Le débat entre « Nicolas » et « Pimprenelle »

Des dizaines, voire des centaines de communiqués en tous genres et venant de tous les horizons appellent à voter en faveur du candidat-président lors du second tour de l’élection présidentielle. Dans le fond cette avalanche de soutiens contre la Marine nationale conforte l’électorat dans sa sensation que le résultat est acquis. Est-ce vraiment efficace ? On peut en douter car quelques prises de position écartent certaines électrices et certains électeurs de l’intention mêler leur voix à celle de personnalités exécrables pour eux…Et dans le fond le débat présenté avec tant d’emphase et de publicité comme le summum de la démocratie n’avait plus aucun intérêt et ne changera en rien la donne.

S’il s’agit de persuader le plus grand nombre de ne pas adhérer aux idées affichées ou dissimulées de celle qui les incarne l’objectif mérite réflexion. La question essentielle reste les causes de cette adhésion de près de 8 millions de Françaises et de Français à un programme éloigné des valeurs essentielles de leur pays. Comment en est-on arrivé la ? Qui porte la responsabilité historique de cette montée irrésistible en Europe de l’extrême droite ? Quelles réponses sont apportées par le monde politique autrement que par des mots ou des propos incantatoires ? Que va-t-on entreprendre pour éviter un échelon supplémentaire en 2027 ? Avez-vous lu ou entendu des réponses concrètes dans les propos tenus sous les sunlights des nouvelles estrades que sont les plateaux des télés ? Pourquoi la France bascule scrutin après scrutin vers l’estrême droite ? 

Ce matin le débat est terminé. L’élection est assurée. La tension va retomber. Et on oubliera alors que les différences sont d’abord sur le fond et pas nécessairement sur le catalogue de mesures dont on ignore les possibilités d’exécution dans un monde qui change constamment. Les équilibres budgétaires ont été oubliés or ils conditionnent tout le reste. Que savez-vous du système fiscal et de ses adaptation pour une meilleure justice ? Qu’avez-vous appris sur la lutte contre la fraude ou l’évasion fiscale ? Quelle proposition pour résorber la dette ? Pas grand chose de nouveau. Quelles nouveautés sur le temps de travail ? Bref nous sommes restés sur du traditionnel qui conduit soit à renforcer le sentiment que dans le fond une élection présidentielle repose sur la qualité du catalogue présenté à un consommateur.

Ce type de débat repose la question fondamentale de l’éducation citoyenne populaire. Il est impossible de jauger les propositions sans avoir les repères essentiels. Derrière les propos de l’une et de l’autre se dissimulent souvent des impossibilités légales, financières ou matérielles d’exécution. Tout devient possible l’espace d’une soirée mais ne le sera plus dès lundi matin et on en reparlera à 2023. Comme le veut une tradition bien française datant de Clémenceau « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ». La catastrophe démocratique qui s’aggrave naît de ce genre de face à face où personne ne représente le réel ce qui permettrait de mettre en évidence le caractère circonstanciel de bien des propositions.

Au moment où vous avez interrompu votre télévision (sûrement avant la fin) vous n’aurez retenu que des formules toutes faites occultant les valeurs essentielles. « Vous êtes climatosceptique », a lancé le néo-écolo à son adversaire qui a répliqué « Vous êtes climato-hypocrite » ce qui correspond à des réponses rassurantes sur la situation inquiétante de la planète à très court terme. Il vous faudra vous contenter de cette « punchline » qui j’en suis certain restera dans l’histoire des débats et on attendra des mesures concrètes sur les pesticides ou sur le transport. La laïcité a été résumée au port du voile dans l’espace public… et bien évidemment au seul sujet de l’islamisme qui a dévié sur le terrorisme et la place des étrangers. Rien de bien nouveau… 

Le meilleur moment a résidé pour moi dans le « discours de la méthode » sur l’exercice du pouvoir. Là encore un brin de méfiance s’impose puisque après la répétition lancinante et incantatoire du mot « référendum » revient inévitablement en mémoire le résultat relatif au traité établissant une constitution européenne. Faut-il rappeler que plus de 54 % des Français s’y étaient opposés pour le résultat que l’on connaît… La rupture de la confiance a eu lieu ce jour là et donc ce n’est pas le principe de la consultation qui est essentiel mais le respect et la mise en œuvre du résultat. Mais à encore mystère et boule de gomme.

Les sondeurs vont s’éclater en mesurant l’impact de cette séquence considérée comme essentielle de la campagne électorale mais qui n’aura absolument aucune influence sur le résultat. Chaque camp ne changera pas d’avis et le bilan sera conforme au score attendu. Même la référence à Gérard Majax n’a pas permis de sortir un lapin du chapeau… et d’enchanter un public qui a dû vite voir passer le marchand de sable. La soirée avec Nicolas (Emmanuel) et Pimprenelle (Marine) n’a pas vraiment réveillé les consciences.

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10 réponses à Le débat entre « Nicolas » et « Pimprenelle »

  1. Philippe Conchou dit :

    Excellent débat hier soir sur Eurosport entre deux des meilleurs joueurs de snooker au monde.
    Débat feutré d’une haute technicité calme et serein, dont on ne connaît pas le vainqueur à l’avance, et score final très serré…
    Zappé entre deux frames sur l’ennuyeux débat franco-français. Au vu des commentaires, j’ai l’impression de l’avoir vu en entier, avec le sentiment que Nicolas connaissait mieux le programme de Pimprenelle qu’elle-même.
    Quelle utilité ? Alors que le résultat est connu depuis des mois.

  2. Philippe Labansat dit :

    J’avais une excuse imparable pour ne pas regarder ce numéro de cirque : la fête familiale des 98 ans de notre dernière aïeule.
    Comme toujours, l’aristocratie de notre pays a obtenu ce qu’elle voulait : la sauvegarde de la monarchie et la reconduction de son poulain.
    Dimanche, j’irai voter pour un ami qui m’a donné procuration.
    Perso, je m’abstiendrai, ce qui, dans notre système, que l’on s’obstine à appeler « démocratique » (alors que ce n’est qu’une Star Academy de plus), a autant de portée que si je vissais dans un piolon…

    • Bernie dit :

      Mon cher Philippe,
      Toi qui reside à Libourne, t’es tu soucié des usagers occasionnels du parking de l’hôtel de ville géré par la société EFFA ?
      Sais tu que cette société a installé des portes automatiques pour accéder aux différents étages du parking ?
      L’humain d’abord disait jean luc Mélenchon. D’abord l’humain paye et essaie par tous les moyens offert d’ouvrir la porte.
      A l’Élysée est-ce comme cela ?
      Je voulais te raconter ma mésaventure.
      Bonne fin de journée
      Et @+

  3. Philippe Labansat dit :

    J’avais une excuse imparable pour ne pas regarder ce numéro de cirque : la fête familiale des 98 ans de notre dernière aïeule.
    Comme toujours, l’aristocratie de notre pays a d’ores et déjà obtenu ce qu’elle voulait : la sauvegarde de la monarchie et la reconduction de son poulain.
    Dimanche, j’irai voter pour un ami qui m’a donné procuration.
    Perso, je m’abstiendrai, ce qui, dans notre système, que l’on s’obstine à appeler « démocratique » (alors que ce n’est qu’une Star Academy de plus), a autant de portée que si je vissais dans un piolon…

  4. J.J. dit :

    Je trouve obscène et offensant d’assimiler ces aimables enfants à cette revêche harpie et à ce prétentieux père fouettard.

  5. Bernie dit :

    Quand même Manu a des beaux yeux dd’un bleu acier.

  6. LAVIGNE Maria dit :

    Ce que je retiens de ce cirque et des commentaires qui ont suivi dans la presse écrite et audio-visuelle c’est qu’ils ont gagné tous les deux, comme chez Jacques Martin.
    Ce que j’en pense moi, c’est qu’il faudrait pousser les murs des écoles, faire des cours de rattrapage avant les élections car l’ignorance nous mène dans le mur. Il est plus facile de manipuler ceux qui ne connaissent pas nos institutions, le fonctionnement démocratique.
    Les guignols porteront une lourde responsabilité dans le désastre annoncé. En attendant, nous allons subir 5 ans de plus, l’arrogance, le mépris, la condescendance .

  7. facon jf dit :

    Bonjour,
    deux options pour moi éteindre la télé ou couper le son et jouer au doublage avec mon épouse, elle a refusé de jouer avec au motif que je ne pourrais jamais être aussi méprisant que Macron. J’ai donc éteint la télé et je me suis vengé en consultant le débat sur le Gorafi. Petit florilège en extrait, Justice: Marine Le Pen « Je veux plus de sévérité contre les délinquants. C’est pour ça que je me placerai en garde à vue dès la fin du débat ». Emmanuel Macron « Je continuerai à agir pour la réinsertion des délinquants en créant plus de postes de ministre »
    Laïcité: Marine Le Pen : « Les femmes pourront porter le voile dans l’espace public des cours de prison » . Emmanuel Macron : « Je suis pour que les pauvres cachent leur visage avec un voile dans l’espace public »
    Education: Emmanuel Macron : « La France possède de très bons élèves en maths, ils travaillent chez McKinsey ». Marine Le Pen : « Je souhaite le retour du Russe en LV1 »
    Retraite:Emmanuel Macron : « J’ai une pensée pour nos enfants, qui travailleront jusqu’à 88 ans » .
    Léa Salamé demande aux candidats de chuchoter pour ne pas réveiller Gilles Bouleau.
    Vraiment un débat éclairant.
    bonne journée

  8. Bernie dit :

    Moi, je n’ai vu que du bleu.

  9. Comme à chaque fois lorsqu’une émission politique est programmée sur une chaîne de l’audiovisuel public, nous « regardons » autre chose. A fortiori quand il s’agit d’un tel « débat ». Je mets entre guillemets puisque c’est ainsi qu’on appelle ce spectacle qui devrait, normalement, clôturer -mais en être en même temps le sommet- des débats thématiques (des vrais) de 1er tour impliquant tous les candidats, y compris le sortant. Bon, en l’occurrence, nous avons regardé « Faut pas rêver », un titre qui, un tel soir, est assez opportun…
    J’ai bien sûr lu des tas de commentaires, sur fesse-bouc et dans la presse. Mais, le soir-même, après avoir pris sur France 5 la fin du… débat (C ce soir) animé par Karim Rissouli, je suis allé faire un tour d’une vingtaine de minutes sur deux de chaînes dites d’infos (mais pas Franceinfo). J’ai vu un Johan Bardella content, une Aurore Bergé satisfaite, cela accompagné de quelques instants en replay de la confrontation des deux duettistes, un sondage « avez-vous été convaincu par… ? » parmi les téléspectateurs.
    J’irai dimanche, dans l’isoloir, mettre un bulletin dans l’enveloppe. J’avais pensé, au cas où la finale opposerait Le Pen à Macron, mettre un bulletin blanc, sachant que ce n’est pas compté comme suffrage exprimé mais en espérant qu’u grand nombre de votants mettant un bulletin blanc aurait une signification pour Macron (via les commentateurs et doctes politologues et/ou sociologues habitués des « talk-shows ». Mais, mais… voilà : score bien plus serré que prévu, République, démocratie mais aussi… nos migrants en cours de demande de régularisation, EN DANGER, je vais à contre-cœur glisser un bulletin Macron. Non seulement pour barrer l’accès aux manettes à Mme Le Pen et à l’extrême droite (les Zemmour, Villiers, Dupont-Aignan, Philippot, les antisémites, les homophobes, les suprémacistes, les pétainistes…), mais pour lui faire prendre une bonne baffe. Avec, évidemment, l’espoir d’un troisième tour réellement politique, ouvert, et -pourquoi pas ?- voyant une gauche se relever et l’aborder avec intelligence. Et être majoritaire : on peut, on doit, rêver.

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