Un vendredi très « rose » pour les ventes en ligne qui explosent

Lentement mais inexorablement les habitudes de consommation sont modifiées sans que par ailleurs le système de distribution puisse s’adapter. Même si la crise sanitaire a contraint bien des commerces ou des prestataires à modifier leurs pratiques, il reste bien du chemin à parcourir. On parle d’un renouveau de la eproximité » ce qui ne recouvre plus une vraie réalité puisque des sites proposent des livraisons gratuites à domicile en 24 h alors qu’il faut parfois sur certains territoires des heures de déplacement pour accéder au même produit. Les achats du quotidien restent encore dans l’environnement immédiat alors que tout ce qui devient « exceptionnel » se répartit sur des supports lointains capables d’assurer un service rapide qui n’en majore pas le prix !

Les confinements et les mesures destinées à contenir la pandémie ont en 2020, largement profité aux ventes via internet. Elles ont atteint 112 milliards d’euros grâce à la digitalisation accélérée du commerce de détail soit une hausse globale de + 8,5 % d’une année sur l’autre Le e-commerce représentait au cours de 2019, 9,8% du commerce de détail  il en représente un an plus tard 13,4%. Si les produits achetés progressent de la bagatelle de + 32 % on assiste (et c’est logique dans le contexte sanitaire) à une baisse de 10 % pour les services avec un effondrement du secteur du tourisme à – 47 %.

De plus en plus d’acteurs économiques ont franchi le pas pour tenter de capter une part de ces progressions spectaculaires et pas moins  17 400 sites supplémentaires ont été créés en 2020 ce qui traduit une tendance inexorable. D’une part les exigences posées par la lutte contre la Covid-19 ont une influence sur la manière dont la clientèle effectue ses achats (on craint le contact physique et on évité les lieux sur-fréquentés) et les non-vaccinés ne bougent plus. L’arrivée de la fibre optique a par ailleurs grandement amélioré l’accessibilité aux plates-formes de toutes tailles. On commande plus vite et dans de bonnes conditions techniques. Tant que les délais de livraison restent proches il n’y aucune raison de ne pas profiter des opportunités multiples en matière de e-commerce. D’ailleurs le panier moyen a progressé de 3,38 % entre 2019 et 2020.

Par ailleurs s’installe en France le Black Friday (si vous n’en n’avez pas entendu parler consultez votre audio-prothésiste) qui en théorie s’est achevé à minuit en ce 26 novembre. On ne connaît plus vraiment la durée de cette opération importée des USA. Les 24 heures initiales n’ont plus aucun sens puisque la concurrence provoque des ouvertures plus d’une semaine à l’avance et s’étire sur plusieurs jours plus tard. Une débauche de pourcentages de rabais, de réduction dont il est vraiment difficile de mesurer la sincérité s’étale par mails ou sms.

Cette journée qui constituerait une aubaine pour les accros au shopping et les prévoyants qui peuvent en profiter pour faire leurs courses de Noël à moindre coût est aussi celle des cybercriminels et autres arnaqueurs, qui tentent de tirer parti d’une frénésie consumériste. Le Français est obsédé par la bonne affaire. Il ne regarde que le montant de son achat impulsif sans trop se soucier de la véracité des tarifs. Le fameux rapport « qualité-prix » n’a plus d’impact. L’importance du chiffre d’affaires réalisé durant cette période engendre des trucages avec au cours du mois précédent une augmentation du prix ce qui permet ensuite d’afficher des ristournes spectaculaires.

De faux sites apparaissent disparaissent avec la complicité passive des supports mondiaux ravis d’encaisser des pubs. Certains n’hésitent pas, ainsi, à créer de fausses boutiques en ligne ou des clones de boutiques connues, remplies de promotions mais aussi de produits imaginaires dont vous ne verrez jamais la couleur. Dans ce contexte, il faut privilégier les sites marchands français sur lesquels vous avez déjà acheté et qui vous ont offert un service satisfaisant paraît une bonne idée. Bref les achats en ligne nécessitent une méfiance particulière !

Le « vendredi noir » a connu depuis 2013 une progression de 167 % (2013-2020) et il n’y a aucune raison que 2021 ne pulvérise pas le total de l’an passé qui a atteint sur 48 heures la faramineux total de 5,3 milliards dont 4 en boutiques. Ce phénomène a beau être critiqué comme une caricature de la surconsommation force est de constater qu’il progresse sans arrêt rendant la période soldes obsolète. Il existe cependant un mouvement qui prend de l’importance : l’émergence du marché de la seconde main favorisant une consommation plus responsable. Il faut y croire.

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8 réponses à Un vendredi très « rose » pour les ventes en ligne qui explosent

  1. J.J. dit :

    « Ce phénomène a beau être critiqué comme une caricature de la surconsommation force est de constater qu’il progresse sans arrêt rendant la période soldes obsolète. »

    Albert Einstein avait fait des déclarations qui peuvent inclure ce sujet, et qui ne sont pas vraiment flatteuses pour l’humanité.

  2. facon jf dit :

    bonjour
    un petit dessin est mieux qu’un long discours,
    https://pbs.twimg.com/media/FFJjlT9XMAAC2w1?format=jpg&name=medium

    bonne journée

  3. Philippe Labansat dit :

    Le nouvel apprentissage auquel il faut s’atteler, selon moi, c’est d’apprendre à ne plus consommer.
    Personnellement, je me suis lancé en perdant 60% de mes revenus à mon départ en retraite, pour accompagner mon épouse handicapée.
    Ma foi, nous avons réussi à nous adapter. Certains diront que c’était sûrement le signe que nous avions encore trop. Moi, je dirais que c’est uniquement parce que nous avons cessé de consommer.
    Si le démarrage s’est fait par la force des choses (comme pour beaucoup, confrontés au chômage, à la précarité…), cette sobriété est maintenant en plein accord avec mes convictions pour des tas de raisons, éthiques, politiques, environnementales.
    Alors, comme l’évoque Jean-Marie, cela a des répercussions et on a du tailler à la hache dans tout ce qui a un caractère monnétaire : plus de voyages, plus de spectacles, plus que du nécessaire, une vie sociale « at home » avec famille et ami(e)s.
    Et tout cela n’empêche pas d’être raisonnablement et précairement (c’est notre condition humaine) heureux…

    • Laure Garralaga Lataste dit :

      @ à Philippe
      « Certains diront que c’était sûrement le signe que nous avions encore trop…  »
      Laissons dire. Moi je dis… Bravo ! Et si je prends mon cas personnel, très tôt, petite, j’ai appris « à finir mon assiette et mon pain », à faire du « pain perdu » pour dessert.

      • J.J. dit :

        La règle était : – Mange ton pain avec quelques chose (par exemple en cas d’abondance, un peu de beurre et du chocolat râpé : le grand luxe)
        Et non – Mange quelque chose avec ton pain( accessoirement) !
        J’ai pris comme ça des habitudes d’économie, ou de radinerie, c’est selon.
        Je serai peut être éligible à l’Indemnité Inflation de 100 € (8, 33€par mois) mais je pense honnêtement qu’il serait plus équitable de donner davantage à des personnes vraiment dans le besoin plutôt que de procéder à un saupoudrage quelque peu démagogique.
        C’est vrai que les prix augmentent et nos revenus stagnent, Mais on en a vu d’autres !

  4. Bernie dit :

    Merci pour vos ressentis plus ou moins subjectifs. C’est à chacun et chacune de nous à s’adapter au monde tel qu’il est et tel qu’il sera.
    Très beau week week-end

  5. Bernie dit :

    Un souvenir gratuit : A la campagne,
    Les quelques ruraux qui élevaient des vaches avaient du bon lait.
    La matière grasse prélevée pouvait être
    étendue sur une tranche de pain et cela faisait le goûter des enfants.
    Qu’est-ce que c’était bon !

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