français où valsent les milliards à destination d’un milieu économique cherchant par tous les moyens des consommateurs de tous niveaux pour alimenter ses profits. Là, on retrouve une part de la population qui n’apporte rien à la croissance et donc qui est gommée du paysage médiatique. Le Secours catholique n’y va de main morte : «  La crise a surtout donné à voir des pauvretés déjà installées. Or nos gouvernements ont pris la fâcheuse habitude d’apporter des réponses ponctuelles, adaptées pour l’urgence, à des enjeux structurels. Tacitement, notre pays a choisi d’industrialiser les distributions de denrées plutôt que l’accès digne de tous à l’alimentation, l’hébergement ou les nuitées d’hôtel plutôt que le droit au logement, les aides ponctuelles aux ménages pauvres plutôt qu’un revenu minimum permettant de ne pas avoir à choisir entre les loisirs des enfants, le chauffage et l’alimentation. » Rien à rajouter !

En matière de pauvreté les causes structurelles ne sont jamais abordées car elles remettent en cause un système qui se prétend égalitaire, fraternel et juste. Les réponses conjoncturelles deviennent alors la règle en matière de solidarité humaine quel que soit le pouvoir en place. Et il en est ainsi dans tous les domaines. L’une des solutions à la mode c’est l’octroi de primes non reconductibles qui ne règlent aucune situation sur le fond mais constituent d’excellents effets d’annonce.

Ce sont des dizaines de milliers de citoyennes et de citoyens bénévoles qui contribuent chaque année et notamment dans les mois d’hiver à essayer de rééquilibrer des situations dont on ne parlera que lorsque des événements dramatiques interviendront. Il orientera selon sa nature sous le coût de l’émotion des milliers de votes puisque désormais il n’y a que l’exceptionnel qui guide les choix pour les élections présidentielles. L’aggravation de la pauvreté ne pèse rien face aux records absolus du CAC 40 beaucoup plus intéressants et valorisants.

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15 réponses à Un rapport reflétant la réalité de la fracture sociale

  1. Philippe Labansat dit :

    Nous arrivons au bout du système.
    Reprenant le pire des pays anglo-saxons, les non intégrés, les non-consommateurs, les improductifs, péjorativent traités « d’assistés », sont impitoyablement écartés, renvoyés à la charité, parce qu’il est quasiment admis qu’ils seraient les premiers responsables de leur misère (« il suffit de traverser la rue », a dit notre Prince).
    Et puis, presque toujours, c’est une frange de la population qui ne vote pas, qui a renoncé à la citoyenneté, donc sans intérêt d’un point de vue électoral.
    Notre pays s’accomode visiblement de la situation (tant que la police veille à ce que la misère ne soit pas source « d’insécurité », pour les intégrés).
    Quasi aucun espoir que nos dirigeants agissent sur le structurel.
    À mon petit niveau, j’essaye d’aider, mais là aussi, je suis un colibri au dessus d’un brasier.
    Finalement, ça me fait mal de l’admettre, mais de plus en plus, mon pays me fait honte. Je sais que j’ai ma part de responsabilité là dedans, mais aussi, je me sais impuissant, parce qu’aujourd’hui, il n’y a pas d’élan collectif, c’est le règne du repli, de la rancœur, de la xénophobie, bien alimentés par les media…

    • Laure Garralaga Lataste dit :

      @ à Philippe

      Ce constat n’est-il valable qu’aujourd’hui ? Quand sommes-nous réellement arrivés au bout du système ? Une condition d’espérer… La France n’est pas à être rangée parmi les états voyous… mais : « veillons au grain ! » et n’oublions pas certaines visites en Biélorussie…

  2. Bernie dit :

    Bonjour Philippe,
    Est-ce que si la France prend la présidence de l’UE, cela changera quelque chose ?

    • j.J. dit :

      Ça sera aussi efficace que la COP26….Le festival des cinquièmes roues du carrosse.

      • Laure Garralaga Lataste dit :

        @ à Bernie
        Pourquoi ce si ? En janvier, la France prend la présidence de l’UE, et Macron a 3 mois pour « montrer ses muscles » !
        Une question : que se passerait-il s’il perdait l’élection française ?

  3. christian grené dit :

    Il est des sujets qui ne se prêtent pas à mes plaisanteries de potache. Et c’est la qualité, entre autres, que j’apprécie chez Jean-Marie: de s’appuyer sur une enquête du Secours Catholique quand tout autre n’eût vu le drame qui se joue qu’à travers le prisme d’un Secours Populaire. Aujourd’hui, la pudeur m’oblige à me taire. Comme Philippe, je me sens impuissant…

    • Bernie dit :

      Bonjour Christian,
      Le 25 décembre est le jour de la nativité de Jésus. Est-ce que Jésus est né de l’opération de Saint Esprit ?
      Mais le 25 décembre c’est aussi la fête des enfants. Des milliers de jouets dans la hotte du père Noël.
      Mensonge……

    • Laure Garralaga Lataste dit :

      @ à Christian
      … Sauf que ce que tu apprécies chez Jean-Marie met en évidence le bout de ton nez…! Bravo pour ta pudeur ! Ah! Ah! Ah!

  4. Bernie dit :

    Une europe sans conflit religieux devient urgent pour vivre au mieux

  5. Bernie dit :

    Bonjour Christian,
    Le 25 décembre est le jour de la nativité de Jésus. Est-ce que Jésus est né de l’opération de Saint Esprit ?
    Mais le 25 décembre c’est aussi la fête des enfants. Des milliers de jouets dans la hotte du père Noël.
    Mensonge……

  6. faconjf dit :

    bonjour,
    Pouvoir d’achat première préoccupation des Français Alors que des appels à se mobiliser contre la hausse du coût de la vie se multiplient, une enquête Odoxa-Groupama réalisée pour France Bleu publiée ce jeudi (21/10/21) révèle que les trois quarts des Français (75%) estiment que leur pouvoir d’achat diminue.
    Autre enseignement de ce sondage, 75% des Français estiment que leur pouvoir d’achat a diminué en un an. Cette proportion atteint même 84% en Nouvelle-Aquitaine.
    Pourtant, selon l’INSEE, après avoir enregistré une stagnation entre 2019 et 2020, le pouvoir d’achat a enregistré un rebond au deuxième trimestre 2021 (+0,6%).
    L’incompréhension est totale entre les cerveaux musclés de L’INSEE et les Français. Ainsi ces « experts » considèrent que les dépenses contraintes ( renommées pré-engagées) représentent 41% pour les pauvres et 28% pour les aisés- chiffres de 2017-. Les loyers et charges s’élevant à 14% de la dépense totale ( 14% !!!????) mais sur quelle planète vivent-ils ?
    Aujourd’hui les chiffres trimestriels du chômage sont sur la table des merdias qui se réjouissent que la catégorie A des demandeurs d’emploi recule de 5.5% oubliant au passage que le cumul des catégories ABC ne recule lui que de 1.9%. Il faut un esprit tortueux voire tordu comme le mien pour aller farfouiller un peu plus loin dans las chiffres de Paul sans emploi. Ainsi j’observe que 525 600 nouveaux chômeurs ont poussé la porte pour entrer et que Paul en a viré 577 900. le gros de la troupe est constitué de Arrêt de recherche (maternité, maladie, retraite) 47 600 et pour Cessation d’inscription pour défaut d’actualisation 223 600 !!! mazette.
    Le nombre de chômeurs est donc de 6 668 600 catégories ABCDE confondues et seulement 3 521 900 sont indemnisés.
    On peut discuter de tout sauf des chiffres dit l’état … Et si on décidait d’en discuter quand même ?
    bonne journée

  7. facon jf dit :

    Et ça ne va pas aller mieux pour les pauvres
    Réformes: l’OCDE met la pression sur Paris
    «Avant la crise, les gains de productivité annuelle de la France étaient plus faibles de 20 % que la moyenne de l’OCDE, a ainsi souligné le secrétaire général de l’OCDE. La France a les moyens de faire mieux ! » Le constat est livré avec quelques recettes pour améliorer la situation. Les économistes de l’institution recommandent ainsi de « réduire progressivement et sensiblement les dépenses publiques en fondant une stratégie d’assainissement budgétaire à moyen terme sur des examens des dépenses et une meilleure affectation des dépenses ». Afin d’améliorer le suivi de l’évolution de l’endettement, l’organisation appelle encore de ses vœux une vaste réforme de la gouvernance des finances publiques, aujourd’hui « fragmentée entre secteurs et niveaux d’administration, ce qui ne permet pas une évaluation complète de certaines politiques ».
    Dans le viseur de l’OCDE les efforts à faire – croissance de la productivité, réforme du système des retraites, de l’assurance-chômage, de la formation, de l’éducation, réduction de la dette publique, lutte contre les inégalités entre les territoires, etc.- Un cocktail particulièrement amer pour les plus pauvres.
    source https://www.lefigaro.fr/conjoncture/l-ocde-plaide-pour-une-nouvelle-reforme-des-retraites-20211118

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