Un coup de baguette magique chez les pousse-citrouille

Les grands matchs de foot accouchent souvent d’un résultat de souris. Il aura fallu un jaillissement type coup de baguette magique de celui dont le portefeuille balance entre deux clubs pour que l’on sorte de la monotonie ambiante. La méfiance de chaque coté finit par tuer la créativité et l’enthousiasme souvent en raison de la nécessité du résultat.Le charme de l’élimination sur deux rencontres en Ligue des Champions réside souvent dans le second rendez-vous plus débridé et plus spectaculaire. Les exemples de « remontada » enthousiasmantes accréditent cette thèse. Entre le Paris Saint-Germain et le Real, il ne fallait pas attendre des miracles. Et portant il y en a eu un !

La légion étrangère qatarie avec plus de généraux que d’hommes de troupe, avait beaucoup plus à perdre que les Espagnols se positionnant en non-favoris. Manque d’unité dans le schéma de jeu, de lien réel masqué par de la « baballe », rivalités internes se répercutant dans le jeu, absence de « porteurs de bidons » ou de rouleurs désintéressés le PSG compte trop sur des coups d’éclat de ses surpayés.

Toutes les équipes que j’ai vu réussir reposait sur un savant assemblage de laborieux et d’artistes. Celle du PSG est plutôt un mélange de retraités millionnaires, de vedettes surfaites et d’adeptes du « à toi à moi ». Difficile de s’enthousiasmer pour cette « campagne » où les candidats à l’exploit deviennent rares. Même en position idéale pour débloquer une situation crispante le Messi a échoué devant un gardien pas très courtois devant sa notoriété. Manquant singulièrement de punch et de fluidité il a perdu ses dernières gouttes de talent après cet échec. L’exemple parfait du fait que l’on ne peut pas être et avoir été.

Une faible équipe espagnole est parvenue à tenir en respect cette armada impuissante s’en remettant qu’à son canonnier M’Bappé. N’ayant rien de royal le Real avait hissé le maillot blanc est entré en résistance en parvenant ainsi à éviter une déroute. Difficile de croire dans les capacités de cette équipe à inquiéter réellement un portier parisien aussi inactif que celui installé devant une boite de nuit fermée par le protocole anti-Covid. Benzema aux abonnés absents et Vinicius n’ayant que le nom d’un général romain ayant perdu sa légion ne purent jamais entretenir l’illusion d’un danger potentiel pour la forteresse parisienne. De match il n’y eut point.

Il fallut cependant attendre qu’à une poignée de secondes de la fin d’un mauvais conte pour les pousse-citrouille le seul véritable prince sur la pelouse du Parc offre un éclair de génie. Kyllian, aussi à l’aise qu’une anguille se faufilant entre les obstacles éliminait deux adversaires pour profiter du grand écart de Courtois pour enchanter la soirée. Un geste d’une vivacité exceptionnelle, d’un adresse diabolique et d’une efficacité cruelle permit d’oublier que rien n’avait été enthousiasmant dans l’ensemble de la prestation de ses troupes. Ce garçon aux allures de gamin prodige et de tueur de sang-froid respire l’envie et le plaisir de jouer. D’une maturité remarquable il éclipse par son sa lucidité le Brésilien peroxydé sur le retour et la trottinette argentine déclinante. Il a sauvé ce qui pouvait l’être encore : l’honneur des nantis du PSG.

Il faudra qu’il renouvelle ces prouesses pour que la constellation qatari poursuive sa route parmi les étoiles de la Ligue des Champions. Difficile d’imaginer ce que deviendraient les pré-retraités parisiens sans la présence parmi eux d’un M’Bappé qui aura été le seul à entreprendre. Le patron c’est lui. Messi qui a gagné un nouveau « ballon dort » devra accepter de se mettre au service de celui qui détient les clés des résultats. Comme le veut la tradition française la victoire sera célébrée par anticipation alors que la moitié du chemin est parcourue.

Dans l’état actuel des forces en présence le match retour ne comportera pas trop de difficultés. Le Real n’est en effet que l’ombre de ce qu’il fut et s’il prend en charge le jeu, les contres parisiens constitueront des flèches mortelles potentielles. Il suffira que Neymar n’enfle pas des chevilles et que Messi abandonne le régime diesel. On compte sur le « Cid Campérador » M’Bappé pour le leur rappeler.

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