Electeurs Hautement Perturbés par les Assertions Diffuses

Il va falloir s’habituer à éliminer de notre langage habituel un certain nombre de références qui ont été emportées par des tempêtes médiatiques ou par des appréciations devenues populistes qui traînent dans les esprits. Toutes servent de supports à ce que l’on prétend être des prises de positions politiques alors qu’il ne s’agit que d’exploitations superficielles. Et c’est à la mode puisqu’il n’y a plus aucun débat sur le fond.

Agitez par exemple par exemple « migrants » ou « immigration » et aussitôt vous provoquez un haut le corps généralisé. Brandissez « logement social » et le succès par répulsion vous est garanti. Si par hasard vous manquez d’inspiration appuyez vous sur « islamistes » ou même maintenant sur « EHPAD » ! Inutile de préciser que ce n’est pas nouveau car toute l’Histoire est truffée de cette exploitation de mots ayant provoqué des mouvements conduisant à la désolation démocratique. En fait il est devenu impossible d’essayer d’expliquer, de démontrer et de prouver. Il suffit d’une bonne séquence médiatique autour d’un sujet pour qu’il soit définitivement discrédité. Prenons simplement le sigle EHPAD pour comprendre.

En cette période de l’outrance volontaire et rentable, la notion de « révélation » prend une tournure particulièrement inquiétant. Fallait-il par exemple attendre un bouquin sérieux et complet pour se pencher sur la situation dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes abusivement appelées « maisons de retraite » dont la gestion est à but lucratif ? En fait ce n’est que la résultante de la privatisation de tout ce que relève de l’humanisme le plus élémentaire. Les électrices et les électeurs voteront-ils pour des candidat(e)s qui condamnent cette exploitation de la faiblesse, de la dépendance, de la maladie ? On peut en douter car le fond ne les intéresse pas du tout.

La très grande majorité d’entre eux n’osent même pas imaginer qu’un jour ils auront à assumer leur fin de vie ou celle de leurs proches. Eux sont invincibles, immortels… et prêts à soutenir celles et ceux qui proposent des « inspections », des « remontrances », des « adaptations » et des « sanctions » publiés dans des rapports qui s’ajouteront à tous ceux qui ont précédé. Et on attendra que la vague d’indignation se calme. L’affaire de quelques semaines. Assez facile puisque maintenant tous les EHPAD mis dans le même sac deviendront des lieux où personne ne voudra s’installer et pire où rares seront celles et ceux qui pourront en assumer les tarifs (1).

Quo osera proposer que seuls les établissements publics et ceux issus de l’économie sociale et solidaire à but non lucratif s’ils s’engagent à accueillir les personnes âgées bénéficiant de l’aide sociale départementale puissent être agréés. En Gironde la création de lits dans ce secteur est bloquée depuis des années. Par contre des fusions absorptions ayant permis de fermer des EHPAD en milieu rurale non-rentable pour augmenter les disponibilités dans des zones plus attractives ont été accordées au nom de la loi du marché (offre-demande). La volonté reste de développer le maintien à domicile ce qui est un idéal parfois impossible à atteindre.

En 2030, 21 millions de seniors de 60 ans ou plus vivront en France, soit 3 millions de plus qu’en 2019. Selon le modèle de projection utilisée par le Ministère lui-même conserver les pratiques actuelles d’entrée en institution des personnes âgées en perte d’autonomie supposerait de doubler dans la durée le rythme d’ouverture de places observé depuis 2012, afin d’accueillir 108 000 résidents supplémentaires en établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes entre 2019 et 2030, puis encore 211 000 entre 2030 et 2050, qui viendraient s’ajouter aux 611 000 résidents sur les places existantes. La réalité c’est que ce marché attire forcément les vautours ;

Dans bien des secteurs touchant à l’Humain le profit n’a pas sa place. La formule est simple, compréhensible par celle est ceux qui ont envie de ne pas se retrouver otages de ce libéralisme exploitant sans vergogne leur santé ou leur situation sociale. L’économie sociale et solidaire doit être la grande priorité nationale des dix prochaines années pour éviter bien d’autres scandales cachés en attendant une enquête journalistique. Pour le moment on se contente de détourner l’attention vers des structures dont la moindre inspection digne de ce nom aurait mis en évidence des dysfonctionnements inadmissibles. Mais bien évidemment la suppression là comme ailleurs de ces emmerdeurs de fonctionnaires chargés de veiller au respect de lois déjà peu exigeantes.

(1) L’EHPAD public Le Hameau de la peloue à Créon reconnu parmi les dix meilleurs de France fonctionne avec un tarif de base à 1900 € par mois hors aides éventuelles.

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18 réponses à Electeurs Hautement Perturbés par les Assertions Diffuses

  1. Laure Garralaga Lataste dit :

    Le problème pour moi n’est ni pour demain ni pour après demain… Il est devant moi et je vous avoue que j’ai peur… ! Hier, j’ai regardé « C’est à vous » et j’ai eu l’avantage d’y voir une présentatrice inconnue. coupant constamment la parole à Anne Hidalgo , lui imposant une violence et une forme de mépris incroyables ! J’avoue ne rien attendre de la suite…

    • Gilles JEANNEAU dit :

      Non, il n’y a rien à attendre de la télé…je ne regarde plus que les émissions littéraires ou les documentaires historiques ou animaliers, c’est dire.
      Les animateurs comme Hanouna me débectent.
      Allez Laure, courage pour la suite…

      • Laure Garralaga Lataste dit :

        @ à Gilles
        Merci pour tes encouragements… J’étais d’autant plus étonnée que c’est une émission que je suis tous les soirs… Quand je parle de la présentatrice et que je dis inconnue, c’est inexact, je voulais dire « méconnaissable » ! J’attends avec impatience les vrais/es candidats/es qui auront obtenu les 500 parrainages…

  2. SIMON Christian dit :

    Hella Kherief (Le scandale des Ehpad publié en janvier 2019) et Anne Sophie Pelletier (EHPAD une honte française publié en 2019) toutes les deux professionnelles du secteur ont alerté sur ce qui se passait dans les Ehpad. Un autre livre à été publié l’an passé ( Élise Richard Cessons de maltraiter nos vieux).
    Le journal « Le monde  » publiait le 9 février un article sous le titre  » Scandale ORPEA :ce que re prochain a l’Ehpad de Neuilly sur Seine dès 2018 « . Et je pourrais ajouter la longue liste des interventions syndicales toutes confondues sur le mode de fonctionnement de ces établissements. Clairement la balle est dans le camp des politiques lesquels ont failli ignorant toutes les alertes. Buzyn à refusé de recevoir Hello Kherief. Michele Delaunay, ancienne députée de la Gironde et aussi ancienne ministre des personnes âgées (2012-2014) affirme, sans rire, à Sud-Ouest (31 janvier 2022) n’avoir jamais eu vent des agissements qui défrayent la chronique quand Claude Evin, ancien ministre de la santé, affirme avoir alerté les tutelles dès 2014. Et Christelle DUBOS, députée de la 12eme circoncription de la Gironde, secrétaire d’état auprès du ministre de la sante (octobre 2018 août 2020) venue inaugurer l’Ehpad de Monségur le 21 février 2020 pourquoi ne dit-elle rien? J’ai raté quelques chose? Il est vraiment temps que les français s’emparent de la question. La période électorale que nous connaissons pourrait être l’occasion.

    • Laure Garralaga Lataste dit :

      @ à Christian
      Hella, Anne et Élise… trois femmes ! Quand je dis « prêchez dans le désert… mesdames ! » Ce qui est extraordinaire, c’est l’art qui consiste à faire circuler la patate chaude sans se brûler les mains… « Mais attendons la fin »… disait le grand La Fontaine, et voici la fin : « Comme il disait ces mots, du bout de l’horizon accourt avec furie le plus terrible des enfants que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs ». Et une autre suite… « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage ! »

  3. faconjf dit :

    Bonjour,
    la première question qui me vient c’est à quoi ça sert un vieux ? De toute évidence les jeunes qui ne meurent pas vont devenir vieux, une réalité que l’inconscient collectif rejette. C’est le déni du vieillissement, déni partagé par bon nombre de politiques, ainsi 7 rapports particulièrement pertinents produits sur les 4 dernières années sont restés lettre morte. Alors pourquoi tout à coup, alors que la littérature abonde depuis des années sur le sujet, met-on le projecteur merdiatique sur le sujet des établissements privés lucratifs chargé des vieux? C’est le résultat de la conjonction du calendrier électoral et de la crise Covid qui zooment sur l’endroit où tout s’est concentré. Le pouvoir en place essaye de slalomer entre les merdes qu’il a jeté en l’air et qui menacent de lui retomber sur le nez. La première feinte est de laisser les établissement privés subir les foudres de l’opinion, se dédouanant ainsi de ses propres responsabilités, haro sur les méchants capitalistes profiteurs du système !
    Mais au final sur les 9 000 réclamations des familles sur le sujet la répartition suit fidèlement la distribution du nombre de places entre les 3 types d’établissements ( public , privé non lucratif et privé lucratif). Donc le problème se situe ailleurs, en l’occurrence dans le nombre de personnel dans les établissements. le déficit est plus criant dans les Ehpad privés mais guère meilleur dans l’autre catégorie. Les emplois c’est d’abord des salaires et des cotisations donc une variable d’ajustement qui est la première visée par les gestionnaires. C’est la principale source de mécontentement des familles et des résidents.
    Un Ehpad c’est une structure d’accueil hôtellerie restauration plus soins et sécurisation des résidents. Pour mémoire la première chose que l’on voit de ces résidences c’est le portail.
    Qui paye quoi? Les résidents ou leurs familles ou encore le département si les deux précédents sont défaillants pour l’hôtellerie restauration. La sécurité sociale et les mutuelles pour le volet dépendance payent pour les soins.
    Pour combien de temps réside-t-on en moyenne dans ces établissements? En moyenne un an et demi !!
    L’impact de la crise Covid sur les familles et les résidents est d’une importance majeure. Le nombre de décès dû à la concentration de personnes fragiles dans des structures non adaptées à une crise sanitaire a été le point d’orgue des emballements merdiatiques. La réponse de tous les dirigeants de ces structures a été l’enfermement. Solution de désespoir aggravant l’état de détresse des familles et des résidents, solution vouée à l’échec car le portail n’est pas étanche aux virus. Une solution aussi injuste qu’illégale, la privation de liberté des individus ne peut être une décision administrative. Fermées sur elles mêmes les structures ont réagi diversement certaines de façon exemplaire d’autres comme des Thénardiers.
    Lorsque le portail s’est entrebâillé le flot des frustrations s’est déversé à l’extérieur pour créer une vague de mécontentement.
    Le problème est maintenant sur la table, je suis convaincu que les 10 milliards qui manquent pour régler l’équation vont amener les politiques à pousser le dossier sous la table puis sous le tapis.
    Le constat est dur les vieux improductifs ne servent plus à rien, dès que leur patrimoine économique est épuisé il est temps de les évacuer.
    Bonne journée

    • Bernie dit :

      Bonjour JF,
      Globalement, vous avez raison, il faut du sang neuf.
      Je connais des vieux qui voulaient mourir parce qu’ils ne voulaient pas vivre dans la société actuelle, mais on ne veut pas les faire mourir. Ils savent bien qu’ils sont inutiles.

    • Laure. Garralaga.Lataste dit :

      @ à facon jf
      Merci d’avoir parler au masculin… Et quand j’étais petite, il y a longtemps mais je l’ai retenu, j’ai appris qu’il ne fallait jamais cracher en l’air… au risque que ça te retombe sur le nez ! Quant à la (presque) fin du message, c’est la poussière qu’on glisse sous le tapis ! 

  4. Bernie dit :

    Il devient urgent de relancer la loi pour mourir dans la dignité et quand on le décide. La décision appartient au décideur. Qui peut en décider autrement et pourquoi ?

    • Laure. Garralaga.Lataste dit :

      @ à Bernie
      Étant adhérente à l’ADMD, c’est le combat de notre association pour relancer le gouvernement afin que soit enfin adopter cette loi dite… « le droit de mourir dans la dignité » ! Profitons de la période électorale… car c’est par notre combat et les adhésions nombreuses à cette cause que nous ferons reculer l’obscurantisme.

  5. facon jf dit :

    Combien ça coûte ? ça dépend de vos revenus et de votre degré de dépendance Le GIR (groupe iso-ressources) correspond au niveau de perte d’autonomie d’une personne âgée. Il est calculé à partir de l’évaluation effectuée à l’aide de la grille AGGIR. Il existe six GIR : le GIR 1 est le niveau de perte d’autonomie le plus fort ( vous êtes grabataire) et le GIR 6 le plus faible ( vous courrez dans les couloirs sans déambulateur) . Ce GIR est important car il va déterminer si vous pouvez ou non bénéficier de l’APA :

    votre perte d’autonomie est évaluée en GIR 1, 2, 3 ou 4 : vous pouvez bénéficier de l’APA ;
    votre perte d’autonomie est évaluée en GIR 5 et 6 : vous ne pouvez pas bénéficier de l’APA.

    Ce GIR va aussi déterminer le montant maximal de l’aide qui pourra vous être accordé car le montant d’APA accordé ne peut pas dépasser un montant maximal différent pour chaque GIR.

    Si votre GIR est compris entre 1 et 4, l’équipe médico-sociale vous adresse une proposition de plan d’aide. Le cas échéant, elle indique également les autres aides qui peuvent vous être utiles ainsi qu’à votre aidant.

    https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/annuaire-ehpad-et-comparateur-de-prix-et-restes-a-charge
    https://www.economie.gouv.fr/particuliers/prix-maisons-retraite-comparateur

  6. Christian Baqué dit :

    Notre génération (la mienne) est celle du « baby boom », et nous entrons dans la période du « quatrième âge ». Notre nombre ne peut que faire déborder les EPAHD . Ajoutons à cela des tarifs prohibitifs : quand mon père était en EPAHD il y a peu de temps encore, c’était 2300 euros/mois dans son établissement privé, contre 1800 euros dans le public… où il n’a jamais pu obtenir de place. Avec une retraite d’agriculteur de 900 euros/mensuels ! La catastrophe sociale et sanitaire est donc imminente voire engagée, et depuis des années je dis que des vieux vont mourir sous les ponts, dans un dénuement extrême. J’ai vu cela aux Etats-Unis, avec des vieux qui font les paquets, aident les gens aux caisse des grandes surfaces pour gratter quelque dollar ! Nous sommes en pleine régression. La « gauche » de gouvernement ne s’en est pas souciée, Mme Delaunay et les siens n’ont rien vu … mais « la finance » s’en est mis plein les poches.

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